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AUXERRE 2005 - LIRE PAGE 1 - INTRODUCTION

SYMPHONIFILM

Près de l'open bar, justement (désolé, on traîne où on peut), nous avons eu l'occasion de rencontrer l'équipe de Symphonifilm, dont le projet s'avère étonnamment inédit dans l'industrie de la musique de film hexagonale. Il faut savoir avant toute chose qu'en France, sauf exceptions dues au budget conséquent alloué à une bande originale particulière (Rombi et son orchestre attitré, par exemple, échappent à la règle), la plupart des partitions sont enregistrées à Sofia, en Bulgarie, par une formation symphonique locale. La communication difficile (compositeur au traducteur au chef d'orchestre à l'orchestre, et inversement) se montrant peu compatible avec un temps de production plus que modeste (souvent moins d'une semaine de sessions), les BOF obtenues correspondent rarement aux désirs originels de leurs auteurs, et omettent quasi systématiquement les idées d'orchestrations qu'ils auraient pu avoir durant l'enregistrement, restées au stade de la théorie.
Dans ce contexte, et dans une humble mesure, ce que propose Symphonifilm est effectivement une première pour l'industrie française, qui n'avait pas pensé jusqu'ici à monter un projet comparable à l'Hollywood Orchestra de Los Angeles. Créée il y a près d'un an et demi par trois compositeurs, Eric Prados, Frédéric Prados et Steve Journé, qui avaient quelques temps auparavant expérimenté eux-même la galère bulgare, la société a rassemblé autour de son chef d'orchestre Steve un ensemble de 45 musiciens, afin qu'un orchestre de 17 personnes soit toujours disponible en cas de besoin, pour un coût raisonnable, dans le cadre de la création d'une bande originale. Se reunissant tous les quinze jours pour répéter, les interprètes sortis pour la plupart du conservatoire ont été formés aux techniques d'enregistrement de la musique de film, et ont dû passer par des tests assez insensés, comme s'atteler pendant quelques heures à une version symphonique de Barbie Girl. Tous les genres et tous les styles doivent être gérables, à la simple demande du compositeur. "L'idée était de monter, dans l'esprit, une espèce de groupe de rock, qui se réunirait régulièrement pour le plaisir. La différence tient seulement dans la nature des instruments," nous explique Frédéric Prados, co-fondateur de Symphonifilm. Quelques questions persistent, cependant. Si les solutions du sampling pour les percussions et du multi-tracking pour simuler un orchestre trois fois plus nombreux semblent tout à fait cohérentes, qu'en est-il des lieux d'enregistrements eux-mêmes ? "Nous répétons dans un local d'environ soixante mètres carré, où est entreposé notre matériel. Pour les sessions d'enregistrement en elles-mêmes, nous louons des audioriums, et l'installation des micros et de la table se fait en moins d'une heure. On peut prétendre, dans ces conditions, proposer des tarifs d'environ 5000 à 6000 euros pour trois heures, soit beaucoup moins que la moyenne." Pas mal certes, mais en discutant avec Armand Amar, auteur des partitions de Amen et Va, vis et deviens, nous apprenons que le bougre a en projet la construction d'un studio d'enregistrement de 500 mètres carrés, qui servirait exclusivement à faciliter la production des musiques de film en France. Celui-ci n'ayant, à son grand regret, pas encore d'orchestre à sa disposition, nous lui conseillons d'aller faire un tour du côté du théâtre, et d'aller toucher quelque mot à l'équipe de Symphony Films. Aux dernières nouvelles, une collaboration pourrait aboutir d'ici six mois / un an. Besoin d'une autre preuve que le MIMPI fonctionne ?


Petits préparatifs avant l'enregistrement de quatre prises de quelques morceaux célèbres,
destinées à alimenter une juteuse bande promo

Bien curieux de connaître les us et coûtumes de Symphonifilm, nous avons accepté d'assister, quelques semaines après le Festival d'Auxerre, à une répétition générale de l'orchestre. Dans un auditorium parisien, nous avons donc pu profiter de l'enregistrement d'une bande promotionnelle sur une durée de près de trois heures, en compagnie de compositeurs venus tâter le terrain. Au programme, les 24 musiciens présents (dont un saxophone, fait rare pour une formation de ce genre) auront dû se familiariser à grande vitesse avec les partitions de Star Wars Main Theme, Imperial March, The Simpsons, James Bond ou encore 20th Century Fox Fanfare, toutes retranscrites d'oreilles avec une grande précision par Steve Journé. Ce dernier, en parfaite symbiose avec son jeune orchestre (moyenne d'âge : 25 ans), parviendra à tirer après quatre lectures systématiques autant de prises exploitables, si l'on considère le travail de montage auquel s'attèlera en aval Frédéric Prados. Un accord de la Fox ne sonne pas comme il le devrait ? Pas grave, il sera réenregistré lors d'une prochaine séance et recasé sur la bande, comme si de rien n'était.
Bien sûr, Symphonifilm n'a pas encore la maestra d'un London Symphony Orchestra (les triples croches de La Marche Impériale sont plus exigeantes qu'elles en ont l'air) mais l'ambition, l'enthousiasme et le talent indéniable de chacun de ces musiciens laisse augurer du meilleur pour la production de la musique de films en France. Une initiative encourageante qu'on ne manquera pas de suivre tout au long des mois à venir...


L'enregistrement proprement dit, effectué dans une ambiance à la fois passionnée et studieuse


LIRE PAGE 3 - LES CONCERTS

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