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12 au 23 mai, les cinéphiles du monde entier braquent leur
regard sur une petite ville du sud de la France. Il faut dire, cette
édition 2004 a tout pour rester parmi les plus mémorables
du Festival de Cannes. La constitution du jury en témoigne
: Tsui Hark (l'un des derniers cinéastes pionniers en activité,
soit dit en passant totalement anarchiste et incontrôlable),
Kathleen Turner (Serial Mother en personne) et
Benoît Pelvoorde (aujourd'hui Podium, hier
C'est arrivé près de chez vous) côtoient
les actrices Tilda Swinton (War Zone, Adaptation)
et Emmanuel Béart, le réalisateur Jerry Schatzberg
(Panique à Needle Park avec Pacino) et le
critique Peter Van Bagh sous la coupelle d'un président inattendu
: Quentin Tarantino !
La sélection officielle est tout aussi remarquable et se
paie le luxe historique de battre à plate couture les programmes
des cinq dernières éditions de Gérardmer !
Qu'on se le dise, Cannes 2004 se veut une déclaration d'amour
au cinéma fantastique et au cinoche populaire de tous horizons.
Troie, un péplum sevré aux effets
sanglants et aux images de synthèse ouvre donc le festival,
aux côtés du dernier Almodovar, La Mauvaise
Education. Les zombies de L'Armée des Morts,
remake gorissime du Dawn of the Dead de George
Romero, se voient quant à eux ouvrir les portes du grand
Palais pour une séance de minuit hors compétition,
une grande première dans l'histoire du festival. Autres grands
moments adressés directement aux fantasticophiles, en compétition
cette fois-ci : le film de science-fiction introspectif de Wong
Kar Wai, 2046 et les films d'animation Shrek
2 de Andrew Adamson, Kelly Asbury et Conrad Vernon et surtout
Ghost in the Shell : Innocence de Mamoru Oshii,
dont les premières images laissent espérer un métrage
techniquement révolutionnaire.
 
Côté montées d'adrénalines, Old
Boy du coréen Chan-Wook Park (sombre histoire de
vengeance à la narration éclatée) et l'extraordinaire
Kill Bill Volume 2 de Quentin Tarantino ont fait
leur petit effet sur les festivaliers. A noter que le chef-d'oeuvre
de QT sera projeté lors de la soirée de clôture
dans un montage intégral de 4h15 rassemblant les deux volumes
(dont le premier "uncut", comprenant les effets sanglants
de la version japonaise) et incluant de nouvelles séquences.
Une critique sur cinextenso pour très, très bientôt
donc.
Les titres plus "cannois" ne sont pas moins intéressants
que les métrages cités plus haut : entre La
Mauvaise Education de l'inépuisable Pedro Almodovar,
The Ladykillers de Joel et Ethan Coen (OH YEAH
!), The Life and Death of Peter Sellers de Sephen
Hopkins (auteur de Predator 2, Blown Away et surtout de la saison
1 de 24 heures chrono !), The Motorcycle Diaries de
Walter Salles (histoire d'un voyage en moto de Che Guevara à
travers l'Amérique du Sud), Bad Santa de
Terry Zwigoff, Comme une image de Agnès
Jaoui, La Vie est un Miracle du toujours génial
Emir Kusturica ou encore Fahrenheit 911 du précieux
Michael Moore (que Disney a purement et simplement interdit à
Miramax de sortir aux Etats-Unis, la compagnie aux grandes oreilles
ayant semble-t-il quelques rapports commerciaux avec la famille
Bush), le reste de la compétition s'avère exemplaire.
 
Cannes toutefois, ce n'est pas que la compétition officielle.
De nombreuses sélections parallèles méritent
largement le coup d'oeil, notamment Un Certain Regard, La Semaine
de la Critique ou La Quinzaine des Réalisateurs, qui rassemblent
chacun des dizaines de films ayant bien peu de chances d'être
distribués en France un jour. La Caméra d'Or récompense
quant à elle la meilleure première oeuvre, choisie
sur l'ensemble des sélections (officielle, un certain regard
et quinzaine des réalisateurs). Enfin, le prix de la jeunesse,
décerné par un jury de sept jeunes de 18 à
25 ans élus sur la France entière, récompense
une oeuvre elle aussi choisie sur l'ensemble de la compétition.
