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LETTRES D'IWO JIMA (HD-DVD)
Japon / Etats-Unis - 2007

Genre : Guerre
Réalisateur : Clint Eastwood
Scénario : Paul Haggis & Iris Yamashita d'après le livre de Iris Yamashita
Acteurs : Ken Watanabe, Katzunari Ninomiya, Tsuyoshi Ihara, Ryo Kase, Shido Nakamura...
Image : 2.35 16/9 compatible 4/3
Son : Français et Japonais en Dolby Digital 5.1
S-T : Français et divers
Editeur/distrib. : Warner Home Vidéo
Date de sortie : 28 août 2007

Film :
Interactivité :
Technique :

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Synopsis :
Transféré sur l'île d'Iwo Jima en vue d'une bataille imminente contre les marines américains, le général Kuribayashi tente une stratégie révolutionnaire pour sauver ses 40 000 soldats d'une mort certaine. ..
L'Art de la guerre

Brûlot politique de haut rang à peine dissimulé derrières les atours d'un film de guerre pour le moins amer, fustigeant l'héroïsme de bazar et questionnant l'identité même du peuple américain, Mémoires de nos pères avait laissé quelques fans du grand Clint sur le carreau, non pas pour sa pertinence à toute épreuve, mais plutôt pour quelques soi-disant maladresses artistiques.

Le planter du drapeau sur le Mont Suribachi, une séquence clef menée de main de maître par EastwoodMais voilà, au-delà de l'exploitation tardive d'un genre surcodifié (surtout depuis Il faut sauver le Soldat Ryan de Steven Spielberg, ici producteur), le projet d'Eastwood dépassait de très loin toute évaluation pragmatique. Second opus d'un dyptique unique dans l'histoire du cinéma, Lettres d'Iwo Jima s'impose ainsi comme une double-révélation, justifiant d'une part l'ensemble des choix de son prédécesseur et livrant d'autre part une tragédie guerrière parmi les plus belles, les plus émouvantes et les plus profondes que le Septième Art ait vu, à mi-chemin entre La Ligne rouge de Terrence Malick et le légendaire Kagemusha d'Akira Kurosawa.

Au-delà des influences

Un repas de propagande qui va plonger les trois marines dans de tristes réminiscencesLa marque de ces deux cinéastes imprègne d'ailleurs Lettres d'Iwo Jima, et ce dès son premier acte. D'un usage quasi-métaphysique de la voix-off à une photographie tantôt omnisciente et résignée (plans larges à tomber à la renverse), tantôt intérieure et terrifiée des combats (attendez-vous à des caméras à l'épaule comme vous n'en avez jamais vues), Eastwood puise le meilleur de ses références et impose peu à peu son célèbre style, se payant le luxe d'égaler son maître nippon tant dans la grâce et la noblesse de sa direction d'acteur que par le génie de sa structure et sa gestion incroyable d'une infinité d'enjeux dramatiques. Bouleversant, d'une noirceur apocalyptique lorsqu'il vient à capter à la volée le hara-kiri d'une unité confrontée à sa défaite, en apesanteur lorsqu'il scrute, a posteriori, le quotidien d'un Japon gangréné par la propagande et l'effort de guerre, Lettres d'Iwo Jima double enfin la charge politique de son jumeau en s'attaquant cette fois-ci, de l'intérieur s'il vous plaît, au problème de l'occupation.

"Est-ce encore le Japon ?"

Le planter du drapeau sur le Mont Suribachi, une séquence clef menée de main de maître par Eastwood A la manière d'un Rashomon à très grande échelle, captant un événement donné selon plusieurs points de vue antagonistes, la fresque bicéphale de Clint Eastwood comble intégralement, grâce à cet ultime opus, ses ambitions premières. Oeuvre emprunte d'un humanisme à fleur de peau, Lettres d'Iwo Jima se concentre moins sur les causes du combat que sur ses ramifications, s'attarde moins sur les blessures que sur les cicatrices, joue volontiers d'éllipses pour mieux souligner encore l'absurdité d'un conflit où, dans des circonstances autres, des belligérents auraient pu devenir amis. Ce conflt, en s'enfermant dans les roches brûlées d'une île sans repère, sorte de planète tout juste née d'un big bang pétaradant, relève autant du récit historique que de l'anticipation. Glaçante, la mise en garde de Clint s'adresse à tous les hommes, et achève de faire de Lettres d'Iwo Jima un film important, à un degré peu commun dans l'histoire du cinématographe.

Alexandre Poncet





Image :
Sortant de la photographie inégale de Mémoires de nos pères (certaines scènes trahissaient un peu trop leur étalonnage numérique), Tom Stern s'est relevé au plus haut niveau pour Lettres d'Iwo Jima, renouant avec le monochrome et les contrastes appuyés de Million Dollar Baby. Le résultat, au format HD-DVD, est quasi-identique à l'expérience en salles, avec des nuances extrêmement subtiles entre les teintes, une profondeur de champ inouïe, une diffusion tout en douceur des effets météorologiques (brume, fumée, sensation de froid, etc.) et un niveau de détail frappant, surtout au niveau des visages. Un grand moment de cinéma, qui montre toute la valeur des nouveaux formats haute-définition.

Son
Après avoir assuré la composition de Mémoires de nos pères, Clint Eastwood a confié celle de Lettres d'Iwo Jima à son fils Kyle, dont le style lancinant et vaporeux se marie brillamment aux images du film. Entre piano gracile et nappes de cordes hypnotiques, le score donne le ton de la partie sonore du HD-DVD, les divers bruitages (explosions, grondement, bourdonnement, tirs de fusils) ne jouant ici qu'un rôle de contre-point. Si l'on peut regretter l'absence d'une piste True HD ou d'un PCM, le résultat, compressé en un superbe Dolby Digital 5.1 Plus, est sensationnel. Oubliez toutefois la version française, dont l'existence même est blasphématoire.

Interactivité :
Ce qui ressort le plus du collector HD-DVD de Lettres d'Iwo Jima, dont le contenu reprend à l'identique celui du double-DVD, c'est le respect de l'équipe entière envers les combattants japonais et, plus généralement, vis-à-vis de la philosophie nippone. Tout en s'étendant sur des aspects foncièrement techniques du métrage (création des costumes et des décors, partis pris photographiques), les documentaires renvoient systématiquement à la fascination d'Eastwood pour l'île et ses habitants, dont il essaie clairement, tout au long du film, de décrypter le mode de pensée. A ce titre, outre deux jolies featurettes sur le tournage et les acteurs, le reportage consacré à la Première mondiale à Tokyo se montre on ne peut plus touchant, le cinéaste présentant, humble et attendri, l'oeuvre à une foule de dix mille spectateurs nippons. La conférence de presse japonaise, enregistrée au lendemain de l'évènement, vaut également son pesant d'or.

  • Making of (20')
  • Les acteurs (19')
  • Montage de photographies (3')
  • La Première mondiale à Tokyo (15')
  • Conférence de presse à Tokyo (20')


- Dossier Clint Eastwood sur Cinextenso
- Critique de Mémoires de nos pères
- Test du HD-DVD de Mémoires de nos pères

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