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EVIL DEAD II
Zone 2 - 2 disques - USA - 1987

Genre : cartoon gore
Réalisateur : Sam Raimi
Acteurs : Bruce Cambpell, Sarah Berry, Dan Hicks, Denise Bixler
Durée :
81 mn
Image : 1.85 16/9 compatible 4/3
Son : anglais en Dolby Digital 5.1 et 2.0, français en Dolby Digital 5.1 et mono.
S-T : français
Editeur/distrib. :
Studio Canal
Date de sortie : disponible

Film :
Interactivité / technique :

Synopsis :
Venu passer un week-end en amoureux dans une cabane abandonnée au fond des bois, un homme devra faire face à une entité démoniaque capable de posséder le corps des êtres humains et de les transformer en monstres malfaisants.

Dead By Dawn

Tout cinéphile qui se respecte s’est sans doute posé un jour la question : et s’il ne devait en rester qu’un ? Si le monde devait disparaître alentour, et le paysage se conclure aux rives d’une île déserte, quel film nous y accompagnerait ? Qu’est-ce qu’une île déserte après tout, sinon une vallée où terreurs primales, vide et solitude viennent hanter l’exilé qui en a pris possession ? Ne pourrait-on pas dès lors exorciser le mal à la source ?

Une fois le groupe électrogène en place, l’écran scintillant et l’ampli prêt à percer la nature environnante de ses furieux décibels, une projection régulière d’Evil Dead II apparaît comme le rituel le plus efficace pour admettre l’existence d’un pire isolement. C’est un fait, le cinéma n’aura jamais torturé un personnage autant que Sam Raimi son héros. On peut choisir de rire aux pitreries qui caractérisent ce « second » épisode d’une trilogie dénuée de toute continuité narrative. Impossible même de ne pas sombrer dans un fou rire à la vue de gags invraisemblables : d’une main tranchée narguant son propriétaire, d’un œil fendant l’air pour se loger dans la gorge d’une malheureuse victime ou d’une demoiselle fredonnant une berceuse à une sorcière au cou de girafe. Dans le registre du non-sens et de l’hommage 3-Stoogien, Evil Dead II est un cas d’école. La pellicule n’en dégage pas moins une démence rare, presque communicative, transcendée par trois bobines dédiées en ouverture aux périples solitaires de ce pauvre Ash.

Trente-six plans. Il n’en faut pas plus à Sam Raimi pour introduire ce qui s’imposera au fil des ans comme l’une des expériences les plus extrêmes du cinéma claustro. Dans les limites de ce montage calculé au millimètre et ne laissant au spectateur aucune porte de sortie, le cinéaste parvient à exposer en prologue l’essence de sa mythologie ; quadriller l’espace réduit qui abritera l’action ; partager l’intimité d’un jeune couple ; introduire des éléments fondamentaux de l’intrigue (la maison, la danse, le piano, le médaillon) ; et même, via une incroyable construction scénique en trois temps, réveiller les morts. Trente-six plans pour effacer un à un les repères quotidiens du public ; quatre minutes et cinquante-sept secondes pour que le wagon n’atteigne le sommet de la côte, et que le gérant du parc ne décide de lancer la longue apogée de ses montagnes russes, qui ne prendront fin qu’une heure vingt plus tard.

Contraint de décapiter sa femme possédée en pleine forêt, un homme se réfugie dans une cabane hantée, celle-là même qu’il avait choisie comme décor à un week-end amoureux. Seul face à l’inconnu, Ash tente de s’échapper sans trouver d’issue ; est assailli par la tête de sa dulcinée tandis que son corps décrépi se dandine près d’une sépulture improvisée ; doit essuyer les affronts d’un spectre logé dans sa propre main droite, qu’il amputera au ras du poignée lors d’une libération imprégnée de douleur… Lorsque tout semble se dissiper, s’éclaircir, Raimi décide de resserrer l’étau, restreignant un peu plus à chaque seconde Ash dans ses mouvements. Littéralement collé à son fauteuil au réveil d’un cauchemar ou provisoirement zombifié par un démon blagueur, le personnage manquera de peu de sombrer dans la folie, avant que l’arrivée de nouveaux hôtes imprudents, a priori bienvenus, ne décuple en fait l’étendue de ses misères. A côté, un ciel bleu, des espaces verts et l’océan à perte de vue ne seraient pas pour nous déplaire.

Alexandre Poncet





Image :
Le master a été débarrassé des plus infimes scories. Résultat, l'image est d'une propreté virginale qui tranche avec le souvenir que beaucoup gardent de la VHS usée jusqu'à la corde qu'ils allaient louer une fois par mois au vidéo club du coin. La définition est exemplaire, les contours sont précis, et les couleurs sont admirablement gérées, tout comme les contrastes. Aucune dénaturation de l'image, le grain originel est bien présent. Bien sûr, certains plans à effets spéciaux ou blue screen sont moins "présentables", mais rien que de très normal. En fait, le seul bémol à émettre concerne la compression, pas toujours parfaite, qui rend les arrières plans parfois aussi actifs qu'une fourmilière en ébullition. Au début du film, certains visages sont également instables. Mais tout de même, un joli boulot offrant un plaisir de visionnage certain.

