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LA LEGENDE DE BEOWULF (BLU-RAY)
USA - 2007
Genre : Epopée
Réalisateur : Robert Zemeckis
Acteurs : Ray Winstone, Robin Wright Penn, Anthony Hopkins, Angelina Jolie, Crispin Glover...
Musique : Alan Silvestri
Durée : 130 mn
Image : 2.35 16/9 compatible 4/3
Son : Anglais en True HD et Français en DD 5.1
S-T : français et divers
Editeur/distrib. : Warner
Date de sortie : 28 mai 2008
Film :     
Technique :      
Interactivité :      
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bande-annonce |
Synopsis
:
Un jeune guerrier Viking est couronné après avoir sauvé un royaume d'un monstre sanguinaire. Mais la mère de la créature est bien décidée à prendre sa revanche, condamnant Beowulf à un destin tragique... |
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Robert Zemeckis est un cinéaste à part dans le paysage hollywoodien, tant son oeuvre est mue par des ambitions singulières. Après le parfois virtuose et souvent insupportable Pôle Express, La Légende de Beowulf appuie cet état de fait, mais a cette fois-ci le mérite de s'appuyer sur des fondations narratives solides.
Depuis la fin des années 1980, Zemeckis ne jure plus que par un cinéma de pionnier. Après le mariage du film live et de l'animation traditionnelle (Qui veut la peau de Roger Rabbit ?), le tournage simultané de deux suites (Retour vers le futur 2 & 3), la déformation physique des acteurs sans effets apparents (La Mort vous va si bien), l'intrusion d'un personnage dans l'imagerie de l'histoire américaine (Forrest Gump) ou encore l'amaigrissement en temps réel d'un interprète (Seul au monde), le cinéaste a trouvé en la Performance Capture son nouveau jouet, et il semblerait bien qu'il ne l'abandonnera que lorsque le rendu sera considéré comme photoréaliste par les ingénieurs de la Nasa. Cet effort technologique constant (même Contact et le navrant Apparences regorgent de plans en principe impossibles à réaliser, jouant comme à l'habitude du bonhomme sur le principe du miroir) est tout à l'honneur de Zemeckis, mais une telle approche ne suffit pas à servir avec honnêteté et passion le médium cinéma. Ainsi Le Pôle Express, première tentative du bonhomme dans le registre de la capture de mouvements, semblait tellement pensé en termes technologiques, s'approchant souvent d'une attraction révolutionnaire, qu'il oubliait ce qu'impliquait réellement le Septième Art : un point de vue, des personnages, des enjeux dramatiques, une émotion. Même s'il s'en défendra sans doute, trop fier de l'avancée technique que représentait en son temps le projet, Zemeckis a indubitablement médité sur ces erreurs de "jeunesse", cherchant à baser son second opus numérique sur un concept accrocheur.
Le Crépuscule des héros
Ce concept fantasmatique qui lui permettrait de démontrer son avance sur son temps tout en récoltant des lauriers artistiques qui lui passent sous le nez depuis trop longtemps, Zemeckis le trouve dans le scénario de Roger Avary et Neil Gaiman inspiré de Beowulf, poème séminal de la littérature anglosaxonne. Un script tellement puissant que le cinéaste attaque l'entreprise avec l'audace d'un conquérant, s'efforçant de creuser jusqu'aux abysses le potentiel graphique de l'aventure. A l'écran, La Légende de Beowulf déverse donc un imaginaire grandiose comme peu de longs-métrages en avaient effleuré auparavant, imaginaire dont Zemeckis assure la cohésion et la véracité en multipliant les plans-séquences virtuoses et en jouant intelligemment du rapport entre l'avant et l'arrière plan (le film fut également distribué en IMAX 3D, ceci explique cela). Un traitement plus qu'idéal pour le texte de Gaiman et Avary, qui démontre le pouvoir d'autodestruction de l'ego masculin (jusque dans un combat contre un monstre où Beowulf, nu comme un ver, se voit castré à l'image par des constructions de plans audacieuses de Zemeckis) et décrit les dernières heures de l'héroïsme pur, avant l'avènement des religions modernes et de leurs prophètes rassembleurs. Une bien belle tragédie, donc, émotionnellement chargée et épique à n'en plus pouvoir, qui a de quoi réconcilier Robert Zemeckis avec ses détracteurs les plus mordants. Jusqu'à la prochaine fois ?
