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LES DUELLISTES
Zone 2 - 1 disque - USA - 1978

Genre : Drame historique
Réalisateur : Ridley Scott
Acteurs : Keith Carradine, Harvey Keitel
Durée :
100 mn
Image : 1.85 16/9 compatible 4/3
Son : Anglais Dolby Digital 5.1, Français, Allemand, Espagnol et Italien Dolby Surround 2.0
S-T : Français, anglais, allemands, espagnols, italiens, danois, norvégiens, suédois, hollandais
Editeur/distrib. :
Paramount
Date de sortie : Disponible

Film :
Interactivité / technique :

Synopsis :
En plein Empire napoléonien, le capitaine D’Hubert est chargé de mettre aux arrêts son homologue Féraud, qu’un sens de l’honneur un peu trop aiguisé a convaincu d’embrocher en duel le neveu du maire de Strasbourg. Passant sa haine sur le messager de la sentence, Féraud attaque D’Hubert, une première confrontation qui se soldera par un match nul. Obsédé à l’idée de régler son « différend », Féraud passera les quinze années suivantes à provoquer D’Hubert, l’emprisonnant dès lors dans sa conception tragiquement ironique de l’honneur.

Lames de fond

Plus qu’un ! Lorsque Blade Runner daignera enfin sortir (annoncé depuis près de cinq ans, le collector devrait voir le jour cette année), nous serons en possession de toutes les réussites de Ridley Scott. Car si l’on exclura volontiers GI Jane ou Hannibal de ce cercle privilégié, Les Duellistes est bel et bien à ranger aux côtés de Alien, Legend et consort.

Les premiers films reflètent généralement une envie irrépressible chez leur auteur, soit de marquer le Septième Art de leur emprunte en faisant valser aux quatre vents les règles les plus antiques de la dramaturgie et du cinématographe (non, M. Bay, vous ne pouvez pas aligner soixante plans par minutes pendant plus de deux heures), soit au contraire d’intégrer l’industrie en tournant l’œuvre la plus neutre et la plus « appliquée » possible (non, M. Ratner, vous ne pouvez pas illustrer un scénario uniquement en champs / contre-champs avec vos acteurs au milieu du scope !). La majesté des Duellistes est ainsi d’autant plus rare qu’elle échappe à chacune de ces catégories, Scott ayant simplement pris la peine 1°/ de lire et comprendre son script et 2°/ de le mettre en scène, en traduisant par l’image ses enjeux narratifs et humains.

Prison de fer
Aussi vaste soit-il, prétexte à de grandes batailles et une avalanche de points de vue, le contexte des Duellistes n’égare pas Ridley Scott. Si, bien que nanti de 900 000 malheureux dollars, il fait passer son métrage pour dix fois plus coûteux, le cinéaste ne trahit à aucun moment une ligne de conduite rigoureuse et longuement réfléchie, nourrie par la nature même de l’intrigue. Féraud est effectivement en captivité, esclave de l’univers barbare de son éternel opposant. Happé par une tempête qu’il ne peut calmer, il lui sacrifie, passif, un quart de son existence et ses moindres espoirs de quiétude. C’est bien par ses yeux que l’objectif capte les événements. Bannissant tout travelling, donc toute liberté de mouvement, de son vocabulaire (excepté un plan suivant l’avancée de D’Hubert vers un de ses supérieurs et traduisant enfin une lueur d’espoir), Scott opte pour une illustration du drame en deux dimensions. Comme échappé d’une peinture, le cadre ne laisse guère de place au hors champs. Nombreux et interminables, des zooms s’attardent sur certains environnements, certains visages. D’Hubert aimerait les atteindre mais ses jambes sont figées. L’ironie de la mise en scène veut alors que les seuls instants de liberté soient les duels eux-mêmes, perçus à l’épaule pour mieux signifier toute la volonté du héros de mettre fin à cet enfer (une nouvelle fois, on exceptera le second affrontement, aussi statique et passif que le protagoniste).
Mûrs et pertinents, les partis pris narratifs des Duellistes convergeront en un plan final bouleversant (voir ci-contre), sans doute l’un des plus beaux travellings compensés (l’arrière plan s’éloigne tandis que l’on s’approche d’un personnage au premier plan, un effet obtenu en mêlant à un zoom son travelling contraire) de l’histoire du cinéma. Une image qui permettra à Scott d’effacer littéralement l’un des protagonistes de la réalité de l’autre, avec une humilité et une sobriété forçant la plus sincère admiration.

