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Le SEIGNEUR des ANNEAUX
Les Deux Tours
Version Longue

Zone 2 - 4 disques - USA - 2003

Genre : Epopée / Heroic Fantasy
Réalisateur : Peter Jackson
Acteurs : Viggo Mortensen, Ian McKellen, Elijah Wood, Christopher Lee, Bernard Hill, Sean Astin, Andy Serkis, Orlando Bloom...
Durée :
223 mn
Image : 2.35 16/9 compatible 4/3
Son : Anglais DD 5.1 EX, Français DD 5.1 EX et DTS 6.1 ES
S-T : Français, anglais
Editeur/distrib. :
Metropolitan
Date de sortie : 18 novembre 2002

Film :
Interactivité / technique :

Synopsis :
La Communauté de l'Anneau est dissoute. Sam et Frodon, le porteur de l'Anneau, se dirigent seuls vers les Terres maudites du Mordor. En chemin, ils sont attaqués par Gollum qui, incapable de récupérer son "Précieux", propose de les guider vers la Montagne du Destin. Pendant ce temps, Aragorn, Gimli et Legolas poursuivent les Uruk Hai de Saroumane, qui détiennent leurs amis Merry et Pippin. Cette course effrénée les mènera en Rohan, où Saroumane compte bien étendre le règne de Sauron...

Epopée linguistique


Tolkien n'a jamais caché la raison d'être première du Seigneur des Anneaux. Au-delà du spectacle, du divertissement, des frissons et de l'émotion du récit (dont il ne se défendait pas non plus), la valeur culturelle et linguistique de la quête le passionnait par-dessus tout. Œuvre originellement destinée à un lectorat adulte, mais dont l'auteur admettait l'attraction inévitable vis-à-vis des enfants, Le Seigneur des Anneaux se devait, dans sa version cinématographique, de respecter l'essence, sinon l'exactitude de l'univers décrit avec tant de vraisemblance par Tolkien…

Au-delà du spectacle, du divertissement, des frissons et de l'émotion du récit (la Moria et le Gouffre de Helm, encore plus spectaculaires dans leurs versions longues, comptent parmi les séquences les plus complexes jamais tournées), les langues, cultures et civilisations imprègnent bel et bien le triple chef-d'œuvre de Peter Jackson. Scénaristes et dialoguistes de génie vouées à la cause de Tolkien, Fran Walsh et Philippa Boyens seront parvenues à retranscrire avec une subtilité rare toute la magie et la cohérence du monde de l'écrivain, tout en adaptant à la grammaire cinématographique les nombreuses digressions et appendices de Tolkien. Ainsi l'utilisation des langues, fascinante dans La Communauté de l'Anneau (cf. la scène de déclaration d'amour de Arwen à Aragorn, dans la nuit de Fondcombe), atteint dans Les Deux Tours une valeur dramatique insoupçonnée, chaque utilisation de l'Elfique soutenant un état d'esprit, une réaction ou un choix de tel ou tel protagoniste. De nombreuses séquences en attestent : la rupture d'Arwen et Aragorn en flashback à Fondcombe (commençant par un échange linguistique, l'un parlant dans la langue de l'autre, l'accord se rompt brutalement lorsque Aragorn retourne vers sa propre langue ; Arwen, toujours décidée à rester à ses côtés, ne retourne en revanche jamais vers l'Elfique), Elrond tentant de persuader sa fille de quitter la Terre du Milieu en sa compagnie (Elrond entame la conversation en Elfique, Arwen lui répond dans la langue des hommes, affirmant son appartenance à leur monde ; Elrond poursuit dans la langue des hommes pour se rapprocher de sa fille, et lui décrit son funeste destin ; Elrond revient à la langue Elfique pour demander à sa fille s'il n'a pas son amour ; Arwen, abattue et lucide, revient vers son Elfique maternel)…

Montage définitif

D'autres exemples existent, tout aussi frappants (la dispute et réconciliation Legolas / Aragorn, soulignée par le choix des langages). Virtuoses des mots comme des images, les auteurs se seront efforcés de ne jamais réduire les bagages culturels de la Terre du Milieu à de simples gadgets décoratifs, un parti pris soulignant tout l'aboutissement du projet. Film univers à part entière et somme faramineuse de cultures, Les Deux Tours Version Longue apparaît d'autant plus comme un miracle que les petits défauts de la version salle ont disparu au profit d'un rythme retrouvé (toute la première heure, jadis bancale et hermétique, devient un modèle de dramaturgie et de fluidité) et d'une caractérisation au-delà du fantasme. De Gollum à Eomer en passant par Faramir et Grima, tous retrouvent leur importance et leur justification narratives. Eowyn restera néanmoins la plus grande surprise : totalement sacrifiée par la version courte, elle sera ici vecteur d'un torrent d'émotions, notamment lors de funérailles princières à vous glacer les sangs. Une séquence parmi les plus belles de l'œuvre, reposant en grande partie, comme par hasard, sur la sonorité de la langue…

