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Le syndrome Treizième guerrier ?
Avant
toute chose, il faut préciser que si Rollerball est un film
à part, c'est uniquement (et malheureusement ?) par ce que son réalisateur
s'appelle John McTiernan. En effet, Rollerball n'aurait pas
suscité autant de commentaires voire de polémiques de la part de
la presse en général et du public en particulier, s'il s'était agit
d'un autre cinéaste . il est même difficile de ne pas être encore
plus attentionné dans nos analyses quand on sait qu'il est le réalisateur,
entre autres, de Predator, d'Une journée en enfer,
du Treizième guerrier, de Piège de cristal, et de
Thomas Crown. Qu'on aime ou pas, on est bien obligé de constater
que son dernier long métrage est loin de faire l'unanimité. Difficile
même pour un fan acharné du bonhomme (et nous en sommes) de ne pas
se demander ce qui lui est passé par la tête en réalisant ce remake
plutôt inattendu. Tant dans sa conception que dans ses choix artistiques,
Rollerball déçoit, interpelle, passionne, mais ne laisse
personne indifférent. Certains diront, "c'est pas si mal". Oui,
mais à quel prix. D'autres reporteront la faute sur le studio. Il
faut nous comprendre ; quand on sait ce qui lui est déjà arrivé
sur Le Treizième guerrier... A l'époque, Michael Crichton,
dont le roman a servi de base au scénario, sent que son bébé lui
échappe et est en passe de devenir celui de McTiernan. Ce constat
fait, il n'a eu de cesse de mettre des bâtons dans les roues du
metteur en scène, pour au final, à force de mauvaise fois et de
persuasion, vider le film d'une partie de sa substance (un improbable
directors'cut sortira-t-il un jour ?). Que
fallait il penser alors lorsque un nouveau ponte fraîchement nommée
à la tête de la distribution de la MGM décide de repousser la date
de sortie de Rollerball, sachant que le film en était dans
sa dernière ligne droite au montage ?. La raison invoquée est la
fameuse classification PG 13 en lieu et place de la R, synonyme
pour ces messieurs du marketing d'un potentiel public plus important.(sans
commentaire). Sans parler d'un remontage, de scènes coupées, d'une
campagne de presse désastreuse (et cela avant même que le film ne
fut visionné par la plupart de se ses détracteurs les plus virulents).
Le moins que l'on puisse écrire c'est que le doute qui nous assaille
au regard de tous ces éléments est tout sauf illégitime. Mais n'en
déplaise à certains, McTiernan lui-même, à la faveur d'entretiens
avec la presse, revendique et assume pleinement son film. Par cette
déclaration il balaye d'un coup d'un seul ceux qui ont vu en Rollerball,
un acharnement du destin. Cependant, il reste quelques zones d'ombre
dans l'attitude du réalisateur que cette édition DVD n'éclaire malheureusement
pas. McTiernan y est quasiment absent : pas de commentaires audio
ni de featurette dans la quelle il s'exprime. Ce n'est qu à la faveur
d'une image furtive dans un des documentaires qui fait partie des
suppléments, qu'il apparaît sur le plateau du tournage. Non seulement
c'est peu pour un réalisateur qui revendique un film qui a fait
couler autant d'encre (Burton dans son commentaire audio du DVD
de La Planète des singes n'assume-t-il pas pleinement "sa"
fin tant décriée ?), mais c'est aussi très frustrant pour ceux qui
aimeraient l'entendre s'exprimer sur les choix et les décisions
qui ont fait de Rollerball ce qu'il est pour beaucoup aujourd'hui
: un flop.
La muse Jewison
C'est
d'autant plus dommage que dans son précédent film, Thomas Crown,
McTiernan a réussi un film quasi parfait. Tant dans son approche
scénaristique que dans sa réalisation, il nous livre l'un des ses
longs métrages les plus aboutis.. Déjà là, il s'agissait d'un remake
d'un film de Norma Jewison, réalisateur de la version de 68 avec
Steeve McQueen et Faye Dunaway. Beaucoup vont grincer des dents
ou hurler, mais même si Brosnan n'est pas McQueen, on a préféré
la version 99, et Mc Tiernan y est pour beaucoup. Alors quelle n'est
pas notre déception au moment de voir Rollerball, quand on
sait que c'est encore une fois Jewison qui lui sert de muse et que
le résultat est bien en deçà de l'original ? Un premier élément
de réponse est peut être dans cette source d'inspiration même. Sur
Thomas Crown, le réalisateur a pratiquement suivi à la lettre
le scénario original (sur le fond), alors que dans le cas présent
il s'éloigne à grandes enjambées des ambition scénaristique du premier
pour réaliser une œuvre singulièrement personnelle. Dans ce cas
bien précis, Jewison n'a pas fait office de muse auprès de McTiernan,
mais plutôt de prétexte, afin de s'exprimer de façon très prononcée
sur des sujets qui lui tiennent particulièrement à cœur.
