Goldsmith revient à l’univers Star
Trek, dont il avait créé les bases orchestrales
en 1979 pour le formidable métrage de Robert Wise. Aujourd’hui
contraint à accompagner un blockbuster informe aux allures
de Z extraterrestre, Goldsmith parvient, non pas à sauver les
meubles, mais au contraire à laisser l'auditeur fantasmer un
tout autre film, épopée spatiale partagée entre
mystères insondables (arpèges en pagaille) et élans
héroïques sidérants (le morceau « Final Flight
» risque de rendre fou les amateurs du 13ème
Guerrier). Toujours inégalable lorsqu’il s’agit
de mêler numérique et analogique, Goldsmith charge ses
ordinateurs d’approfondir l’ampleur de sa composition,
tour à tour reflet d’un espace infini aux silences habités
et champ de bataille symphonique où s’affrontent les
phrases musicales les plus décomplexées. Si sa structure
essentiellement mathématique - on l’admettra sous la
torture - l’empêchera d’atteindre les cimes de plusieurs
chefs-d’œuvre passés, Nemesis n’en confirme
pas moins que le Dieu de la musique de films n’est pas prêt
de laisser ses sujets grignoter ne serait-ce qu’un bout de son
nuage.
01 – Remus
02 – The Box
03 – My Right Arm
04 – Odds & Ends
05 – Repairs
06 – The Knife
07 – Ideals
08 – The Mirror
09 – The Scorpion
10 – Lateral Run
11 – Engage
12 – Final Flight
13 – A New Friend
14 – A New Ending