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TERMINATOR 3
Le Soulèvement des Machines

USA - 2003

Genre : SF-action
Réalisateur : Jonathan Mostow
Acteurs : Arnold Schwarzenegger, Nick Stahl, Claire Danes, Kristina Loken
Directeur de la photographie : Don Burgess
Musique : Marco Beltrami
Durée : 105 mn
Distributeur : Columbia Tri-Star
Date de sortie : 06 août 2003

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Synopsis :
2006. Neuf années se sont écoulées depuis la date fatidique du jugement dernier. Atteinte d'un cancer, Sarah Connor aura survécu assez longtemps pour s'assurer de la survie de la race humaine. Désormais seul au monde, John Connor traîne son rôle avorté de sauveur comme un fardeau. Méfiant malgré tout, il a pris soin d'effacer toute trace de son passé. Errant sans but, John fuit la réalité, jusqu'au jour où sa destinée le rattrappe, sous la forme de deux nouveaux Terminators venus du futur pour annoncer une Armaggeddon imminente...
Hollywood Breakdown

Si l’on excepte quelques pelloches marquantes (dans l’ordre de sortie : Gangs of New York, Arrête-moi si tu peux, Adaptation et Traqué), l’année 2003 s’est jusqu’ici avérée particulièrement pesante pour le cinéphile. Alors que les studios déversaient des torrents de chefs-d’œuvre l’an passé, les mêmes nous jettent en pâture du Hulk, du Daredevil et du Matrix Reloaded (désolé pour ceux qui aiment) sans se soucier d’une quelconque attente qualitative du public. Les titres sont devenus marques, les films produits de consommation courante, sitôt ingérés, sitôt éjectés par un endroit que la morale réprouve.
On entendra dire ici et là que le phénomène n’est pas nouveau, mais il faut bien avouer que la politique de franchise des majors (et pas seulement américaines ; remember Taxi ?) n’a jamais été aussi agressive. Un espoir survit toutefois : Hulk, Daredevil et Matrix Reloaded ont subi, en seconde semaine, des pertes de fréquentations proportionnelles à leurs chiffres du sacro-saint week-end d’ouverture. Le titan vert a même chuté de 75 % et s’est retrouvé à cachetonner dans les abîmes du box-office. Si le film remboursera largement son budget à l’internationale, on doute qu’Universal daigne produire une séquelle avant longtemps.
Au cœur de cette armada d’éléphants difformes et survendus (un gros bémol pour Reloaded, tout de même bien plus intelligent que la moyenne), que nous attendions pourtant avec la plus haute impatience, un titre nous faisait étrangement très, très peur. Produit, écrit et mis en scène sans James Cameron, privé de la musique de Brad Fiedel, déserté par Linda Hamilton, Edward Furlong et Michael Biehn et, par-dessus tout, flanqué de plusieurs bandes-annonces digne d’un épisode friqué de X-Or, Terminator 3 avait tout pour foncer pied au plancher, droit dans le mur. Paradoxalement, dans un tel parfum d’autodestruction cinématographique généralisée, voir T3 relève d’une bouffée d’air inespérée. Mieux : vu la forme de Schwarzy et son pectoral fier, on peut d’ores et déjà déboucher le champagne et fêter des retrouvailles que l’on n’attendait plus. C’est bon, Arnold, King Conan, c’est quand tu veux.

The Terminator Reloaded

Terminator 3 – Le Soulèvement des machines est une réussite. Pas une réussite majeure, ni un choc équivalent à ses deux prédécesseurs en leur temps, mais les choix narratifs de Jonathan Mostow éludent de toute manière toute rivalité dans l’œuf. Cadreur efficace et metteur en scène énergique (cf. Breakdown), Mostow a choisi de succéder au Dieu de la SF burnée sur un mode mineur. Au revoir donc les 2h30 épiques de Terminator 2, bienvenue dans une heure quarante de rebondissements serrés et d’action dévastatrice. Good bye aux nombreux débats intimistes et aux introspections de l’héroïne ; Mostow ne cadre en tout et pour tout que quatre dialogues reposés dès lors que la course poursuite est lancée. Au revoir enfin à la structure rigoureusement chapitrée : la linéarité de T3 ne se démentira jamais sur l’intégralité de la projection.
Jonathan Mostow n’a aucune envie d’empiéter sur les plates bandes de James Cameron. A peine entamé, un cauchemar futuriste renvoie par exemple l’action au présent, au terme de quatre plans guerriers, de sorte que rien ne vienne répéter ce qui a déjà été dit dans Le Jugement Dernier. Certes, les références à T2 sont ici monnaie courante, mais celles-ci ne répondent qu’à un vrai projet de continuité. Seule l’apparition gag du docteur Silberman pourra trahir une certaine gratuité, menant le métrage quelques secondes durant vers la catégorie des simples « films de fan ».

Mouton gâté, mouton content

Outre des effets spéciaux fabuleux et des morceaux de bravoure monumentaux (dont une poursuite d’anthologie de six minutes en plein cœur de LA, où tout ce qui a le malheur d’entrer dans le champ explose ou voltige aux quatre vents), ce qui surprend le plus dans Terminator 3 est donc ce recentrage de l’intrigue sur l’action à proprement parler, les personnages étant appelés à s’étoffer au beau milieu des tirs de roquettes. Narré dans l’urgence, T3 file à toute allure vers sa conclusion et finit par adopter la forme d’un climax permanent. Tout ceci serait épuisant si Mostow n’avait pas signé un prologue et une conclusion sublimes, à la fluidité rare, à l’intimisme poignant. Peu importe alors que la mise en scène soit pour le moins académique, que Beltrami ne soit pas Fiedel et que le cinéaste multiplie les touches d’humour maladroites sans avoir l’air de s’en inquiéter. Sincère, généreux et respectueux de son public, Jonathan Mostow relance avec testostérone et intelligence une série que l’on croyait vouée aux flammes de l’enfer. Avec le potentiel déjà superbement exploité de la Terminatrice et les promesses de l’épilogue, on aurait bien tort de ne pas attendre avec impatience la production d’un quatrième épisode. Certaines choses ne changeront sans doute jamais : les titres sont des marques, les films des produits, mais si ces derniers avaient plus souvent le goût de Terminator 3, on n’en serait plus à jouer les consommateurs mécontents.

Alexandre Poncet

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-Critique de la bande originale

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