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ROLLERBALL
Zone 1- USA - 2001

Genre : action
Réalisateur : John McTiernan
Acteurs : Chris Klein, Jean Reno, LL Cool J, Rebecca Romijn-Stamos
Durée : 100 mn
Image : 2.35 16/9 compatible 4/3
Son : anglais en Dolby Digital 5.1, français et espagnol en Stéréo Surround
S-T : anglais français et espagnol (les suppléments ne sont pas sous-titrés)
Editeur/distrib. :
Date de sortie : disponible

Film :
Interactivité / technique :

Synopsis :
Jonathan Cross est un jeune sportif qui va se laisser convaincre par son ami Marcus Ridley d'intégrer son équipe de Rollerball. Sport extrêmement violent et populaire, Le Rollerball est surmédiatisé et contrôlé par un seul homme, Petrovich. Plus soucieux de l'audimat que de la santé de ses joueurs, ce dernier ne recule devant aucun stratagème et autres tricheries pour "pimenter" les parties. Il va jusqu'à changer les règles au dernier moment, acheter les joueurs et "organiser" leurs blessures, du moment que le taux d'audience grimpe en rapport avec les hectolitres de sang qui souillent la piste. Très rapidement, Jonathan et ses partenaires prennent conscience des manœuvres de leur patron et décident de réagir…

Le syndrome Treizième guerrier ?

Avant toute chose, il faut préciser que si Rollerball est un film à part, c'est uniquement (et malheureusement ?) par ce que son réalisateur s'appelle John McTiernan. En effet, Rollerball n'aurait pas suscité autant de commentaires voire de polémiques de la part de la presse en général et du public en particulier, s'il s'était agit d'un autre cinéaste . il est même difficile de ne pas être encore plus attentionné dans nos analyses quand on sait qu'il est le réalisateur, entre autres, de Predator, d'Une journée en enfer, du Treizième guerrier, de Piège de cristal, et de Thomas Crown. Qu'on aime ou pas, on est bien obligé de constater que son dernier long métrage est loin de faire l'unanimité. Difficile même pour un fan acharné du bonhomme (et nous en sommes) de ne pas se demander ce qui lui est passé par la tête en réalisant ce remake plutôt inattendu. Tant dans sa conception que dans ses choix artistiques, Rollerball déçoit, interpelle, passionne, mais ne laisse personne indifférent. Certains diront, "c'est pas si mal". Oui, mais à quel prix. D'autres reporteront la faute sur le studio. Il faut nous comprendre ; quand on sait ce qui lui est déjà arrivé sur Le Treizième guerrier... A l'époque, Michael Crichton, dont le roman a servi de base au scénario, sent que son bébé lui échappe et est en passe de devenir celui de McTiernan. Ce constat fait, il n'a eu de cesse de mettre des bâtons dans les roues du metteur en scène, pour au final, à force de mauvaise fois et de persuasion, vider le film d'une partie de sa substance (un improbable directors'cut sortira-t-il un jour ?). Que fallait il penser alors lorsque un nouveau ponte fraîchement nommée à la tête de la distribution de la MGM décide de repousser la date de sortie de Rollerball, sachant que le film en était dans sa dernière ligne droite au montage ?. La raison invoquée est la fameuse classification PG 13 en lieu et place de la R, synonyme pour ces messieurs du marketing d'un potentiel public plus important.(sans commentaire). Sans parler d'un remontage, de scènes coupées, d'une campagne de presse désastreuse (et cela avant même que le film ne fut visionné par la plupart de se ses détracteurs les plus virulents). Le moins que l'on puisse écrire c'est que le doute qui nous assaille au regard de tous ces éléments est tout sauf illégitime. Mais n'en déplaise à certains, McTiernan lui-même, à la faveur d'entretiens avec la presse, revendique et assume pleinement son film. Par cette déclaration il balaye d'un coup d'un seul ceux qui ont vu en Rollerball, un acharnement du destin. Cependant, il reste quelques zones d'ombre dans l'attitude du réalisateur que cette édition DVD n'éclaire malheureusement pas. McTiernan y est quasiment absent : pas de commentaires audio ni de featurette dans la quelle il s'exprime. Ce n'est qu à la faveur d'une image furtive dans un des documentaires qui fait partie des suppléments, qu'il apparaît sur le plateau du tournage. Non seulement c'est peu pour un réalisateur qui revendique un film qui a fait couler autant d'encre (Burton dans son commentaire audio du DVD de La Planète des singes n'assume-t-il pas pleinement "sa" fin tant décriée ?), mais c'est aussi très frustrant pour ceux qui aimeraient l'entendre s'exprimer sur les choix et les décisions qui ont fait de Rollerball ce qu'il est pour beaucoup aujourd'hui : un flop.

