On attendait énormément
du premier score « héroïque » de Graeme Revell
depuis The Crow. Mark Steven Johnson, d’ailleurs,
l’avait visiblement engagé pour son extraordinaire travail
sur le film d’Alex Proyas. Surprenants, les partis pris de Revell
facilitent d’autant moins l’appréciation de sa
partition à sa juste valeur. Jamais épique, jamais fougueux,
substituant aux symphonies attendues des programmes électroniques
et autres pianos feutrés, le dernier Revell se présente
volontairement comme un échantillon d’anti-Danny Elfman
(c'est d'autant plus clair à l'écoute de Hulk
!), et insiste sur l’environnement quotidien, réaliste
dans lequel agit l’Homme sans peur. Alternant le meilleur et
le beaucoup moins bon, à un rapport quantité / qualité
heureusement supérieur au nanar qu’elle accompagne, cette
bande originale se permet même un thème principal sombre
et lancinant, reflet des sorties nocturnes du fameux vigilante. Une
réponse anti-conformiste au tout orchestral de la nouvelle
vague comics donc, qui risque néanmoins de ne pas se faire
que des amis.