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RESIDENT EVIL
Zone 1- USA - 2002

Genre : horreur
Réalisateur : Paul Anderson
Acteurs : Milla Jovovich, Michelle Rodriguez, Eric Mabius, James Purefoy et Martin Crewes
Durée : 101 mn
Image : 1.85 16/9 compatible 4/3
Son : anglais et français en Dolby Digital 5.1
S-T : anglais et français
Editeur/distrib. :
Columbia Tristar Home Video
Date de sortie : disponible

Film :
Interactivité / technique :

Synopsis :
Un laboratoire souterrain contrôlé par la corporation Umbrella est contaminé par un virus hautement nocif. Ce dernier provoque la mutation des gens du laboratoire en zombies assoiffés de chaire fraîche. Pendant ce temps là, en surface, Alice se réveille dans un manoir, complètement perdue dans un semi brouillard amnésique. A peine a-t-elle le temps de commencer à recoller les morceaux de son passé récent qu'un commando d'élite fait irruption dans la salle et l'emmène par une porte dérobée à l'intérieur du complexe infecté….

Mortal adaptation

Au regard des nombreuses tentatives avortées d'adaptation sur grand écran d'un jeu vidéo, il est clair que le Resident evil de Paul Anderson (pourtant réalisateur du four à particules atomiques qu'est Mortal kombat - mais aussi responsable de l'excellent Event Horizon) apparaît à ce jour comme la plus grande réussite en la matière. Un pari d'autant plus difficile que le jeu est un hit planétaire et qu'il compte des millions de fans à travers le globe. Il fallait d'une part ne pas en trahir l'esprit et d'autre part susciter l'intérêt de ceux qui n'ont jamais affronté, le pad à la main, une horde de morts-vivants assoiffés de sang frais. Puis vient un dernier challenge et non des moindres : celui du budget. En effet, ce dernier est passé de 40 millions de dollars à 60 millions avec l'obligation pour le metteur en scène de rentabiliser sans trop effrayer, en dépit du classement R du film (interdit au moins de 17 ans). Il y avait certaines limites à ne pas dépasser. Exit, donc, les plans trop gores et sanglants pourtant nombreux dans le jeu. Il a fallu composer, et ce n'est pas sans un certain savoir-faire que Paul Anderson s'est avéré être un sacré composeur

Chaque concession faite à la censure ou au jeu est remplacée dans le scénario ou la mise en scène par une idée savoureuse, empreinte à ce qui se fait de mieux au cinéma depuis des années. De Romero (faut-il vraiment préciser ?) à Scott et Cameron (Alien et sa suite) en passant par Carpenter (Ghosts of Mars, The Thing, L'Antre de la folie), Paul Anderson alimente son cinéma de ses référence et les recrache sans complexe à travers l'œil généreux de son objectif. Quoi de plus compréhensible quand on sait que Yoshiki Okamoto, créateur de Resident Evil y fait lui-même appel. Sans George A Romero et sa trilogie sur les morts vivants, le jeu n'aurait peut être jamais existé, en tout cas pas comme ça. Empreint d'une certaine nostalgie du genre, il rend un vibrant hommage à ce cinéma d'horreur qui a fait frissonner tant de spectateurs. Ce concept basique de terreur à l'état brut, sans humour ni décalage, n'est là que pour vous empêcher de dormir. Une sensation depuis longtemps abandonnée par le septième art au profit de croquemitaines et de slashers non dénués d'humour, et reprise par le jeu vidéo avec une efficacité certaine. La série des Resident evil et autre Silent hill en sont les exemples les plus criants. La boucle est bouclée quand on sait que Romero lui-même à été le premier contacté pour réaliser le film et qu'il a même écrit un script (le cinéaste se verra remercié au vu de son scénario par trop humoristique, au dire des producteurs). Anderson ne se contente donc pas de piocher dans ce cinéma là pour séduire le public, et ajoute même à son récit un fil conducteur directement tiré d'un conte, celui d'Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll, revu et corrigé de manière horrifique. Sans jamais trop insister, les références sont là. Du prénom de l'héroïne, en passant par celui de l'ordinateur qui contrôle la station (la Reine Rouge), ou du fait que les têtes tombent peu après la rencontre des protagonistes avec l'ordinateur, autant de clins d'œil bien appuyés. Sans pour autant être directement inspiré du jeu, ces éléments enrichissent un peu plus la lecture du récit, lui donnant une dimension supplémentaire (intégrer les références d'un conte pour enfants dans une adaptation de jeu gore ne peut que démunir le spectateur face à ce contraste bien prononcé).

