Compositeur attitré de Spike Lee (pour lequel
il a dernièrement signé l’excellente bande originale
de La 25ème Heure), trompettiste de renom
à ses heures mais aussi auteur du score de Glitter
(il faut bien payer ses impôts), Terence Blanchard a ici opté
pour une partition intimiste, entre jazz et piano bar, sur laquelle
viennent régulièrement danser des violons lascifs. L’ambiance
est légère et agréable, bat au rythme des contrebasses
et tend même vers un lyrisme proche de Carter Burwell en fin
de parcours ("Last Call" et sa lente envolée d’orchestre).
S’il faut bien avouer qu’elle ne décolle jamais
vraiment, cette musique s’avère toutefois infiniment
plus imaginative et vivante que le long métrage qu’elle
accompagne, production indépendante boursouflée de prétentions
auteurisantes. Bonus non négligeable vu la courte durée
de l’ensemble (36 minutes !), trois superbes chansons jazzy
de Jon Hendricks et Rickie Lee Jones sont présentées
en ouverture et clôture du disque, venant confirmer les influences
de Blanchard et son cinéaste.