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MONSTER'S BALL
Zone 1 - USA - 2001

Genre : drame
Réalisateur : Marc Forster
Acteurs : Billy Bob Thornton, Halle Berry, Heath Ledger, Peter Boyle et Sean Combs
Durée : 115 mn
Image : 2.35 16/9 compatible 4/3
Son : anglais en dolby digital 5.1
S-T : anglais et espagnol
Editeur/distrib. : Lions Gate
Date de sortie : disponible

Film :
Interactivité / technique :

Synopsis :
Hank travaille avec son fils, Sonny dans le pénitencier de l'état. Leur tâche est d'accompagner les condamnées à mort pour leur exécution. Comme son père avant lui, Hank contrôle ses émotions et ne laisse à aucun moment le doute l'envahir. Méticuleux et pragmatique, il aime le travail bien fait. Mais lorsque son fils "craque" au cours de l'exécution capitale de Lawrence Musgrove, Hank laisse échapper ce qu'il contient depuis des années, sa haine envers son fils. Ce dernier ne le supporte pas et se donne la mort….Dans le même temps la femme de Musgrove, Leticia, tente de survivre avec son fils après la mort de son mari. Le hasard va faire se rencontrer ces deux "écorchés" de la vie.

Variations sur plusieurs thèmes

Marc Foster frappe un grand coup avec ce film intimiste coup de poing qui tout en abordant pas mal de sujets délicats arrive à souligner un propos sous-jacent qui ne prend sa véritable forme qu'au tout dernier moment. Au départ on se croit plus dans La ligne verte de Franck Darabont, le fantastique en moins, pour très vite s'orienter vers un cinéma plus fouillé, plus subtil dans son approche des personnages et de leur destin, et c'est à Sean Penn que l'on pense en général et à Crossing Guard et Indian Runner en particulier. (On n'est pas étonné d'apprendre que ce dernier à failli adapter lui-même le scénario) En effet A l'ombre de la haine pourrait être un film sur la peine de mort (le premier quart d'heure est difficilement supportable), sur le racisme, sur les relation père-fils et l'hérédité. Il n'en est rien. Ces sujets, même s'ils sont traités avec justesse par le réalisateur, ne servent qu'une seule cause, celle de la rédemption à laquelle aspirent chacun des deux protagonistes principaux du film. Les chemins qu'ils empruntent pour y parvenir, les obstacles qu'ils rencontrent… C'est à ces deux parcours tragiques que le scénario nous mêle, sans fioritures ni équivoques, à l'image de cette scène d'amour incroyable de sensualité et de sens, sorte d'exorcisme du passé effroyable des deux personnages.

On échappe au cliché

Même si à plusieurs moments certaines situations sont à la limite du cliché inhérent à touts les thèmes abordés, la conviction et la générosité des comédiens viennent asseoir définitivement nos émotions. Billy Bob Thornton réussit encore à nous étonner alors que son parcours est déjà jonché de compositions ambitieuses unanimement saluées. Quand à Halle Berry, elle confirme que son talent n'a d'égal que sa beauté et bon sang, qu'elle est belle et touchante dans A l'ombre de la haine. Elle se livre corps et âme à son personnage, dont elle s'approprie les blessures. Sa souffrance se lit sur son visage et derrière son regard pointe une âme en perdition. Une performance incroyable de la comédienne qui lui vaut une récompense aux Oscars dans la catégorie meilleur actrice et dont l'issue favorable nous paraîtrait amplement justifiée. Quand à Sean Combs alias Puff Daddy, on reste sans voix. Il est aussi "bon" que son ex-petite amie Jennifer Lopez est "bonne", c'est dire si sa performance vaut à elle seule le déplacement. Quand à l'ensemble, il est dirigé de main de maître par son jeune metteur en scène Marc Forster qui sait ce qu'il veut. Même si parfois le scénario utilise des artifices un peu trop visibles, (il arrive décidément beaucoup de choses à ses personnages), sa mise en scène simple, efficace et dépouillé souligne son propos, véhicule un message. En un mot, il veut être compris. La fatalité, le destin seraient ce qu'on veut bien en faire. Forster filme deux heures durant celui des deux être humains que tout sépare, oppose et dont pourtant le rapprochement semble être inéluctable.