Le prétexte
Là
ou Jewison était un précurseur de ce qui allait arriver quelques
années plus tard, McTiernan, en situant son film dans un "futur
plus ou moins proche", dresse plus un constat de la situation actuelle
qu'il ne s'ouvre sur l'avenir de la société. Le jeu n'est plus qu'un
prétexte, dont le réalisateur se moque éperdument, en en soulignant
l'incongruité. Bien sage et observateur celui qui comprend les règles
: qui marque ? qui a la balle ? on a bien du mal à s'y retrouver
dans ce joyeux bordel organisé. Le moins que l'on puisse dire, c'est
que sur cet aspect des choses, le réalisateur force largement le
trait. Montage psychédélique, musique assourdissante, espace restreint
où la piste ovale et nette de Jewison a été remplacée par une sorte
de grand huit rempli de gadgets... Un ensemble avec des costumes
sublimement laids, une réflexion sur l'individualisme singulièrement
absente et une musique assourdissante qui terminent de compliquer
la lisibilité des actions. En survolant le jeu, dont les protagonistes
se foutent éperdument du score, le réalisateur en fait des pantins
qui s'agitent frénétiquement sous les hourras d'une foule en délire
et l'objectif vicieux des caméras. Leur motivation n'est plus sportive,
mais simplement pécuniaire (Hollywood ?).
Hollywood en ligne de mire ?
La
violence du jeu est complètement aseptisée. Bien que cette version
soit labellisé R, on sait au vu de la filmographie du monsieur qu'il
peut faire plus dur, plus fort et plus sanglant. Mais encore une
fois ce n'est pas son sujet. Même s'il en fait l'essence du moteur
qui fait monter l'audimat, McTiernan préfère s'intéresser aux causes,
aux responsables de cette condition. C'est le personnage de Jean
Reno (qui au passage est celui qui s'en sort le mieux) qui personnifie
presque à lui seul ces principes. Il veut tout contrôler, sait ce
qui doit être fait ou pas, ce qui doit être filmé ou pas. Certains
dialogues lorgnent ostensiblement vers la caricature tant Petrovich
incarne tout cela à la fois. Peu importe l'idole qu'est devenue
Jonathan Cross, peu importent les autres joueurs, peu importe le
sang, seuls l'argent et le pouvoir comptent… En un mot, le personnage
joué par Reno sait. End of the story (Hollywood ?). Alors quand
McTiernan se permet de filmer pendant une dizaine de minutes une
séquence entière en infra rouge (la fuite vers la frontière des
deux amis poursuivis par Petrovich), on comprend un peu mieux son
approche Le rapport avec CNN n'est pas si loin, et ce sont les bombardements
sur Bagdad en 1991 qui nous reviennent presque immédiatement en
tête. Quand il nous livre une scène d'amour aussi excitante qu'un
poteau télégraphique, on se rend compte qu'elle ne dénote pas avec
le reste du long métrage : elle est à son image, complètement aseptisée.
Alors quand pour finir le personnage responsable de la sur-médiatisation
, de l'ordre établi et à établir , celui du règne de l'argent au
détriment des personnes et de leur motivation paye enfin, c'est
Petrovich, qui prend la balle du Rollerball en pleine gueule ! On
mesure un peu plus les intentions du réalisateur. Il en à peut être
eu marre de se battre pour donner un peu de son talent. Il en a
peut être eu marre de convaincre, de suggérer, ou tout simplement
de flatter pour pouvoir exister à travers sa caméra. McTiernan,
s'en sert alors pour régler ses comptes (Hollywood ?).
Epilogue
Le
cinéaste revendique son film sans ironie, il a fait ce qu'on lui
demandait de faire, où on lui demandait de faire. La catastrophe
pour lui aurait certainement été que le film fonctionne au box office.
