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JERRY GOLDSMITH (1929
- 2004)
LES DIEUX SONT ETERNELS
Au terme de plus de
cinquante années de bons et loyaux services rendus au Septième
Art, l'homme que l'on surnommait le "Dieu" de la musique
de film s'en est allé. Evaporé en nous laissant quelques
messages d'adieux, entre les notes de ses dernières partitions.
Looney Tunes : Back in Action en premier lieu, dont la candeur
et la fausse simplicité rythmique laissaient synthétisaient
tout le génie de l'artiste. Le score rejeté de Timeline
ensuite, dont la sortie chez Varèse Sarabande risque désormais
d'avoir un parfum d'outre tombe. On ne sait pas encore si le grand,
l'immense Jerry s'était déjà attelé
aux bandes originales de Picasso at the Lapine Agile de Fred
Schepisi ou The Game of their Lives de David Anspaugh, ses deux ultimes contrats. Ne
reste plus qu'à attendre que ces oeuvres fassent surface
pour entendre, à la manière du Open Range de feu Michael
Kamen, les derniers messages que le maestro avaient adressés
au public comme à ses fans.
Fidèle en amitié comme en labeur, Jerry Goldsmith
avait été le compositeur fétiche de maints
cinéastes, de Franklin J. Schaffner (l'inoubliable Planète
des Singes, mais aussi le mésestimé Boys
from Brazil) à Joe Dante en passant par le hollandais
fou Paul Verhoeven. C'est dire si Goldsmith savait choisir ses collaborateurs.
Les deux derniers cités risquent, à n'en pas douter,
de regretter comme un père le compositeur, qui nous offrit
via leur cinéma quelques-unes des oeuvres les plus importantes
de la musique d'horreur, de thriller et de science-fiction. Gremlins,
Explorers, L'Aventure Intérieure,
Total Recall, Basic Instinct,
Hollow Man, autant de titres expérimentaux
et foncièrement modernes (car pionniers dans leur mariage
acoustique / numérique) qui ont amené quantité
de profanes à s'intéresser de plus près au
domaine des bandes originales de films.
Goldsmith restera également comme l'homme qui, aux côtés
d'un John Williams embarqué dans la croisade de George Lucas,
donna ses lettres de noblesse au space opera cinématographique,
à travers ses multiples partitions pour la saga Star
Trek. Imposantes, dantesques et parfois oniriques et introspectives,
ses mesures exploraient comme jamais les secrets de l'Espace, atteignant
des sommets lors du tour de force Star Trek Nemesis.
Ce dernier titre en est un bel exemple d'un des aspects de la carrière
de Goldsmith : son travail avait cela de précieux qu'il justifiait
l'existence des films les plus vains, notamment dans le cas de Allan Quattermain,
Warlock, Supergirl, Congo,
The Shadow
(la partition est un chef-d'oeuvre !), Lancelot, Air
Force One, The Haunting ou encore La Somme de
toutes les peurs.
On ne compte plus, enfin, les oeuvres inoubliables du maître.
En vrac et dans le désordre, on pourra citer le fameux thème de
La Quatrième Dimension (il rencontrera d'ailleurs Dante
sur l'adaptation au grand écran), Papillon, Patton,
The Challenge, Flint, Chinatown,
L'Age de Cristal, L.A. Confidential ou encore
les incroyables La Malédiction (chef-d'oeuvre choral à
vous glacer d'effroi), Alien (dont il a toutefois presque renié,
faute d'une collaboration satisfaisante avec Ridley Scott) ou l'épique
Le Treizième Guerrier (contrairement à ce que dit
la légende, le choix de Goldsmith - libéré de justesse d'un
autre contrat - au détriment de Graeme Revell était bien le seul
point sur lequel John McTiernan et Michael Crichton étaient d'accord). Jerry
Goldsmith, Dieu de la musique de film, nous a quittés à l'âge
de 75 ans, en ce morne 22 juillet 2004, mais ne mourra jamais vraiment. LIEN
VERS LA FILMOGRAPHIE |