LE
SEIGNEUR DES ANNEAUX
LE RETOUR DU ROI
USA / Nouvelle-Zélande - 2003
Genre : Heroic Fantasy Réalisateur : Peter Jackson Acteurs : Elijah Wood, Sean Astin,
Viggo Mortensen, Orlando Bloom, Ian McKellen, Bernard Hill, Billy
Boyd, Dominic Monaghan, Miranda Otto, Liv Tyler, Cate Blanchett,
John Rhys-Davis, David Whenam, Karl Urban, Hugo Weaving, John Noble... Directeur de la photographie : Andrew
Lesnie Musique : Howard Shore Durée : 200 mn Distributeur : Metropolitan Filmexport Date de sortie : 17 décembre
2003 > Portfolio > Liens Internet /
bande-annonce
Synopsis
:
La Guerre de l'Anneau a commencé. Tandis que les orcs de Sauron
s'attaquent au Gondor et à sa capitale, Minas Tirith, où
s'affronteront bientôt toutes les civilisations de la Terre
du Milieu, Frodon, Sam et Gollum poursuivent leur percée en
Mordor, dans le but de plonger l'Anneau Unique dans la lave de la
Montagne du Destin...
Jusqu'au bout du rêve
Qu'on se le dise : Le Retour du Roi est un événement
majeur, une oeuvre appelée à marquer l'histoire du
Cinéma. Toutefois, avant de se lancer dans les superlatifs,
soyons honnêtes : si les montages cinéma de La
Communauté de l'Anneau et des Deux Tours,
tout inférieurs fussent-ils à leurs versions longues,
fonctionnaient merveilleusement bien d'un point de vue dramatique,
celui du Retour du Roi trahit bien davantage ses
nombreux raccourcis. Sacré paradoxe, quand on sait que ce
film "trop court" dure déjà, en l'état,
une demi-heure de plus que ses aînés !
Director's Cut ?
Certes, la disparition
annoncée de Saruman est traitée avec intelligence
et ne gêne en rien l'intrigue. Il n'en est pas de même
pour les Maisons de Guérison, dont la suppression évoquée
par Peter Jackson durant l'été 2003 causa moins de
remous que les déclarations outrées de Christopher
Lee. Oubliés de la dernière partie du métrage,
Eowyn et Faramir font de nouveau les frais des contingences cinématographiques
modernes (à savoir : jamais 4 heures sur grand écran
!) et disparaissent littéralement d'un drame qui les concernait
énormément.
Autre conséquence fâcheuse de ce chapitre manquant,
le spectateur n'aura pas le temps de reprendre son souffle entre
le chaos des Champs du Pelennor et la charge suicidaire des hommes
aux Portes du Mordor. Epuisant, Le Retour du Roi
l'est plus que tout autre film avant lui, montrant ses cornes au
spectateur comme un taureau dans une arène, ne lui offrant
en répit qu'une conclusion en apesanteur, au terme d'une
projection furieuse de plus de trois heures.
Grand Spectacle
Ces
frustrations aisément digérées (la version
longue arrive et s'annonce PHENOMENALE !), reste l'un des montages
provisoires les plus spectaculaires et les plus émouvants
jamais vus sur un écran de cinéma. Véritable
mastodonte, Le Retour du Roi offre déjà
des affrontements épiques inouïs de beauté. L'heure
que durent le siège de Minas Tirith et la bataille du Pelennor
risque bien de redéfinir les exigences publiques pour les
décennies à venir. Inconcevable, impensable à
peine deux ans plus tôt, la mise en scène de Peter
Jackson s'y exprime enfin pleinement. Libéré de toute
contrainte technique, le réalisateur appréhende chaque
plan comme un climax à part entière, à un rythme
et une échelle tellement gigantesques qu'on s'étonnera
de n'avoir aperçu qu'une poignée d'images dans les
bandes-annonces, toutes bien en-deça du résultat final.
L'attaque des Nazgul sur Minas Tirith (déluge de plans séquences
voltigeant d'un bout à l'autre de la cité), la charge
des Rohirrim sur les armées de Sauron (alternance entre prises
à ras de terre et vues aériennes à tomber à
la renverse), la riposte des mumakil (à voir pour le croire)...
Autant de scènes d'anthologie inoubliables que Jackson livre
à la postérité, n'hésitant pas à
en élever encore les enjeux dès que la tension et
l'ampleur menaceraient, ne serait-ce que quelques secondes, de s'amenuiser.
Au coeur de la mêlée
Les
espérances étant largement dépassées
au niveau du spectacle, restait à honorer l'émotion
du livre, de loin le plus complexe psychologiquement des trois épisodes.
Pari également gagné sur ce point : aussi grandes
soient les batailles, Peter Jackson ne s'éloigne jamais de
ses protagonistes. Au contraire, la mise en scène et les
divers rebondissements reposent avant tout sur leur situation dans
l'image, le cinéaste n'hésitant pas à insérer
de très gros plans de visages et des dialogues foncièrement
intimistes (cf. l'évocation de la vie après la mort
entre Gandalf et Pippin) au plus fort des batailles. Le plus beau
restera néanmoins le soin apporté à l'esprit
communautaire du film, l'unité et la cohérence de
l'univers autant que des agissements des héros n'ayant jamais
été aussi palpables qu'ici. Annoncé à
de nombreuses reprises lors de la première partie (le rassemblement
à Edoras, le rêve de Arwen, les bûchers du Gondor,
les diverses rencontres sur le chemin de la guerre), bien qu'on
attende encore un net approfondissement dans la version longue (le
serment de Pippin devant Denethor y répondant par exemple
à celui de Merry devant Theoden), cette thématique
inonde les deux dernières heures du film et permettent à
Jackson l'impossible : monter une bataille à très,
très grande échelle en parallèle avec un drame
humain centré sur trois minuscules personnages. Remède
miraculeux à plusieurs décades de cynisme, l'épilogue,
non seulement du Retour du Roi mais aussi et surtout
du Seigneur des Anneaux (une dizaine de minutes
et un générique de fin décoré, voilà
qui paraît justifié pour un film de 11 heures), achèvera
l'oeuvre selon cette logique intimiste, laissant à chacun
le soin de puiser ses propres émotions au sein de ce calme
après la tempête, voguant
decrescendo vers une image de clôture sourde, superbement
évocatrice et à petite échelle.
