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Image :
Les couleurs les plus
pures, telles que le blanc ou le noir, ne sont paradoxalement pas
les plus faciles à respecter en DVD et Blu-Ray, le contraste et la luminosité
qu'ils impliquent trahissant bien souvent une compression hasardeuse
ou des défauts de pellicule épuisants. Si la première
copie de Fargo, sortie il y a quelques années, pouvait subir
ces attaques, on n'osera jouer aux mécontents devant la présente
galette, qui reprend le master de 2003 et bénéficie, bien sûr, du niveau de détail que l'on peut attendre d'un Blu-Ray. Si ce collector n'est pas exempt de petits écarts
(quelques taches ici et là), la splendeur des étendues
enneigées du Minnesota n'a jamais autant éclaté
depuis la sortie du film en salles ! Son
Les amateurs de 5.1 qui dépotent
en seront pour leurs frais : le mixage sonore de Fargo, intelligent
dans tous ses choix, respecte l'adage du film : la simplicité,
l'efficacité et une illusion de vérité avant
le spectaculaire. Sobre et brillantes en plus de faire honneur à
la splendide composition de Carter Burwell, les pistes sonores (VO
comme VF, c'est assez rare pour être précisé
!) remplissent parfaitement leur rôle, qu'elles soient labellisées DTS Master Audio ou DTS.
Interactivité :
A l'annonce de la sortie de la réédition
de Fargo de 2003, dont ce Blu-Ray reprend l'intégralité des bonus, et considérant leur participation active
au DVD de The Barber, on espérait que les Coen daignent réapparaître
sous les feux des projecteurs et donner aux admirateurs que nous
sommes quelques leçons de cinéma. Cette attente n'aura
été que partiellement comblée par ce collector.
Oui, effectivement, les suppléments donnent la parole aux
deux frères qui tentent, à la demande générale,
de définir clairement leur style et évoquent (timidement)
la genèse de leur sixième long-métrage.
Timide,
tel est le mot. Davantage concentré sur les propos des acteurs
(dont une Frances McDormand bien plus bavarde que son mari Joel Coen),
le making of " Minnesota Nice " souligne la gêne
des deux auteurs, dont le regard fuyant traduit soit une modestie
impressionnante, soit une réticence à laisser l'objectif
adverse sonder les tréfonds de leurs pensées. Car
il faut bien l'admettre : plus que tout autre vérité,
cette édition collector se fait messager de l'impénétrabilité
de leur univers personnel. Certes instructif et riche enanecdotes
(émanant des acteurs bien entendu), le documentaire parvient
à décrédibiliser totalement, via l'aveu d'un
mensonge, la longue interview accordée en 1996 par les deux
cinéastes, qui prétendaient alors avoir tiré
l'histoire de Fargo d'événements authentiques.
Ce refus catégorique de s'exposer ou de faciliter l'appréhension
d'uvres qui se suffisent de toute façon à elles-mêmes
n'est ni nouveau, ni totalement répréhensible. Après
tout, les Coen s'étaient déjà amusés
à parasiter le commentaire audio de The Barber avec
force private jokes et digressions totalement imperméables,
laissant finalement Billy Bob Thornton évoquer seul l'expérience
du tournage. Dans une industrie numérique qui tend à
noyer le film dans des flots interactifs pour la plupart dispensables,
la position des deux frères n'est peut-être pas si
préjudiciable
Documentaire
"Minnesota Nice" (28mn) : Réalisé par
Jeffrey Schwarz (auteur des suppléments de Robocop,
Hollow Man et du collector zone 1 de Starship Troopers),
le documentaire " Minnesota Nice " représente le
supplément le plus intéressant de cette édition.
Sur une durée de 28 minutes, les images de tournage affluent,
entrecoupées de nombreux témoignages. On notera surtout
les anecdotes de Frances McDormand (" il existe un rire Coen,
une espèce de gloussement qu'ils font toujours en même
temps), William H. Macy ou Peter Stormare, ce dernier expliquant
comment il fut contraint par sa compagnie de théâtre
de refuser un rôle de Miller's Crossing. On apprend
enfin qu'une touriste japonaise mourut de froid au Minnesota, pour
avoir désespérément cherché la valise
d'argent enterrée par Buscemi dans le film. Un fait divers
à la bêtise déconcertante, auquel les Coen eux-mêmes
n'auraient pas pensé à mettre dans un script
Interview
des frères Coen (20mn) : Charlie Rose, célèbre
animateur d'une émission de cinéma américaine,
recevait les Coen à l'époque de la sortie du film.
Sans rien nous apprendre de tangible sur la création de Fargo,
ce supplément est intéressant à plus d'un titre,
puisqu'il met en évidence la note d'intention des deux frères,
qui en 1996 n'hésitaient pas à affirmer que leur film
puisait son intrigue dans une histoire vraie (ce que le documentaire
" Minnesota Nice " dément !). Long de vingt minutes,
et jouissant de la présence non négligeable de Frances
McDormand, cet entretien est une clé supplémentaire
à la compréhension de l'esprit Coen ; encore faut
il prendre la peine de chercher à le saisir activement !
Commentaire audio de Richard Deakins : Le directeur
de la photographie, auquel le DVD de The Barber consacrait
une interview de 45 minutes, a l'insigne honneur de commenter Fargo.
Hélas, son récit se résume le plus souvent
à des considérations techniques, lorsqu'il ne se souvient
plus tout simplement comment s'est déroulé le tournage
d'une scène précise. Une déception, même
si Deakins n'a rien, mais alors vraiment rien d'un orateur antipathique.
Option de Pop-Up : Une option à la MTV, apposant
à même l'image des textes, anecdotes, récits
ou sondages plus ou moins en relation avec un détail ou une
séquence du film. Cette option est ici dispensable, puisqu'elle
se résume le plus souvent à recopier la filmographie
d'un acteur, ou à montrer que le métier de vendeur
de voiture est le plus mal vu au monde. N'attendez vraiment pas
qu'on vous renseigne sur la création du film.
L'arbre généalogique des frères Coen
: Un supplément sympathique, qui dresse une filmographie
sélective (uniquement les projets communs) de tous les collaborateurs
de frères Coen depuis leurs débuts. Le fan n'apprendra
cependant pas grand chose, sinon rien.
Article American Cinematographer : Un article (présenté
en pages de texte donc) paru en 1996 dans la revue American Cinematographer,
consacré à la collaboration entre les frères
Coen et leur directeur de la photographie Roger Deakins. Les détails
techniques affluent et réservent ce supplément aux
chefs opérateurs en devenir.
Galerie de photos du tournage : Comme son nom l'indique,
une succession de clichés pris lors du tournage de Fargo,
essentiellement des frères Coen. Petit détail : il
s'agit d'un montage de photos (qui se succèdent à
un rythme soutenu), et nom d'une liste interactive.
Bandes-annonces et Spots TV : Un premier trailer
très hollywoodien (musique en trombe, des morts partout)
de 2', un second beaucoup plus dans l'esprit des Coen (rutpures
de ton, rythme lent, musique de Burwell) de 1'55, puis un Spot TV
dans la lignée du second trailer (28 secondes).
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