Le
SEIGNEUR des ANNEAUX
Les Deux Tours
Zone 2 - 2 disques - USA - 2002
Genre : Epopée
/ Heroic Fantasy Réalisateur : Peter Jackson Acteurs : Viggo Mortensen, Ian McKellen,
Elijah Wood, Christopher Lee, Bernard Hill, Sean Astin, Andy Serkis,
Orlando Bloom...
Durée : 172 mn Image : 2.35 16/9 compatible 4/3 Son : Anglais, Français Dolby
Digital 5.1 EX S-T : Français, anglais
Editeur/distrib. : Metropolitan Date de sortie : 26 août 2003
Film :
Interactivité / technique :
Synopsis
:
Tandis que Frodon et Sam prennent la direction de la Montage du Destin
en Mordor, ils croisent sur leur chemin Gollum, créature schizophrène
obsédée par le pouvoir de l'Anneau unique. Aragorn,
Legolas et Gimli partent quant à eux à la recherche
des Hobbits Merry et Pippin, prisonniers des orcs, et arrivent en
terrain Rohan, où le reigne du roi Theoden est parasité
par un espion de Saroumane
Visions d'ailleurs
Il
est en train de se passer quelque chose dans le petit monde du Septième
Art. Quelques constats s’imposent ainsi au sortir des Deux
Tours. Déjà, la production Hollywoodienne
dans son ensemble va se retrouver chamboulée, et les cinéastes
vont devoir chercher au plus profond de leurs tripes pour succéder
la tête haute au mastodonte furieux de Peter Jackson. Ensuite,
si l’on en croit l’enthousiasme du sieur lui-même
vis-à-vis du Retour du Roi, qu’il
considère d’ores et déjà comme le plus
spectaculaire des trois épisodes, on n’ose imaginer
ce qui nous attend pour la fin de cette année. Enfin et pour
résumer, la trilogie du Seigneur des Anneaux est bel et bien
en train de redimensionner le visage du Cinéma, en redéfinissant
les limites de ce que le public est en droit d’attendre d’un
long métrage.
Nous
n’irons pas prétendre que Les Deux Tours
est « le meilleur film de tous les temps », au point
d’éclipser les classiques indémodables du siècle
passé. Nous avouerons même sous la torture que ceux
qui avaient déjà eu du mal à pénétrer
l’univers du premier tome seront encore davantage mis en déroute,
tant le film s’impose comme la moins consensuelle des œuvres
de transition. Impossible cependant de taire l’étendue
de sa réussite, de sa cohésion surnaturelle pour une
pièce nourrie de dix décennies d’évolution
cinématographique. A ce titre, Peter Jackson est bien l’enfant
légitime de George Méliès, Fritz Lang, Willis
O’Brien, Orson Welles, Gene Kelly, Alfred Hitchcock, autant
que de Akira Kurosawa, John McTiernan, Sam Raimi ou même Jim
Henson. Somme d’influences aussi diverses que complémentaires,
Les Deux Tours vogue trois heures durant du rire
aux larmes, de l’émerveillement à la peur, de
l’aventure à l’action la plus instantanément
jouissive.
La
plus grande force des Deux Tours ? Difficile de
choisir. Epopée énorme aux enjeux a priori éclatés,
mais miraculeusement réunis par le seul biais du montage
et de la mise en scène, le film délivre une passion
communicative, une envie de filmer, de montrer et de partager telle
qu’on n’en avait rarement vue. L’émotion
primaire, décomplexée, et la générosité
qui se dégagent de la pellicule défient toute analyse
critique, alors même que chaque élément s’intègre
majestueusement à un tout pensé, étudié,
calculé à la coupe près. La précision
chirurgicale de la bataille du Gouffre de Helm, morceau de bravoure
au-delà de tout fantasme, l’interprétation bouleversante
de Andy Serkis / Gollum, l’évolution des protagonistes
à la fois au sein de l’épisode et à l’échelle
de la trilogie (le rapprochement Frodon / Gollum, la prise de conscience
d’Aragorn, la réconciliation de Legolas et Gimli, la
revanche des Ents, l’antagonisme jumeau de Gandalf et Saroumane)
sont autant d’exemples
de l’aboutissement du projet de Jackson, Walsh et Boyens.