Défiant les conventions et les attentes (cf. le faux plan
final sur les Havres Gris), Peter Jackson a bien signé le
film de sa vie, un chef-d'oeuvre aux inombrables facettes qu'une
prochaine version longue (on osera parler de "director's cut")
devrait hisser au sommet du Septième Art, aux côtés
d'une petite dizaine de titres entrés, au fil des décennies,
dans la Légende. Quand on sait, après cela, que Jackson
rêve de réaliser King Kong depuis
qu'il a 10 ans...
Petit
tour d'horizon des séquences qui risquent fortement d'apparaître
au menu de la version longue du Retour du Roi,
d'ores et déjà prévue pour novembre 2004. Vu
la quantité de matériel laissé à l'abandon,
et considérant les propres déclarations de Peter Jackson
(le premier vrai montage faisait 4h20 !), on peut s'attendre à
ce que le film atteigne les quatre heures de projection...
- "La voix de Saruman", une séquence
de sept minutes en Isengard, où Aragorn, Theoden et Gandalf
tentent de faire descendre le sorcier de sa tour, et au terme de
laquelle Grima, à la surprise générale, se
retourne contre son maître.
-
Tandis que les Rohirrim savourent la victoire de Helm's Deep, Gimli
apprend à un Legolas perplexe les règles et la finalité
d'un concours de boisson. "L'intérêt est de rester
debout !" Cette séquence est disponible dans son intégralité
sur le DVD du National Geographic distribué à l'occasion
de la sortie du Retour du Roi.
-
La séparation de Merry et Pippin est légèrement
plus longue : "We shall see the Shire again !"
- Après quelques dialogues enveminés
("I cannot protect you anymore !"), Arwen tombe, mourrante,
dans les bras de Elrond. Sa survie dépend clairement de la
destruction de l'Anneau.
-
Merry prête serment devant Theoden et devient un chevalier
du Rohan.
- Gandalf découvre que Denethor est en possession
d'un Palanthir, lequel contribuera à sa folie et son pessimisme
durant la bataille (détail très évasif au cinéma).
- Les Morts attaquent les Corsaires afin de leur
voler leurs navires. On ignore encore si cette scène sera
effectivement incorporée à la version longue, mais
Peter Jackson a bel été bien tourné le combat,
durant lequel il interprète lui-même un Corsaire, aux
côtés de Richard Taylor !
-
Tandis qu'ils galopent vers les catacombes des Intendants du Gondor,
dans l'espoir de sauver Faramir de la folie de son père,
Gandalf et Pippin tombent nez-à-nez avec le Roi Sorcier d'Angmar
(plan visible dans la preview du double DVD des Deux Tours).
Un court affrontement s'ensuit. A noter que le débarquement
à Osgiliath, le siège de Minas Tirith et la bataille
des champs du Pelennor devraient être sensiblement allongés,
notamment du point de vue de la violence (cf. l'Amon Hen dans La
Communauté de l'Anneau et le Gouffre de Helm dans
Les Deux Tours).
-
Eomer découvre Eowyn inanimée sur le champs de bataille,
après sa confrontation avec le Roi Sorcier.
- Eowyn et Merry sont emmenés aux Maisons
de guérison de Minas Tirith. Aragorn les y guérit.
Tandis que Merry se prépare à retourner au front,
Eowyn rencontre Faramir, lui aussi convalescent. Leur idylle commence.
- Déguisés en orcs après leur
évasion de Cirith Ungol, Frodo et Sam sont incorporés
de force dans les rangs de l'armée de Sauron.
-
Aragorn défie Sauron à travers le Palantir de Denethor,
en brandissant Anduril. Cette scène expliquerait pourquoi
l'Oeil de Sauron se détourne de Frodo lorsque celui-ci approche
de la Montagne du Destin. Cette dernière séquence
devrait logiquement apparaître un peu plus tôt dans
le film.
- La Bouche de Sauron (Bruce Spence, l'homme au
serpent de Mad Max 2, l'homme du train de Matrix
Revolutions et la voix du requin du Monde de Nemo),
un ambassadeur cadavérique chevauchant une monture cauchemardesque,
vient à la rencontre de Gandalf et Aragorn aux Portes du
Mordor et prétend que le porteur de l'Anneau a été
capturé, et que tout espoir est perdu. En dépit de
la cotte de mithrill et de la cape elfique exhibées par le
monstre, Gandalf ne peut s'y résoudre et refuse de capituler.
Ce n'est qu'à ce moment que les troupes de Sauron jaillissent
hors de la Porte Noire ; il n'est pas exclu que la Bouche de Sauron
affronte un protagoniste, contrairement aux événements
du livre (Aragorn étant occupé par un troll, pourquoi
pas Gandalf ?).
- L'épilogue, déjà très
long selon certains, devrait être allongé : manque
surtout à l'appel le couronnement de Eomer, nouveau Roi du
Rohan.