Le dernier attrait majeur de Cannes reste bien sûr l'éternel
Marché du Films, où viennent se rencontrer les producteurs
du monde entier, petits comme grands, A comme Z. C'est dans les
couloirs du palais des festivals, où se déroule l'événement,
que l'on peut croiser année après année Jean-Claude
Van Damme, Lloyd Kaufmann et ses tromettes ou encore Bryan Yuzna
et ses amis de la Fantastic Factory, venus prévendre des
films qu'ils n'ont pas encore eu les moyens de produire. C'est dans
ces mêmes couloirs que des milliers de journalistes et photographes
se pressent comme des oranges pour rapporter des clichés
et déclarations précieuses des plus grandes stars,
venues défendre tel ou tel film dans des conférences
de presse endiablées.
Evénement glamour par excellence, dont la télévision
ne retient souvent que la fameuse montée des marches (mon
Dieu, Brad Pitt et Jennifer Aniston savent mettre un pied devant
l'autre ! Woooow), le festival de Cannes est donc un ensemble d'organisations
parallèles et complémentaires, dont le résumé
exhaustif prendrait bien plus de deux petites semaines.
SELECTION OFFICIELLE - COMPETITION
La Vie
est un miracle d'Emir Kusturica
2046 de Wong Kar-Wai
Ladykillers de Joel et Ethan Coen
Fahrenheit 911 de Michael Moore
The Motorcycle diaries de Walter Salles
Shrek 2 d'Andrew Adamson, Kelly Asbury et Conrad
Vernon
Innocence - Ghost in the shell de Mamoru Oshii
Nobody knows de Hirokazu Kore-Eda
La Nina santa de Lucrecia Martel
Old boy de Chan-Wook Park
La Femme est l'avenir de l'homme de Hang Sang-Soo
Les Conséquences de l'amour de Paolo Sorrentino
Comme une image d'Agnès Jaoui
Exils de Tony Gatlif
Tropical malady d'Apichatpong Weerasethakul
Les Années grasses sont terminées
de Hans Weingartner
Clean d'Olivier Assayas
The Life and death of Peter Sellers de Stephen
Hopkins
SELECTION OFFICIELLE - HORS-COMPETITION
La
Mauvaise éducation de Pedro Almodovar - OUVERTURE
De-lovely d'Irwin Winkler - CLÔTURE
Kill Bill : volume 2 de Quentin Tarantino
Troie de Wolfgang Petersen
Mondovino de Jonathan Nossiter
Les Poignards volants de Zhang Yimou
L' Armée des morts de Zack Snyder (séance
de minuit)
Notre musique de Jean-Luc Godard
Bad Santa de Terry Zwigoff
Salvador Allende de Patricio Guzman
Five d'Abbas Kiarostami
La Porte du soleil de Yousry Nasrallah
10e chambre, instants d'audience de Raymond Depardon
Cinéastes à tout prix de Frédéric
Sojcher
Glauber o filme, labirinto do Brasil de Silvio
Tendler
Le Fantôme d'Henri Langlois de Jacques Richard
Je suis mort dans l'enfance de Serguei Paradjanov
Z channel : a magnificent obsession de Xan Cassavetes
UN CERTAIN REGARD
Bienvenue en Suisse de Léa Fazer (film
d'ouverture)
La Rage au coeur de Youssef Chahine (film de clôture)
Dear Frankie de Shona Auerbach
Poids léger de Jean-Pierre Améris
Nelly de Laure Duthilleul
A tout de suite de Benoît Jacquot
Sword in the Moon de Eui-Suk Kim
Noite escura de Joao Canijo
Non ti muovere de Sergio Castellitto
Passages de Yang Chao
Cronicas de Sebastian Cordero
Hotel de Jessica Hausner
10 on ten d'Abbas Kiarostami
