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JE SUIS UN CYBORG
Zone 2 - Corée - 2006

Genre : Comédie romantique
Réalisateur : Park Chan-wook
Acteurs : Im Su-Jeong, Rain, Kim Byung-Ok, Oh Dal-Su, Yu Oh-Jeong, Park Jun-Myun…
Durée :105 min
Image : 1.85 16/9 compatible 4/3
Son : Version Originale Coréenne DTS 5.1 & Dolby Digital 2.0, Version Française Dolby Digital 5.1
S-T : Français
Editeur/distrib. :
Wild Side Vidéo
Date de sortie : 22 juillet 2008

Film :
Technique :

Interactivité :

Synopsis :
Internée, Young-goon est persuadée d’être un cyborg. Elle refuse de s’alimenter, préférant sucer des piles et parler aux distributeurs automatiques. Il-Soon pense que tout va bien ! Grâce à son pouvoir qui lui permet de voler les qualités des gens qu’il observe, il est le seul à la comprendre. En tombant fou amoureux d’elle, il va tenter de la ramener à la réalité...

What a wonderfull world !

Films coups de poing, modèles de mise en scène, les précédents Park Chan-wook nous avaient préparés à tout… sauf à ça. Je suis un cyborg apporte ainsi beaucoup de lumière après une vision noire et absurde du monde, et s'impose comme une nouvelle réussite pour l’un des auteurs les plus marquants de ce début de millénaire.

En quatre longs-métrages (et deux courts), Park Chan-wook s’est surtout fait connaître pour des récits d’une rare violence, des histoires de vengeance destructrice sur fond de réalité sociale et politique de la Corée moderne. Un plongeon dans un monde crépusculaire et sans pitié constamment à la limite de la folie. Maintenant sa trilogie de la vengeance achevée (Sympathy for Mister Vengeance, Old Boy et Lady Vengeance), Chan-Wook semble être enfin apaisé, et pour preuve : I’m a Cyborg but that’s Ok est une comédie romantique.  Pas tout à fait comme peuvent l’entendre les anglosaxons mais le récit, touchant, suit deux jeunes gens un peu paumés qui vont finir par s’apprivoiser. Avec une nuance toute particulière, puisque tous deux sont particulièrement atteints et habitent un sympathique asile coréen : Young-goon est persuadée d’être une cyborg et Il-soon est un cleptomane dont la pire crainte est de rétrécir et de disparaître.

Planête schizo

Forcément cela complique pas mal de situations rocambolesques… notamment lorsque la demoiselle refuse de se nourrir de peur de rouiller de l’intérieur. Un jeu du « à qui sauvera qui » en somme, que le cinéaste illustre sans aucune condescendance mais avec un amour constant pour la différence et la liberté de ces sentiment, faisant un peu penser par la fraîcheur de l’écriture au non-moins réussis My Sassy Girl. Franchement émouvant (même pour un légionnaire), Je suis un cyborg prend directement à la gorge pas sa douce poésie où les délires des uns deviennent réalité filmique, voire se mélangent les uns aux autres dans des visions kitsches et colorées (un homme persuadé d’être attaché à la mort par un élastique, une autre se voit en chanteuse suisse dans une pub Milka…). Une douce folie communicative, souvent drôle et toujours source d’idées de mise en scène virtuose et jouissive. Un film qui fait beaucoup de bien par où il passe (après nous avoir pourri la vie avec ses tragédies, ce n’est que justice), d'autant qu’il illustre intelligemment l’incommunicabilité des êtres… ici transcendée par un couple un peu fêlé.

Nathanaël Bouton-Drouard



Image :
Avec Wild Side on est rarement déçu…. Et pour le coup… on ne l’est absolument pas tant la qualité de la copie ici est remarquable. Tourné en Haute définition le métrage resplendit à chaque seconde et le master retranscrit avec une grande fiabilité les couleurs éclatantes de la photographie. Des contrastes appuyés et maîtrisés, une compression qui frôle la perfection… a quand le Blu-Ray Mr. Wild Side ?

Son :
On le sait, chez Park Chon-wook il ne faut pas trop chercher la grosse artillerie sonore. En l’occurrence dans Je suis un cyborg la dynamique tonitruante ne se fait entendre que lorsque la demoiselle s’énerve en tirant dans tous les sens avec ses doigts mitraillettes. Le reste du temps, tout n'est que subtilité, et profite d'une gestion fine et délicate de différentes nappes sonores. Un travail d’orfèvre parfaitement restitué par le mixage DTS 5.1, cristallin. Etonnamment la version Dolby Digital 5.1 française n’est pas en reste et même le doublage, pour un film asiatique, tient bien la route.

Interactivité :
Si l’on place les unes à côté des autres chacune des éditions de la filmographie de Park Chan-Wook, on mesure aisément le soin dont a toujours bénéficié le cinéaste en France. Encore une fois le packaging est ici à la mesure du film et se présente sous la forme d’un gros boîtier transparent et coloré, contenant deux disques et donc une nouvelle série de bonus où le cinéaste, calme et serein, revient avec aise sur toutes les étapes de la fabrication de son film. De ses hésitations, le changement de genre, les aléas du tournage, les différents documents explorent la mise en chantier d’un petit bijou. Un programme complet, parfois un peu redondant (mais c’est le risque avec des bonus en provenance directe de Corée) qui s’achève ni plus ni moins sur une exclusivité française : un court métrage inédit, N.E.P.A.L. (Never Ending Peace And Love) qui sous la forme d’un docu-fiction revient sur la tragédie que connut une pauvre népalaise travaillant à Séoul, qui fut enfermée dans un hôpital psychiatrique pendant six ans à cause de son manque de maîtrise du coréen. Un sujet d’actualité en somme.

  • Adieu la vengeance, place à l’amour : interview de PARK Chan-wook à propos de la réalisation d’une comédie romantique (12’)
  • Aucun être triste : making-of (22’)
  • Rêverie inutile : interviews de l’équipe du film (52’)
  • Se sentir coupable : scènes coupées & alternatives commentées par PARK Chan-wook
  • Un amour de cyborg (18’)
  • Les hésitations (11’)
  • N.E.P.A.L (Never Ending Peace And Love) : court-métrage de PARK Chan-Wook (27’)
  • Remerciements au Festival de Berlin (6’30)
  • Bandes-annonces

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