Son
4 pistes sont proposées : VO en 2.0 et DD 5.1, et VF en 1.0 et DD 5.1. D'une manière générale, les encodages français sont bien moins dynamiques, mais offrent des dialogues plus clairs et mieux détachés (de plus, la VF est assez jouissive, ce qui ne gâche rien). Cette comparaison est aussi bien valable pour les pistes stéréo que pour les DD 5.1. Pour ces dernières, si les dialogues de la piste VO sont assez étouffés, les effets sont bien plus efficaces. Il n'y a qu'à comparer les 2 pistes 5.1 lors de la scène où l'esprit invisible du père se déplace dans la pièce (45ème minute) : sur la VO, le son évolue réellement d'avant en arrière ou en diagonale : impressionnant. Sur la VF, l'effet est surtout réparti sur les enceintes avant. Bref, malgré le petit problème de dialogues, notre préférence va directement au mixage 5.1 VO.

Interactivité :
Commentaire audio VOST de Sam Raimi, Bruce Campbell, Scott Spiegel (co-scénariste) et Greg Nicotero (SFX) : Un commentaire (le même que sur le zone 1 Anchor Bay) comme on les aime : fun, bavard et informatif. Les 4 compères éprouvent une réelle délectation à revoir le film ensemble, se marrant à tout bout de champ, se chambrant mutuellement (surtout Raimi et Campbell), racontant anecdotes sur anecdotes, et pointant tous les défauts du film. C'est bien simple, il doit y avoir en tout et pour tout 45 secondes de silence sur la piste ! Après une entrée en matière mémorable ("Sam devait filmer ce logo, n'est-ce pas Sam ?" "C'est exact, ce n'est pas vrai"), on a droit à une fabuleuse imitation du producteur Robert Tapert s'adressant à l'actrice jouant la fiancée de Ash au début du film ("Si tu étais une porte, je te dégonderais")… En revanche, il faut signaler un gros problème de sous-titres : s'il est normal que, vu le débit des 4 lascars, tout ne soit pas retranscrit, les traducteurs ont quelques lacunes en anglais et en cinéma : plusieurs expressions ont été mal interprétées et traduites, et les puristes hurleront lorsqu'ils verront le nom de Tom Savini orthographié "Savigny"…

Making-of (31mn) : Le second disque s'ouvre avec ce making-of qui est plus axé sur les SFX qu'autre chose, puisqu'il est entièrement centré sur une interview de Greg Nicotero, Robert Kurtzman, et Howard Berger, qui fondèrent après Evil Dead II le célèbre studio KNB. Mais l'absence de Raimi est largement compensée par les images de tournage filmées par Nicotero (on apprend d'ailleurs qu'il existe en tout 6 heures de vidéo !), qui montrent aussi bien l'aspect technique des SFX que la décontraction qui régnait sur le plateau (Raimi et Campbell passent leur temps à faire le clown). Mais plus que les images des décilitres de sueur versés par Ted Raimi dans le costume d'Henrietta, que la mise en évidence des erreurs techniques du film (la séquence de l'œil volant où l'on aperçoit la tige et le fil, le plan séquence subjectif où l'on voit clairement le toit du studio, le trou à l'entrejambe dans le costume d'Henrietta), ou que la présence du gant de Freddy dans l'atelier, on appréciera les images de scènes coupées : un démembrement à la tronçonneuse et Ash possédé dévorant un écureuil. Au final, un supplément réellement passionnant.

Emission TV sur Sam Raimi (27mn) : Datant de 88, cette émission de télé anglaise offre un excellent portrait de Raimi, entrecoupé d'interviews du bonhomme et de ses collaborateurs (Campbell, Spiegel…) et d'images de tournage d'Intruder, le film du co-scénariste d'Evil Dead II où Raimi et Campbell tenaient des petits rôles. Le metteur en scène de Spider-Man y explique sa philosophie cinématographique (divertir avant tout) et revient sur ses débuts, sa carrière, parle de l'épreuve que fût le tournage de Mort sur le grill… Un réel bonheur, aussi divertissant qu'instructif. Dans la rubrique dédiée à Raimi, outre ce doc figurent une filmographie et une biographie.

Interview de Bruce Campbell (23mn) : Une interview spécialement réalisée pour cette édition, où un Bruce Campbell toujours aussi relax revient sur le tournage du film, sa relation légèrement "physique" avec Raimi, et sur ce que la trilogie des Evil Dead lui a apporté. Il narre entre autre sa rencontre avec un jeune homme qui, un jour de dédicace, l'apostrophe d'une façon agressive et lui déclare s'appeler Ash, ce que Campbell entend tous les jours. Sauf que le garçon rétorque "oui, mais moi c'est mon vrai nom, mes parents me l'ont donné après avoir vu votre film"… Enfin, sur l'hypothèse d'un quatrième volet, l'acteur est bien pessimiste et cite Spider-Man comme principal obstacle à la réalisation du projet. Réjouis-toi, Bruce, Sam a très récemment évoqué l'idée d'un nouvel Evil Dead… Comme pour la section sur Raimi, bio et filmo sont de la partie.

Outre la bande-annonce obligatoire figurant sur le premier disque, l'interactivité comporte également de courtes pages de texte sur les autres collaborateurs de Raimi. Si l'on aurait bien aimé voir figurer dans cette édition un portrait plus complet du réalisateur qui prenne en compte les différents tournants cruciaux de sa carrière (Darkman, Un plan simple, Spider-Man), on ne peut que se réjouir de la variété et de la qualité des bonus de ce double DVD tout bonnement indispensable, d'autant plus que le packaging en fait un objet de bon goût qui fera forte impression lors de vos réceptions mondaines.

Laurent Duroche

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  • DISQUE 1 :
  • commentaire audio VOST de Sam Raimi, Bruce Campbell, Scott Spiegel (co-scénariste) et Greg Nicotero (SFX)
  • bande-annonce
  • DISQUE 1 :
  • making-of (31mn)
  • emission TV sur Sam Raimi (27mn)
  • interview de Bruce Campbell (23mn)
  • biographies
  • filmographies

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