Puis vient enfin la principale source d'inspiration d'Anderson, BioHazard (nom original du jeu) lui-même. Le cinéaste décide de ne pas reprendre les protagonistes du jeu à l'écran, mais de créer d'autres personnages et de les intégrer à cet univers. Que ce soit la tenue de Milla Jovovich, les malles dans le train, le tiroir à code pour se procurer une arme, la statue de l'ange ailé, le décor de la salle à manger du manoir, le train, la thèse du complot instigué par la société Umbrella, les chiens, les zombies, le virus, Racoon City, le dernier plan du film… Autant de références qu'un joueur averti ne se lassera pas de détecter au fur et à mesure que la pellicule défile. Anderson évite ainsi l'écueil qui veut qu'en reprenant les mêmes élément que le jeu, il aura le même succès. Car si Resident evil reste un jeu extraordinaire à faire, regarder quelqu'un y jouer est bien moins passionnant. Ainsi en donnant vie à d'autre personnages dont lui seul prédestine le salut salvateur ou la mort effroyable, il rend l'œuvre attrayante, même si on est au demeurant passif dans cette aventure.

La première scène d'exposition est une petite merveille de cinéma. Que ce soit au niveau du montage, de la mise en scène ou de la musique, rien ne vient entacher notre plaisir de spectateur. Profanes ou fans avertis du jeu vidéo, tout le monde s'y retrouve. La suite est un peu plus mitigée, alternant le bon et le moins bon, Anderson se perdant parfois en chemin. Même s'il réussit toujours à relancer notre intérêt, les enjeux sont trop nombreux pour qu'on s'intéresse à tous avec la même intensité. De plus, et c'est peut être le plus gros défaut du film, les zombies sont ratés. Pour un long métrage clairement axé sur le sujet, c'est quand même le pompon. Les images de synthèses sont balbutiantes et les maquillages desservis par une lumière de part trop exposante. Dommage, dans la mesure où les chiens sont particulièrement bien traités. Mais même avec ce handicap auquel d'autres réalisateurs n'auraient pas "survécu", il réussit à nous emmener jusqu'au bout de l'aventure, jusqu'au plan final ô combien réussi. Ce long zoom arrière progressif vaut à lui seul qu'on s'arrête sur autre chose que le plantage des zombies. Même si l'ensemble du long métrage n'est pas entièrement décomplexé (pas assez de sang, de décors qui suintent, des enjeux plus précis et moins nombreux), il est suffisamment efficace pour qu'on attende déjà la suite avec impatience.

Cedric Melon




Image :
L'image de cette édition zone 1 de Resident evil est d'une qualité impressionnante. Que ce soit sa colorimétrie (les rouges sont d'une stabilité plus que savoureuse), ses contrastes ou son piqué, les défauts son quasi-absents. On émettra simplement une petite réserve sur la profondeur des noirs, légèrement en deçà de la qualité proposée pour l'ensemble, et sur l'alternance un peu trop visible selon les moments et les endroits du film entre le rendu argentique (les trois quarts du film) et le reste. Cela laisse entrevoir quelques défauts invisibles si la qualité du DVD n'avait pas été aussi bonne le reste du temps. En revanche, au niveau de la compression, cette édition est une véritable bénédiction, puisque le master ne souffre d'aucun défaut et nous laisse admirer une image fixe de très haute tenue, sans aucun mouvement disgracieux.

Son :
Sans atteindre le niveau étalon en matière de DVD, la piste DD 5.1 anglaise présente ici nous offre un feu d'artifice d'effets sonores bien appréciable. Que ce soit la mise en avant de la musique ou des scènes d'action, l'opération ne se fait jamais au détriment des voix et de leur détachement, clair et net. La répartition sur les enceintes est plus qu'honnête et exploite les arrières avec entrain et à bon escient (un accessit particulier au moment où l'alarme se déclenche). Les basses ne sont pas en reste puisque présentes de façon presque constante sans pour autant nuire à la clarté de l'ensemble. En bref, ça déménage et de là à ce que votre voisin se demande si votre appartement n'est pas envahi par une horde de zombies en furie, il n'y a qu'un pas que le bouton volume de votre télécommande ne demande qu'à franchir. La piste française propose la même qualité, où même les voix françaises réussissent à complètement nous convaincre.

