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Si l'on excepte les déjà confirmés Samuel L. Jackson et Jamie Bell (cf. ses prestations majestueuses dans Billy Elliott et King Kong), les personnalités qui mènent ce Jumper font l'objet d'un questionnement réel de la part des cinéphiles.
Hayden Christensen déjà, aperçu pour la première fois dans L'Antre de la folie de tonton Carpenter, plus que correct dans Virgin Suicides et La Maison sur l'océan et carrément nul (George Lucas n'y est sans doute pas pour rien) dans Star Wars Episodes II & III, continue sa carrière en dent de scie. Malheureusement, c'est un peu le creux de la vague dans lequel il échoue ici, son interprétation se montrant incapable d'embrasser l'exceptionnel potentiel de son personnage. Il faut dire que le script lui impose des motivations dignes d'un bien mielleux soap opera, et que sa partenaire féminine à l'écran constitue sans doute l'une des plus belles erreurs de casting de la décennie. Dans sa caractérisation, Jumper commence donc assez mal. Mais le pire, hélas, est ailleurs.
Vu à la TV !
Doug Liman, réalisateur efficace de Go et La Mémoire dans la peau, et tâcheron satisfait à l'origine de Mr. & Mrs Smith, fait lui aussi preuve d'un manque flagrant d'implication, alors même qu'il occupe de surcroît le siège de producteur. Succession assez paresseuse d'images superficiellement liées les unes aux autres (la gestion de l'espace est calamiteuse, et le cadre se montre incapable d'iconiser ses héros), Jumper sombre dans la plupart de ses séquences d'action dans la facilité de la "Shaky Cam", faux raccords et musique ridicule de John Powell (ce n'est pourtant pas son habitude) à la clef. Seules quelques séquences parviennent visuellement à étonner, aidées par les prouesses technologiques de Weta (la course en voiture dans le centre ville, la poursuite entre les deux jumpers à travers une dizaine de pays) mais celles-ci s'appuient sur des enjeux tellement flous, voire inexistants, qu'on finit très vite par s'apercevoir de l'aspect vain de l'entreprise. Sorte de pilote de série TV de luxe (ça fonctionne donc sur un petit écran), Jumper est loin de remplir son contrat de blockbuster ciné du samedi soir.
Alexandre Poncet |