Image :
Ce Blu-Ray tardif, dont la sortie a été repoussée pour profiter de l'exploitation en salles de The Dark Knight, reprend ni plus ni moins la copie du HD-DVD, somme toute excellente en tout point. La colorimétrie, tirant volontiers sur l'ocre, est au diapason, le souci du détail et l'impression de relief sont constants, les contrastes sont puissants et renforcent le travail effectué au niveau des ombres de la photographie... La compression VC-1, elle aussi identique à celle du HD-DVD, est irréprochable, et achève d'imposer Batman Begins parmi les titres les plus impressionnants disponibles sur le support..
Son
Si les pistes Dolby Digital en français et en anglais sont similaires à ce que l'on connaissait déjà au format standard, le Blu-Ray gagne un mixage Dolby TrueHD dans la langue de Shakespeare qui vaut bien tous les DTS du monde. Si l'omniprésence des orchestrations pompières de Hans Zimmer lors des scènes d'action se montre ici d'autant plus handicapante, l'ensemble bénéficie d'une dynamique digne de l'expérience en salles, avec une spatialisation impeccable et des bruitages tonitruants.
Interactivité :
Menus : Ne cherchez pas
de commentaire audio au menu de Batman Begins,
il n'y en a aucun. Un parti pris étonnant pour Christopher
Nolan, qui nous avait habitués à quelques expérimentations
éditoriales fortes avec les DVD de Memento (montage inversé
du film) et Insomnia (commentaire audio suivant analysant le film
selon la chronologie du tournage). Reste une idée intéressante
dans Batman Begins : la navigation entre les suppléments
se fait au sein d'un comic book inédit reproduisant aucrayon quelques scènes marquantes du film. Les plus pressés
devront hélas tourner systématiquement chaque page
manuellement, le menu de lancement rapide n'ayant été
inclus par l'éditeur qu'à la fin.
Option In-Movie-Experience (EXCLUSIVITE HD-DVD & BLU-RAY Profile 1.1) : Batman Begins fut l'un des premiers HD-DVD disponibles à travers le monde, et servit un peu de terrain d'expérimentation aux éditorialistes de Warner. Si la liste des suppléments (voir ci-dessous) reprenait sagement le contenu du DVD standard, l'option IME permettait pour la toute première fois de bénéficier d'un commentaire visuelle, des images de coulisses se voyant diffusées en surimpression du film au cours du visionnage. Le Blu-Ray reprend aujourd'hui le supplément intact, soit une sorte de documentaire XXL assez passionnant, quoique parfois handicapé par des silences un peu trop longs.
Batman - L'Aventure commence (14'17)
: Première featurette accessible dans ce joyeux
bazar, "L'Aventure commence" ouvre les hostilités
sous la forme classique d'une rétrospective sur la genèse
du projet. De l'entrée dans l'arène de Christopher
Nolan (qui s'est présenté à Warner de lui-même,
et non l'inverse) à l'arrivée en scène de David
Goyer (qui devra jongler avec le planning de Blade Trinity),
de l'écriture en secret du script dans le garage de Nolan
à l'embauche de Christian Bale (amaigri par The Machinist,
l'acteur reprendra jusqu'à peser 100 kg, avant de se stabiliser
à 80 pour le rôle), le documentaire s'apparente par
moments à de l'autopromotion, notamment lorsqu'il énumère
les "grands" seconds rôles sans vraiment entrer
dans les détails. Un petit bonus caché d'une minute
trente en rajoutera dans l'inintéressant, laissant Goyer
se remémorer avec émotion ses repas quotidiens avec
Nolan dans un restaurant du coin, tandis que les fans guettaient
chacun de leurs faits et gestes...
La
Cape et le Masque (8'18) : On aurait aimé
en savoir plus sur les influences précises de Nolan et Goyer,
mais le disque embraye sans crier gare sur une featurette technique,
nous offrant un regard en coulisse de la création du costume.
Un module tout ce qu'il a de plus convenable, à la fois ludique
et précis (la conception de la mousse de latex, la taille
du costume, la caractérisation du masque, la conception de
la cape selon un tissu fait maison, etc.). Entre les lignes, il
est impressionnant de voir à quel point le costume a évolué
depuis le premier film, la palette de mouvements de Christian Bale
étant infiniment plus ample que celles de Keaton, Kilmer
et Clooney.
La Construction de Gotham City (12'49) : On ne peut
plus classique dans sa structure mais très intéressante
dans son discours, cette featurette s'attarde, comme son nom l'indique,
sur l'incroyable effort de design qu'aura nécessité
Gotham, mais aussi sur les techniques impliquées. D'un côté,
des miniatures gigantesques pour donner naissance aux quartiers
les plus pauvres, de l'autre, des plans multi-couches en images
de synthèse préfigurant le travail de WETA sur le
New York de King Kong. Si les effets sont impressionnants
à l'écran, la ville manque hélas de personnalité
et de puissance d'évocation, un comble pour un environnement
thématiquement si important.
