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LE ROI SINGE
Zone 2 - 2 disques - Hong Kong- 1995

Genre : comédie fantastique d'arts martiaux
Réalisateur : Jeff Lau
Acteurs : Stephen Chow, Karen Mok, Ng Man-tat
Durée :
85 mn (partie 1), 95 mn (partie 2)
Image : 1.85 16/9 compatible 4/3
Son : français en DD 5.1, cantonais en mono d'origine
S-T : français
Editeur/distrib. :
HK Video/Metropolitan Filmexport
Date de sortie : disponible

Film :
Interactivité / technique :

Synopsis :
Le roi singe est une créature fabuleuse chargée d'escorter un moine à la recherche de livres sacrés. Mais pour ses pêchés, il est condamné à se réincarner jusqu'à expiation. 500 plus tard, dans la peau du chef d'une bande de brigands et sans souvenir de ses vies précédentes, il va tomber amoureux d'une sorcière cherchant à manger la chair du moine afin de devenir immortelle. Suite à un quiproquo, sa promise se suicide. Pour la sauver, le brigand va remonter le temps. Un peu trop d'ailleurs, puisque le voilà catapulté 500 ans en arrière, à l'époque même de sa condamnation...

Spectacle total

Alors qu'il est dorénavant connu de par chez nous au travers de l'incroyable Shaolin Soccer, l'acteur/réalisateur Stephen Chow (ou Stephen Chiau Shing-Chi, son nom chinois complet) est l'une des plus grandes stars hong-kongaises, et ce depuis belle lurette. Son film de "kung-foot" n'est pas le premier projet pharaonique qu'il ait mis sur pied. En 1995, il était la vedette de ce Roi singe (A Chinese Odyssey) réalisé par Jeffrey Lau (les deux hommes avaient déjà collaboré sur Fist Of Fury 2 en 91 et continueront après Le Roi singe), une fresque comique de près de trois heures divisée en 2 films. L'histoire s'inspire d'un célèbre récit de la mythologie chinoise, "La Pérégrination vers l'Ouest", qui fût la source de nombreuses autres adaptations populaires. Outre un Da No Tien Gu, dessin animé réalisé par Wan Laiming en 1965 et ayant connu un succès international, on pourra aussi citer… Dragon Ball ! En effet, le manga d'Akira Toriyama s'inspire en partie de la même histoire, surtout en ce qui concerne le personnage de San Goku, qui partage avec Le Roi singe quelques points communs : il a une queue (poilue et située derrière, précisons le !), se déplace sur un nuage, et possède comme arme un bâton capable de s'allonger à l'infini.

La version de Stephen Chow (qui a co-écrit le scénario avec le réalisateur - qui joue aussi dans le film) est bien sur largement influencée par la comédie cantonaise, dite "non-sensique", spécialité de l'acteur. Et pourtant, cela ne l'empêche pas Le Roi singe d'être un film en costumes fastueux, bourré de péripéties et de combats aériens (réglés par Ching Siu-tung, réalisateur entre autres de la trilogie des Histoire de fantômes chinois). Mais plus encore, derrière la bouffonnerie et l'action, se cache un triangle amoureux bouleversant, qui se joue du temps et des conventions filmiques usuelles. En effet, pour un spectateur occidental habitué aux pantalonnades poussives à la Jean-Marie Poiré ou à la Martin Lawrence (où la mention "comédie" implique d'office que tous les autres aspects du film seront bâclés), visionner un métrage hilarant réalisé avec soin, doublé d'un film d'action et d'amour, a de quoi donner le tournis. Ce Roi singe sait combiner les qualités des genres qu'il invoque, et en ressort grandi, pour devenir un morceau de cinéma de divertissement purement jouissif. Le film a un coté organique assez peu commun, lui permettant en l'espace de 3 minutes d'enchaîner un combat dans lequel un drame amoureux se noue, alors que le personnage de Stephen Chow fait le pitre, le tout sans que le métrage ne perde de sa cohérence, et sans que l'un des éléments ne soit désavantagé par rapport aux autres ! Impressionnant.