Tout se résume en un seul plan

Ils se retrouvent confrontés à des choix, des peines et des haines passés, pour que finalement tout se résume à un seul plan, un seul regard. C'est de celui d'Halle Berry dont il s'agit et on se demande à juste titre si ce n'est pas pour ces quelques secondes magiques qui font que l'on bascule dans un sens ou dans un autre, et que Forster a fait le film. On est là et on reste assis, plusieurs minutes après que la salle se soit rallumée, comme pour mieux contenir l'émotion que l'on vient de vivre...

Cédric Melon




Image :
Il serait mal venu de se plaindre de la qualité de la compression de Monster's ball tant sa qualité approche la perfection. Le transfert 16/9 est magnifique avec une saturation des couleurs exemplaire qui donne au film son atmosphère particulière, et une gestion des noirs quasi exemplaire. L'image réussi à être soigné tout en respectant cette saturation presque trop prononcé qui fixe aussi bien les détails que les ensembles, passant de l'ombre à la lumière avec une fluidité déconcertante. Cette attention apporté à l'image donne une certaine noblesse aux teintes du film auquel la compression du master rend clairement hommage en étant immaculée d'un bout à l'autre. Pas de bruits en arrière plan, une fluidité constante : c'est un régal.

Son :
Même si l'œuvre ne se prête pas aux effets ébouriffants d'un film d'action, il n'en demeure pas moins que l'exploitation da la BO et des dialogues est une petite merveille de savoir faire qui ravira les plus pointilleux d'entre vous. Des scènes qui gagnent en émotion grâce à leurs précisions dans les choix des effets (l'exécution) et une gestion de la musique et des dialogues mis en avant à bon escient dans chacune des scènes. Cela permet d'asseoir une fois de plus nos émotions en combinant les silences assourdissants et les envolées lyriques qui, même si elles ont tendance à laisser nos enceintes arrières légèrement en berne, permettent d'apprécier pleinement cet ensemble de qualité.

Interactivité :
Les deux commentaires audio sont une véritable mine d'in formations pour ceux qui ont aimé le film. Celui avec le directeur de la photo est plus axé sur la technique et conditionne un peu plus la façon dont on regarde ensuite le métrage. Chaque ombre, chaque objet, chaque paysage sont le résultat de négociations et d'adéquations entre le réalisateur et son chef opérateur, avec comme seule motivation : servir le récit. L'ambiance, les nuances sont les reflets des sentiments et des situations décrites par le scénario. Les deux hommes reviennent sur chacun de ces éléments avec un respect réciproque évident. Alternant la description et l'explication sur les détails qui font le film , que ce soit les décors, les comédiens ou les techniciens, qui sont tous les maillons d'une même chaîne, et qui ont tant donné au film. Ils reviennent aussi sur les conditions du tournage, narrant quelques anecdotes dont ressort le plaisir évident qu'ils ont eu à faire le film, qui plus est dans le sud des Etats-Unis.

