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MEMOIRES DE NOS PERES (HD-DVD)
Zone 2 - Etats-Unis - 2006

Genre : Historique
Réalisateur : Clint Eastwood
Acteurs : Ryan Philippe, Jesse Bradford, Adam Beach, Paul Walker, Jamie Bell, Barry Pepper, John Benjamin Hickey…
Image : 2.35 16/9 compatible 4/3
Son : Anglais et français en Dolby Digital 5.1
S-T : Français
Editeur/distrib. :
Warner Home Vidéo
Date de sortie : 30 Mai 2007

Films :
Interactivité :
Technique :

Synopsis :
Le cinquième jour de la bataille Iwo Jima, l'une des plus meurtrières de la Seconde Guerre Mondiale, un reporter immortalise le hisser du drapeau américain au sommet du mont Suribachi, drapeau porté par cinq soldats anonymes. Le cliché fait bientôt le tour du monde et le gouvernement Roosevelt, en manque de moyens pour mener à bien ses derniers assauts, entreprend de surfer sur la vague patriotique et d'utiliser trois des fameux marines comme armes de propagandes...

Poussière d'étoiles

Depuis Impitoyable, joyau cinématographique d'une maturité incomparable et synthèse extrêmement intime de la carrière de l'acteur / cinéaste, on prédisait régulièrement la retraite du vieux Clint, jusqu'à ce que des chefs-d'oeuvre inespérés tels que Sur la route de Madison, Mystic River et Million Dollar Baby ne viennent tout chambouler sur leur passage.

Guère plus satisfait de la volée d'oscars récoltée par Million Dollar Baby qu'il ne l'avait été par le triomphe académique d'Impitoyable, Clint ne semble toujours pas décidé à raccrocher ses gants au vestiaire. Et du punch, Mémoires de nos pères en a à revendre, dans un genre que le bonhomme avait sublimement effleuré avec Le Maître de guerre. Il suffit d'ailleurs d'observer les quelques photographies d'exploitation de Flags of our Fathers pour évaluer l'atmosphère du tournage : vêtu du même treilli que ses acteurs, coiffé d'une casquette kaki et chaussé de rangers à écraser un tank, Eastwood y promène une allure de général, une figure impériale culminant en un regard avide et précis, comme si l'aboutissement de cette oeuvre ambitieuse n'avait, dans son esprit du moins, jamais fait le moindre doute.    

Héroïsme à vendre

Il en fallait de l'assurance pour s'attaquer à la fresque d'Iwo Jima, et si l'on regrettera certaines tares indubitables de ce premier métrage (bande originale maladroite, montage parfois trop démonstratif, par exemple lors d'une succession de flashbacks revenant sur la mort de plusieurs marines dans les bras de leurs frères d'armes), Eastwood est parvenu à imposer son style sur la moindre séquence de Mémoires de nos pères. A une poignée de morceaux de bravoure guerriers parmi les plus spectaculaires jamais vus sur un écran (le débarquement sur l'île est ébourriffant) répond ainsi une quantité d'instants volés, presque muets, où le metteur en scène expose avec discrétion et pudeur ses convictions et ressentiments. De la descente aux Enfers d'Ira Hayes, Indien piégé entre deux cultures sur lequel Eastwood base à juste titre l'essentiel de sa narration, à l'instrumentalisation des soldats dans le cadre de la propagande, Mémoires de nos pères remonte le cours du patriotisme apparent et de l'héroïsme supposé pour mieux souligner les paradoxes d'une société qui, aujourd'hui encore, se complaît dans la propagation d'une vision noir et blanc des relations internationales.

Un pied d'égalité

On ne saurait, dans ces conditions, trouver meilleur décor qu'Iwo Jima, étendue de roche volcanique dont Eastwood filme avec maestria la lente agonie. Privée dans un premier temps de population civile, puis de végétation, l'île aux allures post-apocalyptiques devient à elle seule la synthèse d'un conflit absurde, où l'homme abat froidement l'homme sans raison tangible à l'horizon. On ne s'étonnera pas, dès lors, que l'étalonnage numérique quasi monochrome du métrage mette les teintes sur un pied d'égalité, empêchant autant que possible de dissocier à l'image les innombrables belligérents. Fable intelligente et retenue sur la valeur des âmes, la culpabilité et le travestissement des réactions humaines ("tout ce qu'on faisait là-bas, c'était tenter de survivre", avouera l'un des protagonistes), Mémoires de nos pères est un film de guerre à part. Et si son rythme plus proche de Minuit dans le jardin du bien et du mal que de La Relève pourra en frustrer certains, les vrais fans de Clint se pâment depuis février 2007 devant Lettres d'Iwo Jima, le véritable diamant de la saga.

Alexandre Poncet




Image :
Le DVD standard restituait déjà à merveille les contrastes appuyées et les variations de couleurs d'une période décrite à une autre. Sur ce point, le HD-DVD ne fait que souligner le soin apporté par Warner à sa copie, issu d'un master 100% digital (le film avait été étalonné numériquement avant son exploitation en salles). On ne peut toutefois que remarquer l'amélioration de la compression (le VC-1 est ici à son sommet) et le gain sensationnel au niveau de la définition : les moindres textures ressortent désormais avec force, et le cadre retrouve le souci du détail qui caractérisait l'expérience en salles.

Son
Si l'édition standard accueillait de jolies pistes Dolby Digital 5.1, le HD-DVD passe à la vitesse supérieure avec un Dolby TrueHD anglais qui risque de s'imposer comme une démonstration idéale des capacités du support. La bande son de Mémoires de nos pères s'y prête, le film enchaînant sans cesse les ambiances surgonflées où règnent les effets percutants et les basses (l'invasion de l'île est un grand moment), et les dialogues feutrés timidement illustrés par quelques notes de guitare. Egalement présents sur le disque, des mixages Dolby Digital 5.1 Plus français, italien et anglais n'ont quant à eux rien à envier à des DTS classiques. Un sans-fautes, tout simplement.

Interactivité :
Appliqué, respectueux des personnes et de leur travail, documentés, pleins de bons sentiments… Les suppléments de cette édition HD-DVD (identique au collector double-DVD d'un point de vue éditorial) ont finalement exactement les même défauts que le film proprement dit. Rien de véritablement mauvais ni même d’ennuyeux, mais un petit côté trop propre sur eux qui peut vite se révéler agaçant. Appuyé par l’introduction d’Eastwood, les souvenirs du romancier (et fils de l’un des héros du métrage), des bios attendries accompagnée des commentaires des acteurs sur leurs personnages respectif, ce second disque pourrait presque faire office d’oraison funèbre, une impression encore décuplée par le visionnage du documentaire "Un regard sur le passé", leçon d'histoire entièrement constituée d'images d'archives (dont la véritable montée du drapeau). Les cinéphiles pourront se rattraper sur quelques instantanés de tournage permettant d’observer le maître au travail, ou sur une petite featurette revenant avec pertinence sur la confection des effets spéciaux. Il ne reste plus qu'à espérer que cette édition en demi-teinte soit largement dépassé par celle d’Iwo Jima ; encore une fois, exactement comme le film.

Alexandre Poncet & Nathanaël Bouton-Drouard

  • Introduction de Clint Eastwood
  • Le Livre et le scénario
  • Six Hommes courageux
  • Les coulisses du film
  • Le Drapeau sur l’ile
  • La création des effets visuels
  • Documentaire : un regard sur le passé
  • Bande annonce

- Site Officiel
- Critique Ciné de Lettres d'Iwo Jima

- Test du DVD standard de Mémoires de nos pères

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