Alexandre Poncet



Image :
On ne va pas attendre trois paragraphes pour lâcher le morceau : le DVD des Deux Tours représente, avec celui de La Communauté de L'Anneau, la quintessence technique du médium, un tour de force d'autant plus éblouissant que cet épisode dure cette fois ci près de 3h45. Du point de vue de l'image, les deux disques nécessaires au transfert ne souffrent d'aucun (on insiste sur le terme AUCUN) défaut, qu'il s'agisse de tâches, de drops, de griffures ou encore de pâtés dus à des erreurs de compression. Intelligente quoiqu'étrangement figée pendant une seconde, la coupure en milieu de métrage (Faramir embarquant Sam et Frodon avec lui sur les terres d'Ithilien, après l'apparition des Oliphants) aura permis aux techniciens d'encore améliorer la définition par rapport à l'édition double. La perfection est telle que l'on peut admirer le moindre visage d'orc dans la mêlée du Gouffre de Helm (malgré l'atmosphère nocturne et la pluie !) comme s'il se trouvait à deux doigts de nos mirettes ébahies. Il est également nécessaire de reconnaître le précieux travail effectué au niveau des couleurs et contrastes, le chef-d'œuvre de Jackson retrouvant l'ampleur et la beauté visuelle que certaines copies en salles tendaient à lui dérober. Les verts et ocres du Rohan, les bleus de Helm's Deep, les gris d'Isengard, les jaunes éthérés de Rivendell n'ont jamais été aussi finement traduits que sur ces DVD, intensifiant encore si besoin l'impression de dépaysement constant souhaité par le cinéaste. Beaucoup plus sombre et torturée que celle du premier épisode (jeux de lumière incessants, nombreuses séquences oniriques, travail de caméra à l'épaule ébouriffant) étaient pourtant loin de faciliter la tâche. A n'en pas douter, les techniciens de Wingnut ont ici érigé un nouveau standard de qualité. Il va falloir penser à revoir tous les tableaux de cotations à la baisse pour les années à venir…

Son
L'édition collector comble le principal manque de l'édition double : oui, une piste DTS ES 6.1 française est disponible en plus des pistes 5.1 EX. Dans tous les cas, les mixages sont à tomber par terre. Les envolées symphoniques de Howard Shore n'ont jamais été aussi épiques, la palme revenant à la dernière section du Gouffre de Helm (la sortie de Theoden et de ses cavaliers dans la mêlée des orcs, l'arrivée de Gandalf et des Rohirrim), suivie de l'attaque des Ents sur Isengard, tout bonnement apocalyptique. A noter qu'un bonus en multi-pistes permet d'évaluer le boulot effectué sur la bataille de Helm. Les bruitages et dialogues utilisent toujours intelligemment l'intégralité des canaux, renforçant systématiquement l'ampleur spectaculaire du film, et le DTS se montre à ce sujet formidablement immersif. Le bonheur, tout simplement.

Interactivité :

Au Coeur de la Lumière

Si l'on pensait avoir atteint l'apogée du médium avec le collector de La Communauté de l'Anneau, paru il y a déjà un an, il nous faut bien admettre la supériorité éditoriale incontestable des Deux Tours. Le principe reste pourtant le même : deux disques d' « appendices » viennent s'adjoindre aux deux disques du film, à leurs pistes sonores démentielles (DTS foudroyant, en dépit d'une VF discutable) et à leurs commentaires audio (quatre en tout, réunissant une trentaine d'intervenants sur près de onze heures d'écoute !). Les menus épousent également les choix visuels de Fellowship, la navigation s'effectuant en tournant les pages richement illustrées d'un vieux manuscrit. D'un point de vue thématique, le disque 3 se consacre toujours à l'écriture et la pré-production du film, tandis que le 4 couvre tous les événements du tournage à la sortie du film.

