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TROIE

Compositeur : James Horner
Editeur : WEA
Durée : 75 mn
Nombre de pistes : 12


> Liste des pistes
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La genèse de la bande originale de Troie a tout pour devenir un cas d'école digne de celle du Treizième Guerrier. Refusée par la production et le public des projections tests un petit mois avant la sortie mondiale du métrage, la partition de Gabriel Yared a laissé vaquante l'une des illustrations musicales les plus attendues de l'année 2004. Un compositeur allait donc devoir accepter, mais surtout assumer la tête haute une mission improbable : rédiger, orchestrer et enregistrer un score épique de plus de cent vingt minutes, sur une période de trois petites semaines...

Bien connu pour sa faculté à déguiser savamment des photocopies de ses oeuvres passées en nouvelles bandes "originales", le prolifique James Horner (pas moins de quatre titres en 2003, trois en 2004 et déjà un prévu pour 2005 !) était le sauveur idéal, l'homme de la situation. De fait, à l'écoute du disque, un bon tiers de la partition découle de précédentes compositions, notamment ce pattern de quatre notes répété par les cuivres tout au long de l'album (cf. Achilles Leads the Myrmidons ou The Wooden Horse), hérité du thème principal de Stalingrad, faisant lui-même écho à une phrase musicale de Titanic ! Briseis and Achilles offre un autre exemple éloquent en citant les moments intimistes de Braveheart, mais aussi Lawrence d'Arabie de Maurice Jarre. On pardonnera toutefois à Horner ce dernier réflexe, l'imagerie de Troie comme la présence de Peter O'Toole se prêtant favorablement à ce type d'hommage.

Tout ceci étant dit, la partition de Troie s'avère infiniment plus intéressante que les précédentes signatures de Horner, et ce pour deux raisons majeures. En premier lieu, le maestro parvient ici, pour la première fois depuis Le Masque de Zorro, à créer des pièces épiques parfaitement originales, voire pour certaines anthologiques (The Greek Army and its Defeat et The Trojans Attack). Sur ce point, Troie remplit haut la main son contrat, sans avoir à singer à aucun moment Conan le Barbare, Le Treizième Guerrier ou Le Seigneur des Anneaux. Mûr, doué d'une forte personnalité et d'un style reconnaissable parmi cent, Horner est resté fidèle à lui-même, jusqu'à livrer pour Achilles un thème échappant au tout venant de la bravoure hollywoodienne.

En second lieu enfin, Troie permet à son compositeur d'exorciser ouvertement la frustration de La Passion du Christ : écarté pour on ne sait quelle raison du métrage de Mel Gibson au profit de John Debney, Horner avait semble-t-il effectué des recherches en amont sur les sonorités et chorales éthniques, et le fruit de son labeur se retrouve logiquement au menu du film de Wolfgang Peterson. Des morceaux tels que 3200 Years Ago ou Hector's Death laissent ainsi entrevoir ce qu'aurait donné La Passion sous la coupelle du compositeur de Braveheart et apporte à Troie une dimension supplémentaire.

Certes, les détracteurs systématiques de Horner trouveront toujours matière à condamner (vue l'inanité de la chanson de clôture, pas forcément à tort !), mais force est d'admettre, sinon le retour en force d'un très grand musicien, le regain en passion du compositeur et ses efforts thématiques évidents.

Alexandre Poncet

TROIE par Gabriel Yared

Généreux et souhaitant permettre au public de faire son propre choix entre les deux partitions, l'auteur du Patient Anglais vient de diffuser sur son site Internet de nombreux extraits de son score rejeté pour Troie. D'une durée de 32 minutes, cette "bande originale" dépasse selon nous en intensité celle, pourtant fort honorable, de James Horner, en offrant une sonorité bien plus ancienne et un thème principal holstien à se damner (Approach of the Greek, partagée entre grosses percussions, choeurs épiques et cuivres entêtants). Extrêmement percussive, la composition recèle des trésors d'imagination et de brutalité, comme en témoigne le combat entre Achilles et Hector, bercé en contrepoint par un chant féminin déchirant. Des envolées wagnériennes (A Prince's Welcome, D-Day Landing) viennent en rajouter dans la grandeur de l'ensemble. Ironie du sort : la partition ressemble par moments énormément à celle, tout aussi éthnique, que Graeme Revell avait dédiée aux Mangeurs de Morts, avant que Michael Crichton et John McTiernan ne fassent appel aux services de Jerry Goldsmith et que le film ne soit rebaptisé Le Treizième Guerrier...

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01 – 3200 Years Ago
02 – Troy
03 – Achilles Leads The Myrmidons
04 – The Temple of Poseidon
05 – The Night Before
06 – The Greek Army and its Defeat
07 – Briseis and Achilles
08 – The Trojan Attack
09 – Hector's Death
10 – The Wooden Horse and the Sacking of Troy
11 – Through the Fires, Achilles... And Immortality
12 – Remember (Josh Groban with Tanja Tzarovska)


- Site officiel de James Horner
- Site officiel de Troie en Français

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