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ONG BAK
Thaïlande - 2003

Genre : Action / Combat
Réalisateur : Prachya Pinkaew
Acteurs : Tony Jaa, Petchtai Wongkamlao, Pumwaree Yodkamol
Directeur de la photographie : Nuttawut Kittikun
Musique : Atomix Clubbing Studio
Durée : 100 mn
Distributeur : Europa Corp.
Date de sortie : 7 avril 2004

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Synopsis :
Dans le temple de Nong Pradu, dans une province reculée de Thaïlande, le bouddha Ong-Bak est vénéré par les habitants, qu'il protège des intempéries et de la famine. Le jour où un voyou de Bangkok dérobe la tête de Ong-Bak dans l'espoir d'en tirer un profit substantiel, la panique s'installe dans le village, et le jeune Ting est bientôt envoyé en croisade. Arrivé à Bangkok, il sera guidé par George, fils exilé d'un sage du village, qui l'entraînera dans un réseau de combats clandestins organisés par la mafia locale...
Les Jambes à son cou

C'est presque un événement historique : pour la première fois depuis Nikita, nous tombons d'accord avec le producteur Luc Besson et le suivons sans hésiter dans sa nouvelle croisade. Bien sûr, certains verront dans la sortie française d'Ong Bak une tentative désespérée du bonhomme de s'approprier les mérites d'un cinéma qu'il jalouse ; un peu naïf peut-être, on osera penser qu'il agit ici ni plus ni moins comme un fan.

Difficile, il faut dire, de ne pas tomber à la renverse en découvrant Ong Bak et les prouesses physiques de Tony Jaa, réalisées sans filet et élaborées au fil de quatre années d'entraînement à plein temps. Depuis son triomphe en Thaïlande durant l'été 2003 (de loin le plus grand succès public de l'histoire du pays), on n'a cessé de comparer Jaa au Petit Dragon de Hong-Kong. Si elle s'avère extrêmement flatteuse, l'analogie n'en est pas moins inappropriée : plus rapide et plus aérien que Bruce Lee (le Muay Thaï et le Jet Kundo n'ayant que peu de mouvements en commun), Jaa affiche également une sérennité, un calme, une paix plus proches d'un Jet Li. Visage beau, lisse et juvénile, regard niant le principe même de haine au coeur même des mêlées, technique privilégiant la répartie au détrimant de l'attaque ; pas de doute, si les joutes de Ong Bak sont homériques (la séquence du bar clandestin va rendre fou les amateurs du jeu Street Fighter) et les coups portés d'une violence sèche, brutale, à vous décrocher quelques côtes jusque dans votre fauteuil (mais comment les acteurs ont-il pu survivre à CA ?!), le film de Prachya Pinkaew ne glorifie à aucun moment la mise à mort gratuite. Chaque face-à-face s'inscrit ainsi dans une logique de défense du faible, l'intégrité et la morale du métrage reposant sur une scène d'entraînement condamnant dès le prologue les pratiques martiales abusives.

" With Great Power... "

C'est donc, par les temps qui courrent, un fait assez rare pour être noté : Ong Bak invite ses spectateurs à admirer des affrontements martiaux davantage qu'à les pratiquer (même si quelques katas ne peuvent pas faire de mal à la sortie de la salle), et c'est dans ce contexte libérateur que le film prend toute son ampleur. Maître du moindre mouvement de son corps, Tony Jaa se métamorphose vite en une icône inaccessible, sorte de super héros doué d'aptitudes hors du commun. De grands pouvoirs découlent de grandes responsabilités, comme disait l'oncle Ben ; parti sauver la veuve et l'orphelin, le bougre court à grandes enjambées sur les têtes de ses adversaires (comme dans Matrix Reloaded, mais sans câbles ni synthèse), bondit à trois mètres de hauteur et décoche des séries de coups de pieds rotatifs avec une aisance déconcertante, glisse sous des voitures en mouvement ou encaisse des attaques de tables, radiateurs ou réfrigérateurs en plein torse... Lorsque les idées viennent à manquer du côté des tatannes, Jaa et Pinkaew osent une poursuite hallucinante, ballet de pousse-pousse mécaniques au cours duquel notre héros bondira d'un toit à l'autre en manquant à tout instant de déséquilibrer les caisses.

A l'écran, le résultat atteint des sommets d'intensité inédits et laisse augurer un véritable renouveau du cinéma d'arts martiaux asiatique. D'ici là, les quelques faiblesses cinématographiques de Ong Bak (histoire légèrement mièvre et montage incertain) trouveront sans doute leur remède : prévu pour la fin de cette année, Tom Yum Goong en sera le premier descendant officiel, et Luc Besson s'est déjà engagé à financer et distribuer les cinq métrages suivants de Pinkaew et Jaa, en leur promettant une liberté d'action absolue. Peut-être un peu naïf, exceptionnellement on osera le croire. »

Alexandre Poncet

 


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