Reste quand même une forte impression d'avoir été pris à témoin
dans une histoire entre McTiernan et Hollywood qui dure déjà depuis
trop longtemps. Au final Rollerball ne s'adresse ni au public,ni
à ses fans, mais à ces pontes qui ont le pouvoir à Hollywood et
qui l'empêchent de s'exprimer. Apres tout, la seule chose que l'on
puisse reprocher à McTiernan, c'est d'avoir lavé son linge sale
en public, certes restreint, mais suffisamment nombreux pour qu'il
se demande s'il n'avait pas perdu, l'espace d'un film, l'un de ses
plus grands réalisateurs.
Cédric Melon
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Image :
La compression est quasi
parfaite. Que ce soit au niveau des couleurs, de la saturation ou
de la définition même, cette édition est un véritable travail d'orfèvre.
Un accessit particulier est à décerné aux noirs d'une profondeur
que l'on peut aisément qualifier d'abyssale (Laurent et Laurent
se reconnaîtront dans cette appellation pour le moins sympathique).
Aucun fourmillement disgracieux à l'horizon n'est à souligné et
le contraste n'est pas en reste puisqu'il est lui aussi remarquablement
restitué. Cette qualité "supérieure" nuirait presque au film tant
elle met en avant les plus infimes détails de l'action et des mouvements
de caméras. Et quand il y a une erreur, c'est tout juste s'il elle
ne vous saute pas au yeux : câbles apparents, effets spéciaux ratés…
Son :
Même si l'on peut regretter l'absence d'une piste
DTS, le mixage anglais en Dolby Digital 5.1 est de suffisamment
bonne qualité pour satisfaire les plus exigeants d'entre nous. La
précision est de rigueur avec une utilisation savoureuse des enceintes
arrières, surtout pendant les phase de jeux. Toujours sollicitées
à bon escient, elles permettent une immersion complète dans le film.
Seule la musique est quelquefois trop mise en valeur au détriment
de certains dialogues ou phases d'action, qui ont bien du mal à
se détacher des morceaux à forte tendance "métal". Mais dans son
ensemble, la piste 5.1 est suffisamment précise pour qu'on pardonne
ces quelques égarement "métalliques". La piste Française en Stéréo
Surround est de bonne facture, mais les voix québécoises risquent
d'en déstabiliser plus d'un.
Interactivité :
Difficile
d'être totalement satisfait avec l'interactivité de
cette édition qui n'a de spécial que le nom. Bien
sur l'éventail de ce manque est somme toute extrêmement
important, eut égard à son réalisateur et à
la qualité du film. Pas de commentaire audio de John McTiernan
et aucune featurette le mettant en scène. Ce qui après
tout n'est pas très surprenant (voir critique). Il va falloir
se contenter du commentaire audio des trois acteurs principaux,
Chris Klein, LL Cool J et Rebecca Romijn-Stamos (LL Cool J a du
l'enregistrer à un autre moment que ses deux acolytes). Ce
dernier ne présente pas beaucoup d'intérêt,
puisqu'il n'explique à aucun moment les motivations du réalisateur.
C'est tout juste s'ils parlent de lui. Alors en dehors du descriptif
inéluctable des images qui défilent, du fait que la
belle Rebecca s'est fait mal au dos durant la scène d'amour,
que Klein a conduit toute une nuit pour être à l'heure
sur le tournage, et que LL Cool J croit dur comme fer qu'il a participé
au film du siècle, il est difficile de ne pas s'endormir
en l'écoutant.
Suit une featurette qui n'a que l'intérêt qu'on lui
porte. Puisque entre des extraits du film, des entretiens promotionnels
avec les comédiens, les techniciens et les cascadeurs, vous
n'aurez guère l'occasion de vous dire que c'est un véritable
making of. Trop superficiel pour être honnête ; McTiernan
n'y figurant pas, on sent plus le reportage de circonstance histoire
de sauver les meubles, qu'une véritable introspection sur
le tournage.
Un pauvre Clip de Rob Zombie, fan averti d'Orange Mécanique,
qui est loin de se distinguer par son originalité.
La désillusion ne s'arrête pas là puisque sous
le prétexte fallacieux de remplir le DVD, ce sont des vignettes
qui apportent des infos et des détails sur les équipes,
les joueurs, la piste, les motos et la balle qui nous sont proposées.
Quelques écrits sont ponctués par des extraits du
film. On est rapidement lassé de lire des textes sans consistance
ni intérêt. La consternation prend rapidement le dessus
devant aussi peu de motivation pour rendre attrayant ces suppléments.
Compte tenu des zones d'ombre laissées vacantes par la personnalité
et la volonté de son metteur en scène concernant Rollerball,
ce n'est certainement pas avec les suppléments de cette édition
spéciale que nous allons satisfaire la moindre parcelle de
notre curiosité.
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