Alors bien sur, de par son coté mutant, Le Roi singe n'est pas dépourvu de quelques faiblesses, notamment dans la seconde partie où une scène incroyable convie pas moins d'une demie-douzaine de personnages, qui par un coup du sort voient leurs esprits intervertis, chacun se retrouvant dans le corps d'un autre. La séquence qui s'en suit est assez vertigineuse, tant on peine à savoir qui est qui. Le film, lui, ne nous attend pas, et redémarre dans une autre direction aussi sec, laissant les personnages en l'état ! Mais à coté de cela, le film de Jeff Lau est rempli de séquences cultes, comme ce passage hilarant où Chow veut sauver sa promise du suicide en remontant dans le temps de quelques minutes, mais échoue à chaque fois. Une autre retient particulièrement l'attention : lorsque le héros doit choisir entre devenir un homme-singe vertueux - donc abandonner les émotions humaines - ou vivre son amour pour la belle Zixia. Un grand lyrisme romantique se dégage de cette séquence, sentiment qui imprime la magnifique fin de la saga. Et lorsque le générique final apparaît à l'écran, on reste quelques instants pantois d'avoir été ainsi happé dans cette sarabande éprouvante, où le médium cinéma se pare de ses plus beaux atouts pour provoquer l'émotion (tristesse, rire, jubilation) chez le spectateur. Et de regretter cette époque bénie où le 7ème art hong-kongais savait mieux qu'aucun autre manier le populaire sans vulgarité, mais au contraire avec une candeur et une sincérité qui allait droit au cœur.

Laurent Duroche


 

Image :
Le film ayant presque 10 ans et venant de Hong-Kong (on connaît la politique de conservation des négatifs là-bas), le master est de fait un petit miracle de beauté. Si quelques menus défauts de pellicule demeurent (scratchs et griffures, mais c'est assez rare), la précision et la qualité d'encodage sont généralement au rendez-vous. D'autant plus réjouissant lorsque l'on constate que certaines séquences ont dû être un cauchemar à stabiliser (rouges vifs et fumée dans le même plan).

Son
La VF en dolby Digital 5.1 déçoit quelque peu. Si le doublage en lui-même est relativement supportable, les effets surround, assez nombreux, ont un rendu assez métallique et pas très naturel. De plus, les basses manquent de dynamisme. La VO d'origine en mono stéréophonique satisfera les puristes.

Interactivité :
Disque 1 :
Portrait de Stephen Chow
(17mn37)
: Une interview de l'acteur croisée avec des extraits de ses films et une analyse en voix off. La personalité complexe de Chow est efficacemennt synthétisée, même si l'on aurait aimé en apprendre un peu plus sur sa conséquente filmographie. Le comédien explique sa façon de concevoir ses films (le rire comme remède aux probmèmes mais aussi comme médium pour faire passer des idées) et exprime une fois de plus son admiration inconditionnelle pour Bruce Lee.

Filmographies de S. Chow et J. Lau : Après un petit texte biographique, les filmographies des deux hommes défilent automatiquement.

Galerie de photos : Des photos du film (on aurait aimé du plein écran) défilent sur un fond musical.

Bandes annonces HK Vidéo : Outre les titres déjà sortis, quelques bandes annonces nous donnent un aperçu des futurs titres à sortir (enfin normalement, puisqu'on se souvient des bandes annonces de The Blade et Baby Cart il y a quelques temps déjà, pour des éditions qui n'ont toujours pas pointé le bout de leur nez). On trouvera ici celles de The Sword et Duel To The Death, deux superbes films de sabres censés sortir en coffret, et un autre wu-xia pian, le fabuleux La Dernière chevalerie de John Woo.

Disque 2:
Bande annon
ce salle du Roi singe
: Une bande annonce qui joue sur le nom des deux responsables du film : Stephen Chow et Jeff Lau..

Galerie de photos : D'autres photos selon le même principe que la section du premier disque.

Bandes annonces HK Vidéo : Sur ce disque, les futures nouveautés annoncent la très attendue collection Tsui Hark, avec L'Enfer des armes, Histoires de canninbales et Butterfly Murders. Plus contemporains, les sympathiques et délirants Heroic Trio de Ching Siu-tung et Savior Of The Soul de Corey Yuen sont aussi annoncés.

Lien Internet : Lien vers le site de Metropolitan.

Même si l'interactivité n'apparaït pas très fournie, la présence du portrait de Stephen Chow montre que les éditeurs du DVD ont eu tout de même envie d'offrir un petit plus aux acheteurs. Les deux films en eux-même dans un seul coffret, c'est déjà un beau cadeau...

Laurent Duroche

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  • DISQUE 1 :
  • portrait de Stephen Chow (17mn37)
  • filmographies
  • galerie de photos
  • bandes annonces HK Vidéo
  • DISQUE 2 :
  • bande annonce cinéma du Roi singe
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  • lien Internet

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