Alexandre Poncet |
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Image :
L'image de ce Blu-Ray est, à l'instar du HD-DVD américain, tout bonnement prodigieuse, reproduisant avec une fidélité de tous les instants l'aspect baroque du métrage. Les couleurs sont flamboyantes et d'une richesse ébourriffante, les contrastes profonds et les contours sont d'une précision digne de ce que l'on est en droit d'attendre de la haute définition. Les effets de relief hérités du procédé stéréoscopique 3D utilisé pour la projection en IMAX sont également saisissants. Transférée directement de la source numérique, la copie de Beowulf est au cinéma d'animation ce que I, Robot est au film live : une démonstration de perfection technologique apte à convaincre le cinéphile le plus perplexe de la viabilité artistique du support.
Son
Si la piste DD 5.1 française se défend honorablement, avec un rendu similaire à l'excellent DVD, le True HD anglais se montre particulièrement détonnant. La subtilité du mixage salle est ici majestueusement rendue (le long plan-séquence aérien jusqu'à l'antre de Grendel est particulièrement enveloppant, de même que l'exploration de la caverne), tandis que la partition chorale d'Alan Silvestri explose de toute sa fureur, défiant régulièrement le caisson de basse. Du très grand spectacle, épique et magistral.
Interactivité :
Si le HD-DVD produit par Paramount aux Etats-Unis n'avait pas crevé tous les plafonds au niveau de l'interactivité, offrant par exemple la possibilité de voir en intégralité le tournage avec les acteurs réels grâce à une option de Picture-in-Picture, ce Blu-Ray français concocté par Warner friserait la perfection. Reprenant les trois quarts des bonus américains (le PiP a disparu donc, mais également un documentaire annexe accessible depuis le documentaire principal), le disque souligne la portée technologique du projet, en disséquant le principe de la Performance Capture jusque dans ses plus petits aspects. La disposition des caméras, le regroupement des écrans de contrôle, l'accumulation et le rôle des éclairages infra-rouges, le pourquoi des accessoires en fil de fer, le but des poses en T auxquels les acteurs doivent se prêter en début et en fin de chaque prise, la climatisation obligatoire du plateau pour éviter que la sueur ne vienne décoller les marqueurs... Vous saurez clairement tout du procédé, jusque dans l'approche des cascades (Ray Winstone, hilarant, semble d'ailleurs s'amuser comme à Disneyland, tandis que Robin Wright Penn paraît plus perplexe) et les aspects du "maquillage" des acteurs avant chaque séance de capture de mouvements. Drôle, enlevé et libre de tout effort d'auto-promotion, le making of retrace donc une aventure cinématographique de pionnier et réfute les accusations de paresse adressées à Zemeckis depuis l'annonce du projet, le travail requis par le procédé étant tout simplement titanesque. Cerise sur le gâteau, outre des interventions de Roger Avary et Neil Gaiman, visiblement conquis par le boulot de Zemeckis et des acteurs (Avary avoue d'ailleurs son admiration pour Crispin Glover, qui campe ici Grendel), l'interactivité décrypte l'approche de la mise en scène de Zemeckis, en s'attardant par exemple sur certains outils mis à sa disposition pour retranscrire le plus fidèlement possible sa vision (par exemple une caméra en dur permettant d'intégrer directement le mouvement voulu au sein de l'image numérique). Des featurettes sur le design (travail incroyable de Doug Star Wars Episode One Chiang), les origines du personnage et des scènes coupées à l'état d'animatiques complètent ce programme passionnant en tout point.
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- Director's Cut
- Making of (25')
- Webdocs (22')
- Featurettes (20')
- Scènes coupées (11')
- Bandes-annonces
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