Le second commentaire audio, s'il est moins académique et technique, a le mérite de mettre en avant les sentiments de Halle Berry et Billy Bob Thornton, et les rapports qu'ils ont avec leur metteur en scène. Thorton va jusqu'à remercier Dieu que Forster l'ait incité à faire certaines scènes (en l'occurence celle où il est sur une barge en pleine tempête) tant le résultat lui semble extraordinaire. Halle Berry souligne que c'est son bébé et que lorsqu'elle revoit Monster's ball, elle regrette presque d'avoir fait tourner certains plans superflus au réalisateur qui n'ont pas été retenues au montage, tant elle est fière du résultat. Le plus surprenant dans son commentaire c'est quand elle explique, durant la scène d'amour, qu'elle arrive à ne plus voir que c'est elle à l'écran, et va jusqu'a juger son personnage. Le réalisateur quand à lui regrette simplement qu'on ait parlé de son film en soulignant presque systématiquement la scène d'amour sans voir ce qu'il y avait autour. Il explique qu'il y a tellement plus de choses appréciables et importantes dans son film sans pour autant renier la scène, qu'il regrette que la presse outre-atlantique n'ait retenu que cela. Halle Berry lui donne son interprétation de la chose en lâchant un laconique : "That's America" ! Malheureusement, les deux commentaires ne sont pas sous titrés, et il faut vraiment s'accrocher pour en saisir toute la saveur (pour l'accent de Billy Bob Thornton, il faut carrément se cramponner). Mais si vous avez aimé le film, votre persévérance ne manqueras pas d'être récompensée.

Le documentaire sur les coulisses du tournage, pourtant indiqué par la jaquette, ne fait pas partie des réjouissances. Cependant, et pour notre plus grand plaisir, il est remplacé par un petit doc sur l'importance de la musique. Le réalisateur explique ses motivations et on assiste par extraits aux enregistrements des morceaux, avec comme intervenant le compositeur et les musiciens qui ont participé à la BO. On est pas loin d'un contexte promotionnel, (le cd s'affiche à la fin du reportage), mais cette petite featurette donne envie de se le procurer sans attendre.

Les quatre scènes coupées au montage de Monster's ball ne présentent que peu d'intérêt (hormis la dernière) et démontrent l'opiniâtreté du réalisateur qui a su filmer le strict nécessaire dans le cadre de son long métrage.

- School yards :
Une scène où l'on voit Tyrell, le fils d'Halle Berry dans le film, seul et isolé dans la cour de récréation de son école. Il est temps de partir et le proviseur l'appelle sans succès. Certainement une scène qui au départ devait souligner un peu plus l'isolement du garçon, et son désir de ne pas rentrer chez lui.

- Hanck and Lawrence :
Une scène plus courte dans le film où Hank raconte à Lawrence une anecdote avec son père. La scène est courte et ne présente que peu d'intérêt dans la mesure ou elle lie un peu plus le gardien et son prisonnier, ce qui est à l'encontre de ce qu'on peut voir dans le film, en tout cas dans le cas de lawrence.

- Hanck and Buck :
Discussion entre le père et le fils. Buck se plaint de ne pas sortir et exprime son angoisse d'être enfermé toute la journée. Hanck lui conseille de sortir un peu mais ce dernier réplique que la pluie l'en a empêché. Il souligne ensuite que les deux jeunes Noirs n'ont pas entendu l'avertissement de Hanck et son revenus rôder près de la maison. Une scène pas vraiment utile, vu que tout est déjà clair dans le montage définitif sur les sentiments et les motivations du père : raciste, isolé et rongé par sa haine. L'insérer au montage aurait sans doute été un peu trop redondant.

- Retirement home :
On en sait un peu plus sur les conditions de placement du père. Une scène qui avait tendance à grossir le trait sur la désinvolture et la détermination de Hanck vis à a vis de l'homme qui n'est plus rien pour lui et qui va enfin le laisser vivre. Peut être la scène coupée qui aurait le plus justifié une insertion dans le montage définitif.

Pour terminer cette interactivité, la bande annonce est aussi disponible et représente un petit tour de force tant elle sert le propos du film. Dans son ensemble l'interactivité du DVD ne vaut que pour les commentaires audio (dommage qu'ils ne soient pas sous-titrés) et la featurette sur la musique. On ne retiendra pas les scènes coupées tant elles ne présentent que peu d'intérêt.

  • 1 commentaire audio avec: Mark Forster, Halle Berry et Billy Bob Thorton
  • 1 commentaire audio avec: Mark Forster et Roberto Schaefer ( chep Op)
  • 4 scènes coupées
  • Documentaire sur la partition musicale du film
  • Bande annonce de Monster's Ball

- Site officiel US

 

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