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RICHARD KERN
HARDCORE EXTENDED / EXTRA ACTION
Zone 2 - USA - 1984 / 2007

Genre : Erotique / expérimental
Réalisateur : Richard Kern
Acteurs : Lydia Lunch, Henry Rollins, Nick Zedd, Karen Finley…
Durée : 181 min / 60 min 
Image : 1 .33 4/3
Son : Anglais en stéréo et Dolby Digital 5.1 (uniquement pour Extra Action)
S-T : Français
Editeur/distrib. :
Le Chat qui fume
Date de sortie : 7 mai 2008

Films :
Technique :

Interactivité :

Synopsis :
Aujourd'hui photographe mondialement reconnu, Richard Kern fut l'un des piliers du cinéma underground new-yorkais dans les années 80. Au travers de ses courts métrages, Richard Kern dénonçait l'Amérique de Reagan, mélangeant la violence, le sexe et le nihilisme punk. Accompagné de stars telles Lydia Lunch, Henry Rollins ou Sonic Youth, laissez-vous embarquer par ce tourbillon de la transgression.

Erotisme sauvage

Le courageux éditeur Le Chat qui fume continue son exploration du cinéma underground américain. Après avoir déterré The Forbidden Zone, ce sont désormais les œuvres dégénérées du photographe Richard Kern qui, après avoir fait les beaux jours du catalogue VHS d’Haxan, reviennent enfin en DVD accompagnés de quelques inédits, notamment du tout récent Extra Action.  

Connu aujourd’hui pour autant pour ses photographies érotiques que ses clichés plus « people », Richard Kern, l’un des créateurs de l’esthétique porno-chic, s’est essayé au cinéma au début des années 1980. Il est alors un performeur parmi d’autres et parcourt les rues newyorkaises pour son fanzine. C’est cette rencontre avec les rues les moins reluisantes de la grande pomme, leur population bigarrée et les étals des sex-shops qui vont l’inspirer pour ses premiers courts-métrages. Commence une période des plus prolifiques qui s’étend sur presque dix ans avec pas moins de 19 bandes (sans compter des clips pour Sonic Youth ou Marilyn Manson), qui confrontent le spectateur à des âmes perdues n’arrivant à exister ou communiquer que par un sexe débridé, la drogue, la violence et le meurtre. Passant d’un noir et blanc granuleux à de la couleur baveuse, Kern ne se préoccupe que très peu des erreurs de montages, des sautes d’images, des dialogues sans relief et de l’interprétation hasardeuse ; ce qui manifestement lui plaît dans le cinéma, c'est l’image.

Sex in the city

L'oeuvre de Kern dégage une envie constante de déstabiliser la libido du spectateur, qui doit réussir à supporter des allers-retours soudains entre du porno-réalité et des effets gore ou autres extravagances. L'auteur explose également une fois encore la figure de la jeunesse américaine, et frappe souvent en plein plexus. Ce cinéma des sensations (pas vraiment agréable) étonne donc par sa liberté, sa puissance, voire par un grand sens de l’image proche de l’univers punk et glam rock. Cette esthétique, Kern semble l'abandonner aujourd'hui, plus concentré qu’il est à construire une collection photographique recherchant la beauté et l’érotisme chez la « girl next door ». Témoin de cette évolution, le récent Extra Action est ainsi le pendant en mouvement du travail photographique de l’artiste, le tout monté sur les musiques entêtantes de Thurstone Moore (Sonic Youth). Quelque part entre Helmut Newton et Andrew Black, Kern adresse un hommage à la beauté féminine grâce à de jolies jeunes femmes (voire pour certaines femmes-enfants) qui prennent de nombreuse poses lascives seules ou à deux, plus ou moins vêtues, sur un lit ou dans le bain. Comme quoi oui, la jeunesse ça a vraiment du bon.

Nathanaël Bouton-Drouard




Image :
Difficile de faire la fine bouche devant l’état des copies des courts-métrages de Richard Kern, tournés dans des conditions financières limitées avec de la pellicule abimées, pour une esthétique volontairement crade. Du coup l’éditeur fait ce qu’il peut pour compresser tout cela sans accentuer le grain omniprésent. Plus récent et bénéficiant d'une image plus lumineuse, Extra Action s’en sort forcément beaucoup mieux avec une belle lumière et une compression adéquate qui ne cache pas les caractéristiques d’une caméra numérique.

Son :
Même constat que pour les copies, les pistes sonores des premières œuvres de Kern compilent tous les problèmes de ce genre de cinéma avec distorsion et sons étouffés, voire à peine audibles. Mais bon, c’est aussi ce qui fait le charme du ciné underground. Plus léché Extra Action fait le fiérot avec sa piste stéréo et surtout un Dolby Digital 5.1 harmonieux, idéal pour savourer les délires musicaux de Thurstone Moore (Sonic Youth).

Interactivité :
Rien n’aurait pu mieux achever un tel hommage qu’une interview du principal intéressé. Et pourtant le photographe fait ici figure de grand absent, en particulier sur Hardcore où niveau supplément, on ne trouve que deux cartes postales collector avec au dos un texte de Jack Sargeant (auteur de "Deathtripping: An Illustrated History of the Cinema of Transgression"). Il faut bien sûr reconnaître que 19 courts métrages, ça occupe déjà pas mal. Extra Action rattrape un peu avec une interview de la mignonne Mélanie Le Portier, photographe et surtout modèle française de Richard Kern. Une petite tranche de vie agréable et surtout le seul moyen ici de tenter d’approcher la psychologie de l’artiste.  

  • 2 photos de Richard Kern et Notes écrites de Jack Sargeant pour Harcore Extended
  • Interview Mélanie Le Portier (15’) pour Extra Action
  • Bandes-annonces

- Test de Forbidden Zone

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