Alexandre Poncet


 

Image :
Paramount n’est pas réputé pour la qualité technique et la pertinence éditoriale de ses DVD, et il nous faut pourtant applaudir aujourd’hui les efforts apportés à la conception de ce collector. Techniquement, Les Duellistes a fait l’objet d’un travail de restauration bien supérieur à nombre de ses contemporains. Sans être parfaite, l’image ne souffre que d’une poignée de taches intempestives, ce qui n’enlève rien à la majesté du panoramique. C'est bien simple, le film n'avait jamais été présenté dans ces conditions depuis sa sortie en salles en 1978 !

Son :
Présentée en 5.1, la piste anglaise s’avère, comme d’habitude, bien plus percutante que ses consœurs, mais celles-ci ont au moins le mérite de présenter un mixage sonore d’époque. Les puristes pleureront donc sur l'absence d'une VO 2.0, ce qui n'effraiera sans doute pas les autres.

Interactivité :

Commentaire audio de Ridley Scott
Ridley Scott est l’un des cinéastes les plus doués dans l'exercice périlleux du commentaire audio, et il le prouve une nouvelle fois à l'occasion des Duellistes. Riche en anecdotes, en analyses scéniques complexes et en précisions techniques précieuses sans que jamais l’auditeur ne soit perdu dans quelque malheureuse digression, son discours s’oriente énormément sur l’influence qu’a eu sa carrière publicitaire (un bon millier de spots avant le premier long métrage !) sur ses films. Passionnant jusqu'à la dernière vibration du micro.

Interview de Ridley Scott par Kevin Reynolds (29mn)
Fervent admirateur de l’œuvre, à laquelle il tira son chapeau entre les images de Robin des Bois et du Comte de Monté Cristo, Kevin Reynolds trépigne d’excitation à l’idée de s’entretenir une demi heure durant avec son idole Ridley Scott. Drôle, riche et passionnée, leur échange apporte bien vite davantage d’informations sur la genèse et le tournage du film que beaucoup de making of présentés comme tels. Un complément idéal au commentaire audio.

Court-métrage "Boy & Bicycle" (26mn)
Le bonus le plus précieux de cette édition est sans nul doute Boy & Bicycle, le premier court métrage de Ridley Scott. Mettant en scène une journée d’école buissonnière de son frère Tony, Scott y dévoile déjà sa passion du décor, qu’il s’agisse de l’océan de 1492 et Lame de Fond ou des usines de Blade Runner. Mené par les pensées vagabondes d’une voix off monocorde, le film confère à une petite ville d’Angleterre des allures de no man’s land crépusculaire, où un jeune homme tente tant bien que mal de savourer quelques instants de liberté. On savait les frères Scott obsédés par l’enfermement (il n’y a qu’à voir les films récents de Tony), et il nous faut admettre à la vue de ce court que cette peur viscérale ne date vraiment pas d’hier.

Galeries de photos, storyboards et bande-annonce :
Comme leur nom l'indique... A noter que, à l'instar de tous ses films suivants, les storyboards ont été crayonnés par Ridley Scott lui-même.

Alexandre Poncet


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  • Disque 1 :
  • Commentaire audio de Ridley Scott
  • Commentaire audio de Howard Blake
  • Interview de Ridley Scott par Kevin Reynolds (29’10)
  • Court-métrage « Boy & Bicycle » (26’46)
  • Storyboards
  • Galerie de photos
  • Bande-annonce

- Site sur Ridley Scott

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