MASSACRE
A LA TRONCONNEUSE
The Texas Chainsaw Massacre - USA - 2003
Genre : horreur Réalisateur : Marcus Nispel Acteurs : Jessica Biel, Erica Leerhsen,
Mike Vogel, R. Lee Ermey Directeur de la photographie : Daniel
C. Pearl Musique : Steve Jablonsky Durée : 98 mn Distributeur : Metropolitan Filmexport Date de sortie : 21janvier 2004 > Portfolio > Liens Internet /
bande-annonce
Synopsis
:
Eté 1973. Un groupe de cinq jeunes gens se trouve confronté
à une étrange famille cannibale qui tente de les tuer
un par un.
Mutilation d'un massacre
Remaker
Massacre à la tronçonneuse pour le rendre accessible à la
" nouvelle génération " ? Une idée saugrenue ayant germé dans le
cerveau de Michael Bay, qui n'en est pas à une près, il est vrai.
Au-delà de l'illogisme du principe qui veut que faire redécouvrir
un film relativement ancien implique forcément un remake (et le
DVD alors les gars ? Et la ressortie salles ?), s'attaquer au monument
de Tobe Hooper relevait du suicide pur et simple. Car en termes
d'horreur suggestive, on a rarement fait mieux que Massacre à
la tronçonneuse. Et la suggestivité, on le sait, n'est vraiment
pas le point fort du père Bay, ni du cinéma d'horreur mainstream
de ce début de siècle.
Freud light
Dès
l'ouverture pseudo " blairwitchienne ", on sent que le remaniement
a du plomb dans l'aile. Céder à une mode déjà has-been (le faux
docu-horreur) pour réinjecter du " sang neuf " à un film impérissable
ne semble pas constituer à première vue une opération judicieuse.
Mais armé de patience, le spectateur attend que le récit prenne
forme. La structure de l'original est dans l'ensemble respectée
mais les quelques changements opérés sont assez discutables. Si
l'on saluera l'originalité de la première rencontre du groupe
de teenagers (dans le film de 1974, l'auto-stoppeur est un membre
de la famille cannibale, ici une de ses victimes), d'autres ajouts
tirent le film vers un polissage agaçant pour qui apprécie toute
la charge émotionnelle du film de Tobe Hooper. L'exemple le plus
flagrant concerne Leatherface, dont le cinéaste nous révèle
le vrai visage. Sous le masque de la bête se cache donc… une bête
(Leatherface est totalement défiguré) ! Aucune subtilité à
dénicher de ce côté-là : si ce personnage
agit comme un monstre, il ne peut qu'en être un physiquement.
L'angoisse de la normalité recelant l'indicible est ici évacuée
au profit d'une de ces simplifications psychologiques si chères
à Hollywood ces derniers temps. A l'opposé, mais toutefois dans
un ordre d'idée identique, on applaudira de prime abord l'introduction
d'un enfant dans la famille " foldingue ", d'autant que ce dernier
semble aussi taré que ses parents. Un tel personnage pouvait même
manquer au métrage de Hooper. Hélas, sortez les mouchoirs,
le bambin mangeur de chair humaine se révélera être un zentil
chérubin et aidera l'héroïne à s'échapper. Ah, l'innocence de l'enfance…
Quelques restes...
Dès
lors la platitude psychologique de l'œuvre constatée, ne reste plus
qu'à se raccrocher à quelques subliminales qualités ou fulgurences.
Jessica Biel et sa plastique avantageuse maintiendront l'intérêt
des spectateurs mâles pendant une bonne partie du métrage,
la photo de Daniel C. Pearl s'avérera souvent inspirée
et quelques débordements gores (une jambe coupée, une tête perforée
où la caméra vient se faufiler) réveilleront les moins
réceptifs. C'est peu. Les cadrages du jeune réalisateur Marcus
Nispel ont beau être soignés, le manque d'ambition et de tripes
de l'équipe fait que le film ne soutient jamais la comparaison avec
la puissance d'évocation de l'original, amoindrissant même son propos
par des choix scénaristiques trop polis pour être honnêtes.
On évitera d'ailleurs de s'étendre sur la séquence
finale, qui nous ramène directement à la touche " blairwitchienne
" déplorée plus haut et conclue ce remake sur une note désastreuse.
Vu le succès (financier cela s'entend) de l'entreprise et la fin
ouverte, gageons que Leatherface reviendra bientôt hanter nos salles
obscures. S'ils nous pondent une séquelle aussi tarée que le Massacre
à la tronçonneuse 2 de Tobe Hooper, on est preneur. En revanche
si le film est aussi vain que celui-ci, le massacre se fera sans
nous.