Le plus déroutant dans cette affaire est qu’il nous
faut admettre, plusieurs mois après la découverte
de la Version Longue du premier opus, n’avoir pas encore été
en mesure de juger le vrai Two Towers. On le sait,
un nouveau montage de 3h30 est d’ores et déjà
annoncé pour le 18 novembre prochain, mise en bouche rêvée
à l’imminence du Retour du Roi.
L’ivresse nous guette…
Image : Si
beaucoup d'encre a pu couler sur la qualité technique de
Star Wars Episode II, la copie étant directement
issue de la source numérique du film, force est d'admettre
que le choc de la découverte de La Communauté
de L'Anneau, près de quatre mois auparavant, avait
été bien supérieur. La teneur de l'image et
du son ayant encore grimpé quelques échelons avec
l'édition collector du premier épisode en novembre
dernier, on pouvait espérer un traitement équivalent
pour Les Deux Tours. Autant dire que nous n'avons
pas été déçus. Les contrastes saisissants
de la photographie de Andrew Lesnie retrouvent, au format numérique,
toute leur pureté, les couleurs sont incroyablement précises
et variées, la définition, en dépit d'une qualité
légèrement inférieur à l'édition
quatre disques de Fellowship, est à tomber
par terre et quoiqu'en disent certains confrères, les effets
spéciaux n'ont jamais autant impressionné qu'ici.
Son On commence à avoir l'habitude
: les amateurs de DTS devront patienter jusqu'au 18 novembre pour
entendre grogner les orcs et rugir les partitions épiques
de Shore dans leurs enceintes de manière optimale. Cependant,
le Dolby Digital EX compressé sur ce DVD reste d'une puissance
et d'une précision phénoménales. On regrettera
juste une version française plutôt moyenne, mais la
beauté et la poésie de la VO ne facilitait en rien
les choses.
Interactivité : Les coulisses du tournage (14mn) : Featurette
promotionnelle avant la sortie du film, et par conséquent
avant que tous les intervenants aient pu juger sur pièce
du résultat, Les Coulisses du tournage recèle
tout de même quelques informations et images intéressantes,
tel ce court passage consacré aux interactions peu confortables
entre Merry, Pippin et l'Ent Sylvebarbe. Gollum est également
évoqué, mais sa physionomie étant à
l'époque préservée dans l'ombre, n'attendez
pas une dissection en profondeur.
Retour
en Terre du Milieu (44mn) :Produit pour les télévisions
américaine et néozélandaise et diffusée
dans le mois ayant précédé la sortie du film
en salles, Retour en terre du milieu s'apparente à
une featurette promo trois fois plus longue que la moyenne, dont
le principal centre d'intérêt réside au niveau
des acteurs. Ainsi, plutôt que de s'étendre sur les
conditions du tournage, la genèse du film ou les ambitions
des auteurs, le documentaire suit les plus jeunes éléments
de la distribution dans leurs virées "off work",
qu'il s'agisse d'une partie de billard ou d'un concours de saut
à l'élastique. Sans doute trop âgé pour
séduire le public visé, Bernard Hill n'est même
pas évoqué une seule seconde ! Fort heureusement,
certaines images de plateau parviennent à capter l'attention,
notamment les tortures infligées à Andy Serkis dans
le rôle de Gollum, qui dût plonger à cinq reprises
dans une eau glaciale pour les besoins d'un plan de quinze secondes.
Quoiqu'il en soit, on attend avec impatience le making of de 7h
de l'édition collector, qu'on annonce déjà
encore plus exhaustif et détaillé que celui de La
Communauté de l'Anneau.
Haut et Court :Première réalisation
de Sean Astin, le court-métrage "The Long and
the Short of It" n'annonce pas vraiment la naissance
d'un futur grand cinéaste. Assez mièvre sans pour
autant déplaire, le film est une réflexion sans prétention
sur la solidarité et la vie en communauté. A voir
surtout pour le très court caméo de Peter Jackson.
Coulisses de Haut et Court :Cruelle ironie, le making
of de Haut et Court est infiniment plus divertissant
que le film lui-même. Long d'environ sept minutes, le reportage
nous explique les conditions du tournage en un dimanche venteux,
et insiste sur l'inversion des rôles par rapport à
Lord of the Rings. Ainsi, l'acteur principal se
nomme Andrew Lesnie (directeur de la photographie sur la trilogie),
tandis que les acteurs Elijah Wood et Andy Serkis s'initient aux
postes d'assistant réalisateur, régisseur, grip ou
encore même producteur (les ascensions au pouvoir de Serkis
sont à mourir de rire).
