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RETRIBUTION
Zone 2 - Japon - 2006

Genre : fantôme vénère
Réalisateur : Kiyoshi Kurosawa
Acteurs : Koji Yakusho, Manami Konishi, Tusyoshi Ihara, Hiroyuki Hirayama...
Durée : 102 min
Image : 1.85 16/9 compatible 4/3
Son : Japonais et français en Dolby Digital 5.1
S-T : Français
Editeur/distrib. :
HK Vidéo / Metropolitan
Date de sortie : 4 juin 2008

Film :
Technique :

Interactivité :

Synopsis :
Inspecteur depuis des années, Yoshioka est mis sous pression lorsque l’on découvre ses empreintes sur le corps d’une jeune femme retrouvée noyée. Mal à l’aise et peu sûr de son innocence, il a l’impression de perdre peu à peu contact avec la réalité, en particulier lorsqu’un fantôme vient lui rendre visite...

L'au-delà comme un gruyère

Après le décevant Loft, tous les fans de cinéma fantastique nippon, et les nombreux amateurs de la filmographie de Kiyoshi Kurosawa espéraient un retour en grande pompe pour l’un des plus grands cinéastes de l’histoire nippone. Dommage, le monsieur se prend de nouveau les pieds dans la chevelure de son stupide fantôme.

Lorsque le cinéma d’horreur japonais commençait tout juste à s’enfoncer dans la redite générale, tout le monde y allant de son fantôme pas content aux cheveux long, l’habile Kurosawa était déjà en train de le détourner au profit d’une approche « sociale » du genre, usant du genre pour critique le monde moderne. Une approche auteurisante alors jamais déplacée ni martelée d'effets, qui aboutit à des œuvres aussi brillantes que Kairo (Pulse). Il est d'autant plus difficile de comprendre pourquoi, alors le genre s’effondre littéralement et que ces demoiselles vengeresses profitent visiblement de leurs derniers jours (la purge The Grudge 2, la tentative à part des frères Pang dans Re-Cycle), Kurosawa y revient plus frontalement que jamais avec Sakebi. Une opportunité qui aurait pu être alléchante, comme un dernier tour de piste flamboyant, mais où le cinéaste préfère essayer de se montrer plus intelligent que tout le monde, en tout cas au dessus de son sujet.

Senteur sapin

Quand la religion conduit la masse à accepter l'inacceptableA sa manière Rétribution, toujours interprété par l’impeccable Koji Yakusho (Babel, Kairo, Cure…), montre encore une fois l’habileté et la maîtrise parfaitement géniale d’un esthète au meilleur de sa forme. Chaque séquence, chaque plan, est la preuve visible d’un sens inné du cadre où tout est construction, architecture minutieuse. Visuellement éblouissant, ce film d’horreur se veut aussi le mélange entre mystère, réflexion sur la solitude de l’homme moderne, critique de la surindustrialisation et comédie slapstick. Forcément, c'est sur ce mélange étonnant que Kurosawa se casse les dents. D’un déroulement particulièrement lent, le film oscille constamment entre premier et second degrés, mais se révèle surtout absolument ridicule dès qu’il est question de mettre en scène le fantôme. A sa première apparition, celui-ci se prend un poteau, puis la porte d'une armoire, se met plus tard à voler au-dessus des maison genre Superman, hurle en planant au ralenti, joue à cache-cache avec les protagonistes… Difficile de garder son sérieux et surtout de se sentir concerné par cette histoire dont les retournements de situation sont de moins en moins crédibles au fur et à mesure qu'approche la conclusion. Un ridicule qui ne paraît pas forcément toujours volontaire, et qui empêche le véritable propos du film d’émerger et le spectateur de prendre un quelconque plaisir devant ce spectacle embarrassant. La grande question est maintenant de savoir si Kiyoshi Kurosawa se sent enfermé dans ce genre et tente de le tuer de l’intérieur, ou si plus simplement son génie plastique est au service d’un homme en fin de course, incapable de se renouveler et de prendre un peu de distance avec son propre travail. Le spectateur lui, n’hésitera plus par contre à prendre beaucoup de distance.

Nathanaël Bouton-Drouard


Image :Quand la religion conduit la masse à accepter l'inacceptable
Pas forcément très marquante lors de sa vision en salle, la photographie de Rétribution affiche toujours les mêmes teintes un peu fades, légèrement marrons, où seul le rouge surnage comme pour mêler le thriller urbain à une pointe de surnaturel (ah c’est ça !). Le DVD peine forcément à donner un peu plus de pèche à tout ça, et s’emmêle au passage avec la compression dans les arrières-plans à cause d’une pellicule légèrement plus granuleuse que d’habitude. Un résultat convenable, mais qui ne transcende pas non plus.

Son :
Film d’ambiance aux tendances contemplatives, le dernier Kurosawa ne met pas forcément très en avant la puissance de sa bande sonore. Toutes deux en Dolby Digital 5.1, les pistes japonaise et française jouent donc la carte de l’économie où viennent par contre littéralement exploser les enceintes les hurlements qui accompagnent l’apparition du fantôme.

Interactivité :
Quand la religion conduit la masse à accepter l'inacceptablePas forcément toujours au point, la section interactivité des HK vidéo de ces dernières années passe de la douche froide à la bonne surprise. Ici la fournée est plutôt bonne puisque l’on retrouve présents les mêmes bonus que l’édition japonaise avec pour commencer un long making of (45’) qui permet à toute l’équipe de s’exprimer un peu sur son ressenti, et surtout au spectateur de voir le metteur en scène en pleine direction d’acteurs ou en train de fignoler la mise en place du plan suivant. Forcément un brin axé sur la promo, le document reste particulièrement intéressant, en particulier accompagné de l’interview de Kurosawa qui comble les trous, explicite le message de son film et ne cache pas les différentes évolutions de son projet. Des hésitations que l’on retrouve clairement avec la fin alternative proposée en annexe, sans doute plus nébuleuse que celle choisie au final, qui est accompagnée des explications du réalisateur dans la petite featurette qui suit. Enfin le programme s’achève sur une petite curiosité : une émission japonaise sur les thrillers qui, pour le coup, invitait l’actrice de Rétribution et en faisait son fil d’or. Amusant.  

  • Making of (45’)
  • Interview du réalisateur (15’)
  • Fin alternative + Explications (10’)
  • Emission spéciale de Goro Yamada sur les thrillers (7’)
  • La première du film au japon (6’)
  • Bandes-annonces

 

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