Interactivité :
Commentaire audio du réalisateur Paul Anderson, Milla Jovovich, Michelle Rodriguez et du producteur Jeremy Bolt : On est un peu étonné de la qualité douteuse du commentaire audio qui nous est proposé, dans la mesure où, quand les quatre protagonistes ne parlent pas en même temps dans une brouhaha imbitable, ils ne nous proposent pas grand chose de bien intéressant. Si ce n'est la façon correcte de prononcer Jovovich, ou le fait qu'elle aime tourner nue. Anderson commentera simplement en disant que ce n'est pas ce que son agent lui a dit au moment de la négociation pour les dites scènes Ce qu'on retient surtout c'est que le tout est d'une grossièreté déconcertante. Milla Jovovich nous parle de ses flatulences, Michelle Rodriguez ponctue pratiquement une phrase sur deux d'un tonitruant "Fuck", quand elle ne se contente pas la plupart du temps de commenter ce qu'il y a à l'écran avec un entrain presque surfait. Elle n'hésite pas à carrément interrompre le réalisateur quand il essaye de nous expliquer le pourquoi de certains choix techniques. Elle demande alors à la volée si quelqu'un en a quelque chose à battre dans la mesure où l'on vient de voir un bout de sein de Jovovich à l'écran…Sans commentaire. Il ne reste que quelques rares occasions, entre deux "fuck" et un joyeux bordel, de prendre à la volée une ou deux informations intéressantes, distillées par le réalisateur. On souhaite d'avance bonne chance à la personne qui aura la lourde tache de traduire le commentaire pour l'édition zone 2.

Making of de Resident evil : En un peu plus de 20 minutes, vous en apprendrez bien plus avec ce making of assez complet qu'en écoutant les 101 minutes du commentaire audio. Les intervenants sont nombreux : des acteurs aux producteurs en passant par le réalisateur, tout le monde y passe. On est promené entre des images du film, du storyboard, des phases de préparation des comédiens, d'entrevues ou des reportages directement filmés sur le plateau et ses coulisses. Et enfin, et surtout, le making of du plan final est particulièrement savoureux.

Scoring Resident evil : 10 minutes pour vous expliquez le pourquoi et le comment des choix musicaux sur le long métrage, avec en plus des explications de Marco Beltrami et Marylin Manson; principaux compositeurs des musiques utilisées, plus un invité surprise….

Costumes : Une petite featurette concernant les costumes (vous vous en seriez doutez), trop courte, à peine a-t-on le temps d'apprendre que c'est Milla Jovovich qui a dessiné sa robe…

Set Design : Dix minutes pour apprécier le travail fait sur les décors. Relativement intéressant dans la mesure ou cet aspect des choses aurait mérité un traitement plus approfondi tant le travail effectué avec aussi peu de moyen est à propos.

Zombie make up tests : C'est la featurette la plus courte de l'interactivité (1 minutes et deux secondes) . Elle permet cependant de se rendre compte que si le film avait été éclairé autrement, les zombie auraient eu un aspect nettement plus terrifiant. Le boulot fait par les maquilleurs n'est vraiment pas mis en valeur dans le film, alors que dans cet extrait d'une minutes il l'est. Paradoxal non ?

Clip vidéo de Slipknot : "My Plague" : Ca décoiffe mais il faut vraiment aimer le Heavy Metal, sinon...

Bandes annonces : On ne peut pas dire qu'au niveau des bandes annonces, on n'ait pas été gâté, puisque on n'en compte pas moins de six. En plus de Resident evil, il y a celles de : xXx, Men in black II, Spider-man, Formula 51 et Final fantasy, le tout en DD 5.1, s'il vous plait.

  • 1 commentaire audio avec Paul Anderson le réalisateur, Milla Jovovich, Michelle Rodriguez et le producteur Jeremy Bolt
  • 5 featurettes du making of à la conceptions des costumes
  • 1 clip vidéo
  • 6 bandes annonces
  • Filmographies
  • Notes de production

- Site officiel du film

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