Featurettes Internet :A l'instar du double disque
de La Communauté de l'Anneau, New Line a
recyclé les courtes featurettes jadis diffusées sur
le site Internet officiel. Divisés en huit sections et totalisant
près de 35 minutes de projection, ces bonus sont variablement
instructifs et seuls les chapitres sur Edoras, les armes et armures,
de Helm's Deep et de Gollum parviennent à livrer des informations
bienvenues. Le reste s'apparente à un simple "guide
de Middle Earth pour les nuls".
Preview
de l'édition collector des Deux Tours : La version longue
des Deux Tours, comme omet de le préciser
cette courte featurette promo, durera environ 3h30, soit près
de quarante minutes de plus que le montage salles. A en juger par
les images ici présentées, nous n'avons pas encore vu
le vrai Two Towers. Quelques bribes de dialogues
ajoutées ici et là, notamment dans le marais aux morts
et dans le Golden Hall de Thoeden, mais aussi des séquences
entières réinsérées : une nouvelle ouverture
dans Emyn Muyl, la mort au combat et les funérailles de Theodred,
un flashback à Osgiliath avec Faramir, Boromir et Denethor,
l'attaque des arbres Huorns contre les Uruk fuyant Helm's Deep, la
fuite de Frodo, Sam et Gollum à travers les égouts d'Osgiliath,
des rajouts substentiels concernant Merry, Pippin et Sylvebarbe, dont
la fameuse scène voyant les deux Hobbits grandir sensiblement...
Ce que cette bande-annonce à peine déguisée n'évoque
pas : la présentation de Brego, le cheval d'Aragorn, une présentation
plus aboutie de Gollum et des scènes rajoutées à
Isengard, des plans supplémentaires pour le lac interdit, de
nouveaux morceaux de bravoure pour la bataille de Helm's Deep et pour
la chevauchée de Theoden, Aragorn et Legolas juste avant l'arrivée
de Gandalf (il suffit de comparer la musique du film avec celle du
CD : il manque bien quelque chose !)... Un choc nous attend pour le
18 novembre prochain, sans le moindre doute.
Preview
du Retour du Roi :Un autre choc nous attend pour le
17 décembre. Si cette preview de 12 minutes 30 du dernier
épisode de la trilogie s'avère finalement assez chiche
en nouvelles images (environ trois minutes en tout et pour tout,
dont deux plans terriblement spectaculaires du Roi des Nazguls),
celles-ci laissent imaginer l'intensité inédite du
film et ses nombreux exploits cinématographiques. Le plus
étonnant reste la faculté du documentaire à
mettre l'eau à la bouche sans jamais ruiner la surprise.
Ainsi, la longue bataille de Pelennor et le siège de Minas
Tirith ne sont abordés qu'à partir d'animatics, de
storyboards et autres dessins de préparation. Seules deux
images parviennent à filtrer : la lente ascencion de Gandalf
et Shadowfax au sommet d'une tour de la cité blanche, dévoilant
brièvement l'étendue des armées de Sauron (200
000 orcs, des milliers d'hommes de l'Est, des trolls, des oliphants...
AAAAAH!) ainsi que deux plans de la charge des Rohirrim sur les
champs du Gondor, les cavaliers noyant le cadre jusqu'à l'horizon.
Le plus amusant est encore d'évaluer le niveau de sadisme
atteint ici par Peter Jackson, qui ose ouvrir et conclure la featurette
dans sa salle de montage, en plein travail sur le tunnel d'Arachne
! A croire qu'il nous en veut...
Bandes-annonces et Spots TV :Les fans connaissent
par coeur toutes les bandes-annonces des Deux Tours,
pour les avoir faites tourner jusqu'à l'écoeurement
dans l'attente de la date fatidique du 18 décembre dernier.
En revanche, les spectateurs français sont moins familiers
avec les 16 Spots diffusés à la télévision
américaine lors de la sortie du film. Largement, donc, de
quoi contenter les érudits de publicité.