The Assassination of Richard Nixon de Niels Mueller
Kontroll d'Antal Nimrod
Schizo de Gulshad Omarova
Terre et cendres d'Atiq Rahimi
Whisky de Juan Pablo Rebella et Pablo Stoll
Moolaade d'Ousmane Sembene
Marseille d'Angela Schanelec
More than Scarlet (Somersault) de Cate Shortland
CAMERA D'OR
A ce soir. de Laure Duthilleul
Bienvenue en Suisse de Léa Fazer
Kontroll de Antal Nimrod
L'Armée des morts de Zack Snyder
Passages de Yang Chao
Schizo de Gulshat Omarova
More than Scarlet de Cate Shortland
Terre et cendres de Atiq Rahimi
The Assassination of Richard Nixon de Niels Mueller
36ème QUINZAINE DES REALISATEURS
A vot'bon coeur de Paul Vecchiali
Babae sa breakwater de Mario O'Hara
La Blessure de Nicolas Klotz
Cha no aji de Ishii Katsuhito
En attendant le déluge de Damien Odoul
Gavkhouni de Behruz Afkhami Samadi
The Heart is deceitful... Above all things d'Asia
Argento
Je suis un assassin de Thomas Vincent
Khab é talkh de Mohsen Amiryoussefi
Maarek hob de Danielle Arbid
Machuca d'Andres Wood
Mean creek de Jacob Aaron Estes
Los Muertos de Lisandro Alonso
Mur de Simone Bitton
l'odore del sangue de Mario Martone
Oh, Uomo de Yervant Gianikian et Angela Lucci Ricchi
Tarnation de Jonathan Caouette
The Tunnel de Kunitoshi Manda
Venus et Fleur d'Emmanuel Mouret
The Woodsman de Nicole Kassell
PALMARES 2004
Palme d'or
Fahrenheit 9/11 de Michael Moore
Grand Prix
Old boy de Chan-Wook Park
Prix du Jury ex-aequo
Irma P. Hall pour Ladykillers des frères
Coen et Tropical malady d'Apichatpong Weerasethakul
Prix de la mise en scène
Tony Gatlif pour Exils
Prix du scénario
Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri pour Comme une image
Prix d'interprétation masculine
Yagira Yuuya pour Nobody knows
Prix d'interprétation féminine
Maggie Cheung pour Clean
Caméra d'or
Or (mon trésor) de Keren Yedaya
Mentions spéciales pour Passages de Yang
Chao et Bitter dreams de Mohsen Amiryoussefi
Palme d'or du court métrage
Trafic de Catalin Mitulescu
Prix du jury du court métrage
Flatlife de Jonas Geirnaert
AUTRES RECOMPENSES
Trophée du Festival
Les comédiens Max von Sydow et Gong Li
Prix de la critique internationale
Compétition officielle : Fahrenheit 9/11
de Michael Moore
Un certain regard : Whisky de Juan Pablo
Rebella et Pablo Stoll
Semaine Internationale de la Critique : Atash
de Tawfik Abu Wael
Prix François Chalais
Carnets de voyage de Walter Salles
Mention spéciale au réalisateur Andrès Wood
pour Machuca, présenté à la
Quinzaine des réalisateurs
Prix de l'Education nationale
La Vie est un miracle d'Emir Kusturica
Prix de la jeunesse
Kontroll de Antal Nimrod
Prix Art et Essai
The Woodsman de Nicole Kassel
Lauréat de la Cinéfondation
Happy now de Frederrike Aspöck
Prix du jury oecuménique
Carnets de voyage de Walter Salles
Carosse d'Or de la Société
des réalisateurs de films
Le réalisateur italien Nanni Moretti
Prix Un Certain Regard
Moolaadè d'Ousmane Sembene
Prix du regard original : Whisky de Juan Pablo
Rebella et Pablo Stoll
Prix du regard vers l'avenir : Terre et cendres
d'Atiq Rahimi
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