Bien que largement représentée dans les
salles de concert, la musique de film a très rarement nourri
les bacs d’éditions discographiques « live ».
La sortie du Tokyo Concert de Joe Hisaishi chez Milan s’impose
alors comme un événement majeur, et l’on rêve
déjà que d’autres éditeurs exploitent enfin
les innombrables représentations de Jerry Goldsmith, Howard
Shore, Lalo Schiffrin, Ennio Morricone et John Williams à travers
le globe.
Enregistré à Tokyo le 7 décembre 2001, ce concert
se divise en cinq parties correspondant à autant de longs métrages,
dont deux seulement partagent la signature d’un même réalisateur.
Ainsi, autour de Aniki mon frère (4 morceaux)
et Kids Return (une nouvelle version du thème
présentée en clôture) de Takeshi Kitano, viennent
vibrer les mélodies du Voyage de Chihiro de
Hayao Miyazaki (4 morceaux), du Petit Poucet de Olivier
Dahan (le thème principal) et de Quartet (3
morceaux), une œuvre personnelle de Hisaishi. L’interprétation
de l’orchestre philharmonique du Japon est majestueuse et magnétique,
et un morceau tel que The Dragon Boy (Chihiro)
prend ici toute son ampleur. Au piano, Hisaishi révèle
comme à l’accoutumée ses talents de magicien,
et son toucher gracile enveloppe chacune de ses compositions. Chaude
et intime, l’œuvre de Joe Hisaishi trouve ici un reflet
fidèle et cohérent, faute d’être exhaustif,
et l’on ne saurait trop conseiller aux profanes d’y prêter
l’oreille. Un petit avertissement cependant : écouter
ne serait-ce qu’une dizaine de mesures pourrait engendrer une
passion à vie…