La muse Jewison

C'est d'autant plus dommage que dans son précédent film, Thomas Crown, McTiernan a réussi un film quasi parfait. Tant dans son approche scénaristique que dans sa réalisation, il nous livre l'un des ses longs métrages les plus aboutis.. Déjà là, il s'agissait d'un remake d'un film de Norma Jewison, réalisateur de la version de 68 avec Steeve McQueen et Faye Dunaway. Beaucoup vont grincer des dents ou hurler, mais même si Brosnan n'est pas McQueen, on a préféré la version 99, et Mc Tiernan y est pour beaucoup. Alors quelle n'est pas notre déception au moment de voir Rollerball, quand on sait que c'est encore une fois Jewison qui lui sert de muse et que le résultat est bien en deçà de l'original ? Un premier élément de réponse est peut être dans cette source d'inspiration même. Sur Thomas Crown, le réalisateur a pratiquement suivi à la lettre le scénario original (sur le fond), alors que dans le cas présent il s'éloigne à grandes enjambées des ambition scénaristique du premier pour réaliser une œuvre singulièrement personnelle. Dans ce cas bien précis, Jewison n'a pas fait office de muse auprès de McTiernan, mais plutôt de prétexte, afin de s'exprimer de façon très prononcée sur des sujets qui lui tiennent particulièrement à cœur.

Le prétexte

Là ou Jewison était un précurseur de ce qui allait arriver quelques années plus tard, McTiernan, en situant son film dans un "futur plus ou moins proche", dresse plus un constat de la situation actuelle qu'il ne s'ouvre sur l'avenir de la société. Le jeu n'est plus qu'un prétexte, dont le réalisateur se moque éperdument, en en soulignant l'incongruité. Bien sage et observateur celui qui comprend les règles : qui marque ? qui a la balle ? on a bien du mal à s'y retrouver dans ce joyeux bordel organisé. Le moins que l'on puisse dire, c'est que sur cet aspect des choses, le réalisateur force largement le trait. Montage psychédélique, musique assourdissante, espace restreint où la piste ovale et nette de Jewison a été remplacée par une sorte de grand huit rempli de gadgets... Un ensemble avec des costumes sublimement laids, une réflexion sur l'individualisme singulièrement absente et une musique assourdissante qui terminent de compliquer la lisibilité des actions. En survolant le jeu, dont les protagonistes se foutent éperdument du score, le réalisateur en fait des pantins qui s'agitent frénétiquement sous les hourras d'une foule en délire et l'objectif vicieux des caméras. Leur motivation n'est plus sportive, mais simplement pécuniaire (Hollywood ?).

Hollywood en ligne de mire ?

La violence du jeu est complètement aseptisée. Bien que cette version soit labellisé R, on sait au vu de la filmographie du monsieur qu'il peut faire plus dur, plus fort et plus sanglant. Mais encore une fois ce n'est pas son sujet. Même s'il en fait l'essence du moteur qui fait monter l'audimat, McTiernan préfère s'intéresser aux causes, aux responsables de cette condition. C'est le personnage de Jean Reno (qui au passage est celui qui s'en sort le mieux) qui personnifie presque à lui seul ces principes. Il veut tout contrôler, sait ce qui doit être fait ou pas, ce qui doit être filmé ou pas. Certains dialogues lorgnent ostensiblement vers la caricature tant Petrovich incarne tout cela à la fois. Peu importe l'idole qu'est devenue Jonathan Cross, peu importent les autres joueurs, peu importe le sang, seuls l'argent et le pouvoir comptent… En un mot, le personnage joué par Reno sait. End of the story (Hollywood ?). Alors quand McTiernan se permet de filmer pendant une dizaine de minutes une séquence entière en infra rouge (la fuite vers la frontière des deux amis poursuivis par Petrovich), on comprend un peu mieux son approche Le rapport avec CNN n'est pas si loin, et ce sont les bombardements sur Bagdad en 1991 qui nous reviennent presque immédiatement en tête. Quand il nous livre une scène d'amour aussi excitante qu'un poteau télégraphique, on se rend compte qu'elle ne dénote pas avec le reste du long métrage : elle est à son image, complètement aseptisée. Alors quand pour finir le personnage responsable de la sur-médiatisation , de l'ordre établi et à établir , celui du règne de l'argent au détriment des personnes et de leur motivation paye enfin, c'est Petrovich, qui prend la balle du Rollerball en pleine gueule ! On mesure un peu plus les intentions du réalisateur. Il en à peut être eu marre de se battre pour donner un peu de son talent. Il en a peut être eu marre de convaincre, de suggérer, ou tout simplement de flatter pour pouvoir exister à travers sa caméra. McTiernan, s'en sert alors pour régler ses comptes (Hollywood ?).

