Mauvaise idole
Beaucoup de férus d’horreur et de fantastique se demandaient où était passé depuis dix ans un certain Jean-Pierre Putters. Créateur et rédacteur en chef émérite de la meilleure revue de genre française, Mad Movies bien sûr, le bonhomme avait défendu des années durant le cinéma bis et une certaine idée du grand spectacle avec une plume habile et un humour à froid savoureux.
Mais voilà, monsieur semblait parti à la retraite. Sauf que bien entendu il ne pouvait en rester là et a entre-temps monté sa propre boîte de production, Metaluna, dévouée à de petites bandes d’exploitation bien sanguinolentes. Après deux courts métrages remarqués dans divers festival, la petite société passe enfin au long métrage avec un budget ultra-serré de 500 000 dollars, un tournage express de 22 Jours et une caméra HD bien visible. Des films de ce type, il s’en tourne tous les jours dans notre monde moderne, avec plus ou moins de bonheur, censés remplir les catalogues des petits éditeurs puis les bac promos des supermarchés. La question à se poser est bien entendu de savoir si Dying God aurait pu sortir en France si le fameux JPP n’avait pas été aux commande de cette réalisation signée par son acolyte Fabrice Lambot.
Lost in brazil
Au vu du résultat la réponse est bien entendu non. Car si l’on retrouve une vraie envie de retrouver l’énergie, la liberté et les digressions délirantes des meilleures productions des années 80, le métrage passe totalement à côté de ses promesses. Il démarre certes sous de bonnes augures avec un monstre à peine visible qui viole quelques prostituées au point de leurs exploser le ventre avec son engin gigantesque, mais bizarrement l’apprenti réalisateur préfère se consacrer à dépeindre les déboires d’un flic ripoux et alcoolique qui passe son temps à faire copain-copain avec les truands et à refaire des téléfilms érotiques d’M6 en compagnie de ses putes préférées. Ca blablate pendant des plombes, ça surjoue à outrance, ça se vautre dans la psychologie de bas étage et ça tente de se la joueur thriller sophistiqué, avec une mise en scène de téléfilm slovaque. Même le grand final (sic) consterne pas une créature craignos et un gunfight totalement incompréhensible et inutile. Les plus indulgents se contenteront de la présence de l’immense Lance Henricksen dans un rôle de guest consistant à avoir l’air un peu méchant dans une chaise roulante…Vvraiment, il n’aura jamais eu la carrière qu’il méritait, celui-là.
Nathanaël Bouton-Drouard |