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LA LIGUE DES GENTLEMEN EXTRAORDINAIRES
USA - 2003

Genre : Fantastique / Aventure
Réalisateur : Stephen Norrington
Acteurs : Sean Connery, Stuart Townsend, Peta Wilson, Tony Curran, Shane West, Jason Flemyng
Directeur de la photographie : Dan Laustsen
Musique : Trevor Jones
Durée : 112 mn
Distributeur : 20th Century Fox
Date de sortie : 01 octobre 2003

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Synopsis :
Tandis qu'une mystérieuse organisation sème la panique dans les relations internationales, dans le but de lancer une guerre mondiale et d'en tirer un profit substentiel, M, recruteur pour sa Majesté la Reine d'Angleterre, appelle à la rescousse une poignée de combattants singuliers : l'aventurier Alan Quatermain, l'immortel Dorian Gray, le capitaine Nemo, la vampire Mina Harker et la bête Mr Hyde. A bord du Nautilus, cette "Ligue des gentlemen extraordinaires" aura peu de temps pour sauver l'humanité d'une destinée funeste...

Tous pour un ?

On le sait depuis longtemps, la production de La Ligue des Gentlemen Extraordinaires s'est écoulée au rythme de disputes homériques entre sa star et son réalisateur, tous deux visiblement incapables de s'accorder sur un projet commun. Jamais depuis Le 13ème Guerrier, du feu vert en 1996 à la sortie en salles en 99, un film n'avait autant fait parler de ses problèmes de tournage. On s'attendait évidemment à ce que les batailles livrées sur le plateau transpirent à l'écran, mais l'exemple du film de McTiernan, dont beaucoup voient en sa version bâtarde un incomparable chef-d'oeuvre, nous laissait garder espoir. La signature inchangée de Norrington au générique (il aurait très bien pu en appeler au joker "Alan Smithee) aura enfin nourri notre curiosité croissante.

Adaptation

A l'origine du film LXG, la 20th Century Fox brandit un met de choix : un pavé graphique de Alan Moore, sans doute acheté en doublon avec le futur From Hell des frères Hugues. En plein boom des comic-book movies au box office, la major entend surfer sur la vague, ceci bien avant que Hulk ne se ramasse une volée de bois vert ô combien méritée, et amène Hollywood à remettre en question la fiabilité immuable du genre.
Les doutes engendrés par Hulk ne peuvent évidemment, de par leur chronologie, justifier le capharnaüm de LXG. On préférera donc opter pour une classique guerre d'égos, Stephen "j'ai réalisé Blade !" Norrington et Sean "J'ai joué Bond !" Connery en étant presque venus aux mains durant le tournage, avant que le premier ne déserte finalement Hollywood en cours de montage, faisant par la même ses adieux à de nombreux projets, une version live de Akira en tête. De telles circonstances n'allaient pas dissimuler bien longtemps la principale révélation du film : sa parenté avec l'oeuvre originelle ne dépassera jamais le stade du synopsis et de l'acquisition des droits d'adaptation. Pire, deux scénaristes célèbres accuseront la production d'avoir ouvertement plagié une de leur créations, proposée à la Fox semble-t-il bien avant que la bande-dessinée de Moore n'envahisse les libraires. Achevé dans la souffrance, La Ligue des Gentlemen Extraordinaires ne pouvait que ramper honteusement vers les écrans du monde entier, en attendant que tombe la sentance du public, lui réservant à coup sûr un cuisant échec commercial.
Dont acte.

Verdict

On entendra ici et là qu'un chien ne fait pas un chat, et que les rebondissements de la production auront achevé le poussin dans l'oeuf. Jugement bien cruel. Film d'aventure direct, certes simpliste mais généreux, La Ligue des Gentlemen Extraordinaires est à des années lumières au-dessus du nanar tant de fois mis en ligne de mire par la presse internationale. Oui, le montage laisse parfois envisager que l'on se trouve face à une copie de travail. Bien sûr, le film souffre des projets opposés de Connery et Norrington. Evidemment, LXG n'est pas Indiana Jones 4. Mais franchement. A-t-on déjà reproché à un beau dessin de ne pas être un Van Gogh?!
D'un point de vue totalement pragmatique, LXG ne vole jamais son budget. Les idées de mise en scène fusent, la musique de Trevor Jones déchire joyeusement le DTS, les effets spéciaux oscillent entre le très correct et le réellement spectaculaire, les décors en imposent, les scènes d'action, sans être du McTiernan, du Jackson ou du Tsui Hark, sont ambitieuses et menées efficacement (coup de chapeau à l'éboulement de Venise, festival dédié aux amateurs de miniatures)... Norrington n'est ni Chris Colombus, ni Brett Ratner ; la composition et la noirceur de son cinémascope régalent les yeux.

Les Aventuriers du Folklore

D'un point de vue plus thématique, on regrettera un manque d'implication émotionnel évident mais inévitable, qui éclatera lors de scènes d'exposition et de genèses totalement dépourvues d'âme. Concentrant les doutes de ses héros torturées à bord du Nautilus, donc entre deux morceaux de bravoure, Norrington peine à éveiller les coeurs. L'idée de narrer le passé de chaque personnage comme si le spectateur l'ignorait était effectivement une idée intéressante, mais le film n'ira jamais plus loin que ces états de faits.
C'est là, paradoxalement, que LXG prend tout son sens. Porté par la seule légende de ses protagonistes, le film s'apparente à un catalogue d'icônes, voulant que chaque lieu visité soit défini par une identité culturelle propre. L'Inde par Kali, Venise par son Carnaval, Paris par sa Tour Effeil (sans doute l'apparition la plus intelligente du monument depuis longtemps !), Londres par la Reine, l'Afrique par un sorcier... Certains y verront une vulgarisation clichée et débilitante des patries évoquées. On préférera y déceler une déclaration d'amour pour tous les folklores, à la naïveté et à la sincérité dignes d'un regard d'enfant.

Alexandre Poncet

 

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-Critique de la bande originale

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