Epilogue

Le cinéaste revendique son film sans ironie, il a fait ce qu'on lui demandait de faire, où on lui demandait de faire. La catastrophe pour lui aurait certainement été que le film fonctionne au box office. Reste quand même une forte impression d'avoir été pris à témoin dans une histoire entre McTiernan et Hollywood qui dure déjà depuis trop longtemps. Au final Rollerball ne s'adresse ni au public,ni à ses fans, mais à ces pontes qui ont le pouvoir à Hollywood et qui l'empêchent de s'exprimer. Apres tout, la seule chose que l'on puisse reprocher à McTiernan, c'est d'avoir lavé son linge sale en public, certes restreint, mais suffisamment nombreux pour qu'il se demande s'il n'avait pas perdu, l'espace d'un film, l'un de ses plus grands réalisateurs.

Cédric Melon




Image :
La compression est quasi parfaite. Que ce soit au niveau des couleurs, de la saturation ou de la définition même, cette édition est un véritable travail d'orfèvre. Un accessit particulier est à décerné aux noirs d'une profondeur que l'on peut aisément qualifier d'abyssale (Laurent et Laurent se reconnaîtront dans cette appellation pour le moins sympathique). Aucun fourmillement disgracieux à l'horizon n'est à souligné et le contraste n'est pas en reste puisqu'il est lui aussi remarquablement restitué. Cette qualité "supérieure" nuirait presque au film tant elle met en avant les plus infimes détails de l'action et des mouvements de caméras. Et quand il y a une erreur, c'est tout juste s'il elle ne vous saute pas au yeux : câbles apparents, effets spéciaux ratés…

Son :
Même si l'on peut regretter l'absence d'une piste DTS, le mixage anglais en Dolby Digital 5.1 est de suffisamment bonne qualité pour satisfaire les plus exigeants d'entre nous. La précision est de rigueur avec une utilisation savoureuse des enceintes arrières, surtout pendant les phase de jeux. Toujours sollicitées à bon escient, elles permettent une immersion complète dans le film. Seule la musique est quelquefois trop mise en valeur au détriment de certains dialogues ou phases d'action, qui ont bien du mal à se détacher des morceaux à forte tendance "métal". Mais dans son ensemble, la piste 5.1 est suffisamment précise pour qu'on pardonne ces quelques égarement "métalliques". La piste Française en Stéréo Surround est de bonne facture, mais les voix québécoises risquent d'en déstabiliser plus d'un.

Interactivité :
Difficile d'être totalement satisfait avec l'interactivité de cette édition qui n'a de spécial que le nom. Bien sur l'éventail de ce manque est somme toute extrêmement important, eut égard à son réalisateur et à la qualité du film. Pas de commentaire audio de John McTiernan et aucune featurette le mettant en scène. Ce qui après tout n'est pas très surprenant (voir critique). Il va falloir se contenter du commentaire audio des trois acteurs principaux, Chris Klein, LL Cool J et Rebecca Romijn-Stamos (LL Cool J a du l'enregistrer à un autre moment que ses deux acolytes). Ce dernier ne présente pas beaucoup d'intérêt, puisqu'il n'explique à aucun moment les motivations du réalisateur. C'est tout juste s'ils parlent de lui. Alors en dehors du descriptif inéluctable des images qui défilent, du fait que la belle Rebecca s'est fait mal au dos durant la scène d'amour, que Klein a conduit toute une nuit pour être à l'heure sur le tournage, et que LL Cool J croit dur comme fer qu'il a participé au film du siècle, il est difficile de ne pas s'endormir en l'écoutant.
Suit une featurette qui n'a que l'intérêt qu'on lui porte. Puisque entre des extraits du film, des entretiens promotionnels avec les comédiens, les techniciens et les cascadeurs, vous n'aurez guère l'occasion de vous dire que c'est un véritable making of. Trop superficiel pour être honnête ; McTiernan n'y figurant pas, on sent plus le reportage de circonstance histoire de sauver les meubles, qu'une véritable introspection sur le tournage.
Un pauvre Clip de Rob Zombie, fan averti d'Orange Mécanique, qui est loin de se distinguer par son originalité.
La désillusion ne s'arrête pas là puisque sous le prétexte fallacieux de remplir le DVD, ce sont des vignettes qui apportent des infos et des détails sur les équipes, les joueurs, la piste, les motos et la balle qui nous sont proposées. Quelques écrits sont ponctués par des extraits du film. On est rapidement lassé de lire des textes sans consistance ni intérêt. La consternation prend rapidement le dessus devant aussi peu de motivation pour rendre attrayant ces suppléments. Compte tenu des zones d'ombre laissées vacantes par la personnalité et la volonté de son metteur en scène concernant Rollerball, ce n'est certainement pas avec les suppléments de cette édition spéciale que nous allons satisfaire la moindre parcelle de notre curiosité.

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