Pour avoir signé les symphonies de Dark
City, variations dantesques sur les Planètes
de Holst, Trevor Jones s'est imposé
comme l'un des ultimes illustrateurs de la science-fiction gothique,
succédant ainsi à Danny Elfman et Christopher Young.
On ne prendra pas trop de risque en supposant que ce score et aucun
autre lui a permis de décrocher le contrat LXG,
adaptation d'une bande dessinée mêlant fantastique, horreur
et SF dans un Londres victorien constamment plongé dans les
ténèbres. Si l'analogie avec le film de Proyas est évidente
sur le papier, elle l'est donc aussi, ponctuellement, à l'écoute
du disque (cf. piste 6). Les partitions de cette Ligue des
Gentlemen Extraordinaires n'en demeurent pas moins impressionnantes.
Joliment excessif dans ses envolées de cuivres et ses fuites
aigues de cordes, comme en témoigne l'ouverture, Jones se démène
comme un diable, secoue le London Symphony Orchestra et livre un objet
grisant, épique, presque primitif, où les marches pleuvent,
où les accords parfaits laissent place sans prévenir
aux capharnaüms dissonants. Bâtie autour d'un thème
bulldozer, cette bande originale se permet de surcroît un hommage
au Danny Elfman d'antan (piste 3, visiblement très marquée
par Edward Cissorhands et Batman Returns),
des chants africains dédiés au personnage de Alan Quatermain
et une splendide chanson victorienne menée par un duo de sopranos
féminins. Largement de quoi justifier les 55 minutes de ce
disque inattendu, qui restera sans doute l'un des plus mémorables
de l'année.
01 – Dawn of a new century
02 – Kenya - Wait for me
03 – Task Requires Heroes
04 – Promenade by the Sea
05 – Nautilus - Sword of the Ocean
06 – The Game is on
07 – Old Tiger
08 – Capturing Mr Hyde
09 – Mina Harker's Secret
10 – Phantom's Lair
11 – Portrait of Dorian Gray
12 – Treachery
13 – Storming the Fortress
14 – May this new Century be Yours
15 – Son of Africa