Ce qui fait, en revanche, toute la différence réside dans le pointillisme exacerbé de chaque intervention, là où les bonus de Fellowship avaient parfois tendance à favoriser l'anecdote. Ceci n'enlève évidemment rien à la richesse de ces derniers, comptant parmi les meilleurs documentaires jamais tournés, mais l'incroyable densité des Deux Tours aura poussé les auteurs à déchiffrer, en long, large et profondeur, chaque ingrédient artistique jusqu'au point de rupture. Le choix de n'enfermer aucune scène dans quelque ghetto est ainsi éloquent, chaque point de vue de la production, sujet d'une featurette précise, ayant une pierre à apporter à l'édifice d'un morceau de bravoure donné. Le Gouffre de Helm est l'exemple le plus parlant, sa naissance étant abordée au cours des reportages sur Weta Workshop, les cascadeurs, les miniatures, le son, la musique ou encore le montage (on apprendra au passage que la première version de la bataille durait 36 minutes et noyait littéralement les enjeux et les protagonistes, amenant Jackson à l'amputer d'un petit quart d'heure).

Trilogie parallèle

Ainsi, bien qu'analysant tour à tour des éléments communs, aucun supplément ne viendra jamais à répéter les informations de son prédécesseur. Les presque sept heures de documentaires semblent par conséquent inaltérables. Tous passionnants de bout en bout et filant à une vitesse quasi subliminale, les chapitres de cette seconde partie des appendices cinématographiques du Seigneur des Anneaux reflètent bien l'optique choisie par Wingnut et New Line : concevoir une trilogie parallèle aux films de Jackson, un faire valoir explicatif entamé par le portrait de Tolkien au début du 3 ème disque de La Communauté de l'Anneau, et qui s'achèvera sur la sortie mondiale du Retour du Roi, conclusion de sa future édition collector. Bien qu'accessibles individuellement sans que jamais la gourmandise ne s'éraille (les 40 minutes sur Gollum, les 45 minutes sur Weta Workshop, les 25 minutes sur Howard Shore ou l'heure dix consacrée au tournage défilent plus rapidement qu'un épisode de Clone Wars !), ces documentaires forment un ensemble terriblement exhaustif et cohérent, tant la division soudaine des différentes équipes reflète les enjeux éclatés et les conflits du métrage. Même Andy Serkis avouera avoir été mis à l'écart, presque pris pour un fou par ses deux acolytes lors de son interprétation de Gollum, de la même manière que Frodon et Sam tiendront Smeagol éloigné de leur club.

Vient s'ajouter une myriade de trésors interactifs : galeries de photos et de designs avec commentaires audio optionnels, comparaison scène tournée scène truquée en multi-angle (le débat intérieur de Gollum, rendant hommage au jeu d'Andy Serkis), extrait du Gouffre de Helm avec décompositions de ses pistes sonores (huit en tout), carte de la Terre du Milieu soutenue par des images des repérages par l'équipe en Nouvelle-Zélande… Fin du fin, un index tout ce qu'il y a de plus littéraire permettra de trouver son chemin dans ce torrent d'informations, guidant l'utilisateur vers l'aspect recherché de la production à l'aide d'un chapitrage précis au sein même des documentaires. Du grand art.

A l'instar des artistes impliqués dans la création de la trilogie, et auxquels ces suppléments rendent un bel hommage, les concepteurs de ce DVD on su transcender le médium grâce à une passion rarissime, parvenant à mettre en valeur la beauté de l'objet sans jamais en appeler à la langue de bois (Jackson, les acteurs, les scénaristes et les producteurs avouent que ce second épisode fut un cauchemar). Quand on aperçoit la somme de travail accomplie par chacun dans Les Deux Tours (mais comment diable ont-ils fait pour finir à temps, avec un tel résultat ?) et quand on sait ce qui nous attend dans Le Retour du Roi (vingt fois plus ambitieux que ses grands frères), on imagine sans mal les défis qui nous seront relatés dans la troisième et dernière partie de cette odyssée créative, d'ores et déjà prévue pour novembre 2004.

Alexandre Poncet

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  • Disques 1 et 2
    4 commentaires audio réunissant auteurs, acteurs, équipes de pré-prod et de post-prod.

  • Disque 3
    Introduction de Peter Jackson
    Documentaires sur la pré-production (environ 3h)
    Storyboards animés et galerie de storyboards
    Galeries d'images et de croquis préparatoires (dont certaines commentées)
    Atlas interactif de la Terre du Milieu
    Repérages en Nouvelle-Zélande


  • Disque 4
    Introduction d'Elijah Wood
    Documentaires sur le tournage et la Post-Production (environ 3h)
    Effets visuels en multi-angles
    Démonstration de mixage sonore
    Galerie de photos des effets et des miniatures

- Site officiel
- Critique de la Bande Originale

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