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Action ou vérité ?
X-Men
2, décevant ? Malheureusement oui. Et heureusement non
! Un fait est indéniable : Bryan Singer n'a pas su retrouver
l'état de grâce du premier épisode. Car X-Men
premier du nom était une réussite énorme, peut-être
la meilleure tentative - avec Spider-Man - de transposer
un comic book à l'écran de façon mature et
réfléchie. Dans le fond, le réalisateur introduisait
de brillante façon l'une des thématiques centrales
de la saga : les difficultés d'intégration des mutants
au sein de l'humanité dite "normale" (la scène
d'ouverture dans le camp de concentration est restée gravée
dans les mémoires, et demeure peut-être comme la plus
belle séquence d'un film tiré d'un comic book). Dans
la forme, X-Men était tout simplement un grand film
classique sur des super-héros. Le filmage de Singer ne cédait
jamais à la mode en vigueur, et ses cadrages tout comme ses
mouvements d'appareils se focalisaient avant tout sur les protagonistes
et leur(s) histoire(s). X2 ne peut malheureusement pas se
targuer d'une telle rigueur.
A la surface
C'est
en regardant ce second épisode que l'on se rend compte que
X-Men était un modèle d'écriture. Toute
la difficulté de structurer un film aux multiples personnages
ressort dans X2. La narration morcelée et les multiples
correspondances spatio-temporelles impliquées par l'éclatement
du groupe occasionnent quelques incohérences gênantes
(des actions de 10 minutes sont plus longues que d'autres d'une
demie-heure). De ce fait, Singer n'a guère le temps de développer
ses personnages. Cyclope est purement et simplement escamoté,
le professeur Xavier, malgré un début prometteur,
n'évolue pas, tout comme Magnéto ou Tornade (malgré
un court dialogue qui mettra la puce à l'oreille des fans
de la BD). Seul Wolverine voit le secret de son passé (plus
ou moins) révélé, et Mystique bénéficie
d'un temps de présence conséquent. En ce qui concerne
les nouveaux personnages, signalons bien sur Diablo, visuellement
très réussi, mais qui n'a pas été assez
creusé par les scénaristes. Lady Deathstrike, malgré
une séquence sublime, est cantonnée à un rôle
de bras droit du méchant assez classique. Au final, la seule
évolution importante du film se situe au niveau du personnage
de Jean Grey, qui est à l'origine d'un plan final absolument
extraordinaire, qui flanquera la chair de poule à n'importe
quel fan de la BD, et annonce une suite d'ores et déjà
attendue au tournant.
Anabolisant
Ce
qui est sur, c'est que l'équipe du film a tenu compte des
reproches adressés au premier épisode, concernant
le déséquilibre des scènes d'action (mouais).
Ici, pas de souci, ça se bastonne environ tous les ¼
d'heure. On retiendra certaines séquences vraiment réussies,
comme l'introduction, l'invasion de l'école (où Wolverine
utilise enfin ses griffes au maximum) et le combat entre celui-ci
et Lady Deathstrike. Ce dernier est d'ailleurs à l'origine
d'une des frustrations du film : trop peu de combats entre mutants,
ce qui est tout de même la base de tout bon comic book qui
se respecte. De plus, cet ajout de testostérone ne saurait
cacher la relative faiblesse sous-textuelle du film, à savoir
que le schmilblick n'avance pas d'un iota : les humains ont toujours
peur des mutants, ceux-ci essayent toujours de s'intégrer,
et Magneto veut toujours faire triompher son "espèce".
Au final, chacun campe plus ou moins sur ses positions, et rien
ne change vraiment. Et comme Singer filme le tout d'une façon
moins rigoureuse que le premier épisode, vous comprenez l'étendue
de notre (relative) déception. X2 est un film excitant,
parsemé de fulgurances visuelles, bien implanté dans
l'univers qu'il décrit, mais ne peut soutenir la comparaison
avec le premier épisode. On y verra plutôt un prolongement,
qui permet d'ouvrir la saga vers d'autres horizons qui s'annoncent
d'ores et déjà plus centrés sur les mutants
eux-même. Vivement la suite, donc. Et bon dieu, quel plan
final...
Laurent
Duroche
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