LES
RIVIERES POURPRES 2
Les Anges de l'Apocalypse
France - 2004
Genre : Thriller Réalisateur : Olivier Dahan Acteurs : Jean Reno, Benoît
Magimel, Christopher Lee Directeur de la photographie : Alex
Lamarque Musique : Colin Towns Durée : 100 mn Distributeur : Europa Corp Date de sortie : 18 février
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bande-annonce
Synopsis
:
Un cadavre est découvert dans les murs d'un monastère
de Lorraine. Niémans est chargé d'enquêter. Pendant
ce temps à quelques kilomètres de là, le jeune
inspecteur Reda tombe nez à nez, lors d'une enquête de
routine, avec un sosi de Jésus, présentant les mêmes
stigmates que le Christ. Tandis que les morts se multiplient, orchestrées
par des moines ninjas énigmatiques, les recherches des deux
policiers vont se rejoindre en une seule et même affaire...
La Fin est proche
Dans la catégorie poids "lourd" rassembleur, et
au sein de la production populaire française, Les
Rivières pourpres 2 fait figure de cas d'école.
Séquelle inattendue, sinon injustifiée d'un thriller
crépusculaire, certes imparfait mais attachant de Mathieu
Kassovitz, Les Anges de l'Apocalypse semble déterminé
à substituer à l'avant gardisme de son aîné
(à l'échelle nationale, s'entend) un retour en arrière
thématique, dramatique et qualitatif particulièrement
inquiétant..
En
l'état, il est légitime de déplorer le scénario
prétentieux et superficiel de Monsieur Luc Besson (n'oublions
pas le patronyme, ce "très grand cinéaste"
étant capable de nous poursuivre au moindre malentendu),
qui enchaîne les digressions snobinardes, les contrepoints
comiques de seconde zone et les raccourcis narratif à une
cadence de métronome. Sûr de lui, RP2
récite ainsi le code de la police et la bible tous les deux
plans pour sonner "calé", fonde de nombreuses séquences
sur le seul alibi d'une blague de "djeun's" ("ben
alors Jésus, faut rester dans les clous !"), fait cracher
par erreur à des personnages secondaires les clés
de l'intrigue (à voir pour le croire) avant de révéler,
au final, que le grand dessein apocalyptique des méchants
(des allemands, donc des nazis) ne menait en fait qu'à leur
propre perte. On se demandera au passage ce que Christopher Lee
a pu trouver de gratifiant dans son rôle.
Le Script de l'Apocalypse
Les
yeux écarquillés devant les révélations
du film (il est dit durant les trois quarts du métrage que
les vilains cherchent un livre ; vers la fin, les héros découvrent
avec stupeur et tremplement l'objet de la convoitise, dévoilé
à la caméra avec la même intensité que
l'Arche dans le premier Indiana Jones : morbleu,
mais c'est un livre !), on serait tenté de penser à
un canular, de ces parodies officieuses tricotées par des
réalisateurs en mal de final cut. Il n'en est rien. Assumé
de bout en bout par un Olivier Dahan visiblement heureux de filmer,
que son travail s'avère efficace (autopsie d'un mur de monastère
au laser, combat mano a mano et course à pied), correct (présentation
des deux héros) ou embarrassant (un bon paquet de choses),
l'auteur de Déjà mort et du Petit
Poucet cède, consentant, à un vocabulaire
de racoleur, quitte à se perdre dans une violence gratuite
et un catalogue d'acrobaties destinées aux admirateur du
groupe Yamakasi.
Vain, Les Rivières
pourpres 2 ne raconte rien, ne montre rien de nouveau et
s'achève sans comprendre lui-même ses potentiels enjeux
dramatiques. Des longs-métrages aussi mal écrits ne
courrent pas les rues, et le succès annoncé de cette
séquelle risque, hélas, de les rendre plus courants.
Toutes nos condoléances, monsieur Dahan (on vous aime bien
ici, et ce film n'y changera pas grand chose) ; en revanche, nous
ne vous remercions pas, monsieur Besson.