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Nouvelle star du cinéma viril et volontairement décérébré, Jason Statham (Le transporter 1, 2 et 3, Hyper Tension, Death Race…) aimerait sans doute changer un peu de registre. La preuve avec Braquage à l’anglaise, petit thriller du weekend mais divertissement réussi.
Les maîtres de la promotion à la française sont encore passés par là. Pensant sans doute profiter de la participation de Jason Statham au facile Braquage à l’italienne, les rois du brainstorming ont donc choisi de re-titrer The Bank Job en Braquage à l’anglaise… histoire d’être sûr que ces spectateurs limités du bulbe sachent où ils mettent les pieds. Sauf qu’il n’y a pas plus trompeur que ce titre, qui insinue que le dernier film de Roger Donaldson (La Mutante, La Recrue… mouais) se la joue braquage classieux et high-tech. Loin des codes hype d’un Ocean's Eleven, The Bank Job s’intéresse plutôt à une petite bande de malfrats, doués mais fauchés, qui vont devenir le fromage d’un jeu de poursuite complexe et distrayant. Inspiré d’un casse mémorable effectué à la banque de Baker Street pour lequel les truands n’ont pas hésité à louer une maroquinerie installée dans la même rue et à creuser un immense tunnel en une nuit, le film s’articule dans un premier temps sur la préparation du coup. Une mise en place désormais classique dans sa structure, mais qui s’agrémente ici d’un arrière-plan politique assez surprenant autour de quelques photos des ébats de l’une des membres de la Famille Royale anglaise.
Un plan trop parfait ?
Manipulation, traquenards, services secrets, groupuscule extrémiste de la cause noire… Pas grand-chose à voir ici avec les films de « grands coups » habituels, même si une fois encore nos voleurs sont loin d’être les pires gaillards du coin. Un ton que la mise en scène de Donaldson (que l’on a connu bien moins inspiré) souligne, en refusant les effets modernes du genre au profit d’une réalisation sèche, de cadres serrés plus proches justement des 70’s où se déroule l’affaire. Très intéressant dans sa description parcellaire d’une affaire qui fit grand bruit à l’époque, fun dans la construction de son suspens, Braquage à l’anglaise n’en reste pas moins trop souvent prévisible dans sa narration. Il lui manque sans doute la petite touche d’humour ou de folie propre à nos camarades anglais (aaaah Bon Baisers de Bruges...) qui lui aurait permis de dépasser le simple divertissement agréablement troussé. Mais on ne rechignera pas devant la possibilité de découvrir pour une fois Jason Statham dans un rôle plus sensible que son habituel « bourrin de la Tamise » au volant d’une bagnole bien trop métaphorique. Sympa quoi.
Simon Gruber |