Le Chemin de la Découverte (14'04) : Retour
sur le fond de l'adaptation avec ce documentaire consacré
au premier acte du film, tant du point de vue du script que de la
mise en scène. De nombreuses images de Nolan au travail sont
dévoilées, tout comme les répétitions
du combat sur le lac gelé ou l'aménagement des superbes
extérieurs en Islande. Plaisir non négligeable : quasiment
absent du reste de l'interactivité, le grand Liam Neeson
a ici l'occasion de s'étendre sur son expérience de
Batman Begins.
Former
le Corps et l'Esprit (12'50) : LA featurette
qui devrait ravir les amateurs de cascades et d'arts martiaux. Entre
les témoignages de Christian Bale et Liam Neeson sur les
coulisses et leur préparation sous les ordres de Christopher
Nolan et des superviseurs des combats, le module dévoile
la création des chorégraphies selon un tout nouvel
art martial, le Keysi, créé sur vingt ans par deux
frères. Les bases du Keysi sont expliquées en images
et s'avèrent infiniment plus spectaculaires que ce que le
montage épileptique du film daigne nous montrer. D'autre
part, chaque scène de combat est analysée du point
de vue des athèles et des acteurs, du combat au sabre sur
le lac gelé à l'entraînement dans le temple,
en passant par les multiples escarmouches dans les rues puis dans
le métro aérien de Gotham City. Sans doute l'une des
bobines les plus excitantes de l'interactivité.
La Genèse de Batman (14'53) : David Goyer, Christopher
Nolan et une ponte de DC reviennent sur la genèse du projet Batman Begins et leurs principales sources d'inspirations
(notamment "The Long Halloween" et la plupart des comics
des seventies). Si certains comparatifs film / planche originale
tendent à prouver la fidélité absolue du film
de Nolan par rapport aux bandes dessinées, la motivation
première de l'épisode souligne à quel point
ses instigateurs n'ont absolu rien compris à l'essence du
personnage. Si personne n'a jamais raconté dans les moinres
détails la genèse de Batman, c'est parce que le mystère
de Batman tient justement sur cette absence d'informations. Par
ailleurs, on corrigera Nolan en précisant que Batman
contre le Fantôme Masqué de Bruce Timm narrait
déjà les premiers pas du justicier. Le traitement
était juste plus évasif, donc plus efficace.
Le Voltigeur
(13'40) : "Jai voulu réinventer la Batmobile",
annonce d'emblée Christopher Nolan. Loin, très loin
du design élancer d'Anton Furst, le Tank de Nathan Crawley
(2,85m de large, 4,55m de long, 1,50m de haut pour deux bonnes tonnes
de feraille !) est ici disséqué en bonne et due forme,
de son très impressionnante modèle grandeur nature
(la création de l'engin est un exploit, et ses testsen extérieur sont prodigieux à voir) à ses
effets miniatures (les sauts depuis ou vers la batcave). Outre les
renvois à French Connection ('la poursuite est un clin d'oeil),
on retiendra surtout les photographies du garage de Chris Nolan
durant la pré-production, transformé le temps de quelques
mois en véritable école de cinéma, designs
placardés aux murs et tables jonchées de sculptures
à l'appui.
Sauver Gotham (13'01) : Dernière
featurette majeure du second disque, "Sauver Gotham City"
se concentre sur le dernier acte de Batman Begins, des acrobaties
du Dark Knight suspendu au métro aérien aux effets
pratiques nécessités par le climax (fumée,
explosions diverses, etc.). Un documentaire intéressant et
impressionnant (la grande majorité des scènes d'action
a été réalisée en live, sur des plateaux
gigantesques) si l'on passe outre les interviews promos de Katie
Holmes, illuminée de travailler sur un projet aussi complexe.
Annexes : Les plus courageux pourront dénicher
au sein des menus quelques bobines annexes abordant plusieurs sujets,
de l'écriture du script par Goyer et Nolan à la création
de doublures numériques. D'autres modules textuels plongent
le spectateur dans l'univers de Batman, explicitant les accesoires,
le tank, la cape et l'armure de Batman ou proposant un regard plus
approfondi sur les biographies des multiples personnages. On notera
surtout une B-Roll de deux minutes trente environ retraçant
les divers tests de cascades et d'effets pratiques, mettant bien
plus en valeur le travail des artisans que le film lui-même.
Enfin, des galeries de posters permettent d'admirer le formidable
travail réalisé par l'équipe Marketing de Warner,
et certains essais de posters dévoilés s'avèrent
presque supérieurs aux designs définitifs.
Première bobine de The Dark Knight : histoire de promouvoir la sortie du second opus, le Blu-Ray de Batman Begins en incorpore la séquence d'ouverture, soit un casse tirant profit de son filmage en qualité Imax. Un bonus de choix pour ceux qui lorgnent déjà avec impatience du côté du futur Blu-Ray de The Dark Knight. |