ajouter aux favoris (IE seulement) ajouter en page de démarrage
- Actu de la semaine
- Archives
- Films à l'affiche
- Avant-premières
- Critiques Zone 2
- Imports
- Bonus cachés
- Morceaux choisis
- Calendrier des sorties
- Séries en diffusion
- Bientôt sur les écrans
- Dossiers / reportages
- Interviews
- Bandes originales
- Livres
- Produits dérivés
- Jeux-vidéo
- Fonds d'écran
- Liens utiles
- Chat (dialoguez en direct)
- Forums de discussion
- Ecrire à la rédaction
 

 

 
 

GOTHIKA
USA - 2003

Genre : fantastique
Réalisateur : Mathieu Kassovitz
Acteurs : Halle Berry, Robert Downey Jr., Charles S. Dutton, Penélope Cruz
Directeur de la photographie : Matthew Libatique
Musique : John Ottman
Durée : 100 mn
Distributeur : Columbia Tristar
Date de sortie : 07 janvier 2004

> Portfolio
> Liens Internet / bande-annonce

Synopsis :
Spécialiste en psychologie criminelle, Miranda Grey travaille au pénitencier psychiatrique pour femmes Woodward, dirigé par son mari Douglas. Un soir, en rentrant chez elle, Miranda rencontre une étrange jeune fille sur la route, et perd connaissance. Elle se réveille dans une cellule de l'établissement où elle officie, accusée du meurtre de son mari, lequel a été sauvagement assassiné à la hache…

Fantômes à vendre

Comment ne pas être intrigué, voire excité, par Gothika ? Production Dark Castle, structure créée par Robert Zemeckis et Joel " Matrix forever " Silver et spécialisée dans le cinéma de genre à tendance horrifique, le film a la lourde tâche de succéder à La Maison de l'horreur, 13 fantômes et Le Vaisseau de l'angoisse… Bref que des bouses provoquant plus le rire involontaire que la peur la plus profonde. Mais pour une fois, Silver semble avoir un minimum d'ambition artistique, puisqu'il fait appel à notre Mathieu Kassovitz national pour mettre en images le script de Sebastian Gutierrez. Et même si Kasso n'a pas encore de réel chef d'œuvre à son actif (encore qu'Assassin(s) n'en soit pas loin), nul ne peut nier que la garçon possède un réel talent de cinéaste. Qu'allait-il bien pouvoir nous faire avec les pépettes de Silver et le cadre ultra dirigiste des plateaux hollywoodiens ?

Woody Allen Ghost Story

Ben pas grand-chose. A vrai dire, Gothika est d'abord, et avant tout, une vraie déception. Pire, le métrage apparaît comme une récréation pour Kassovitz, qui nous l'a presque jouée à la Woody Allen : prends l'oseille et tire-toi ! Avec plus de nuances, la vision de Gothika laisse à penser que le réalisateur français a tout simplement profité de l'aubaine (structure fixe déléguant les problèmes à d'autres, équipe ultra qualifiée, budget solide - le double des Rivières pourpres) pour s'amuser, expérimenter, mais en aucun cas pour livrer un film ambitieux ou définitif. Personne ne pourra le lui reprocher, tant il est de notoriété publique que vouloir créer une oeuvre personnelle et différente quand on fait son premier film à Hollywood relève de la lutte à la Don Quichotte. Mais ce fait n'excuse pas quelques flagrantes faiblesses, à commencer par l'histoire. Le script de Gothika ressemble à ce qu'auraient écrit M. Night Shyamalan, Hideo Nakata (réalisateur de Ring) et Richard Matheson (auteur à l'origine d'Hypnose) un soir de cuite : une histoire de fantôme vengeur comme on en a déjà vues beaucoup. Ce qui est d'autant plus dommage au vu du déroulement du film, qui parvient à nous faire douter de l'issue de l'histoire pendant une bonne moitié de métrage. Malheureusement, c'est pour mieux déboucher sur un dénouement excessivement convenu.

Pour le fun

Alors que reste-t-il à Gothika ? Des acteurs, en premier lieu. Et même un miracle : Halle Berry sait jouer la comédie ! Si l'actrice nous avait laissé entrevoir son potentiel (et bien plus) dans A l'ombre de la haine, ses récentes prestations n'avaient convaincu personne, que ce soit dans X2 ou Meurs un autre jour. Mais dans Gothika, elle parvient à faire vivre un personnage assez casse-gueule, puisqu'au final uniquement défini par sa fonction : une Alice médecin passant de l'autre côté du miroir en intégrant les rangs de ses patients psychotiques. Autre bonne surprise, la prestation de Penélope Cruz qui casse son image en incarnant une psychopathe loin des personnages de femmes fatales que collectionne la grande amie de Tom Cruise. Enfin, les toujours solides Charles S. Dutton et Robert Downey Jr. (dont on attend impatiemment The Singing Detective) donnent l'épaisseur et l'ambiguïté indispensables aux seconds rôles d'une telle histoire. C'est uniquement sur eux que Kassovitz semble se reposer pour donner un semblant de relief à l'intrigue. Car de son coté, le metteur en scène s'amuse, se fait plaisir, multiplie les références gourmandes (la tentative d'évasion de Halle Berry calquée sur celle de Linda Hamilton dans T2, la caméra traverse les vitres en faisant " fchhht " comme dans Panic Room), et nous offre du coup plusieurs séquences particulièrement réussies. On pense aux assauts subis par Berry lors de la douche collective, puis plus tard dans sa cellule, à la transformation schizo de la même Berry devant le miroir… Autant de scènes qui parviennent réellement à installer une ambiance sombre et mortifère tout en réservant leur lot de chocottes. Au même titre, plusieurs séquences de dialogues démontrent une intelligence de mise en scène indéniable, que ce soit dans le placement des acteurs dans l'espace ou dans le choix des axes et mouvements de caméra. De plus, Kassovitz tire intelligemment parti de l'admirable photo de Matthew Libatique (Requiem For A Dream), qui donne du liant à l'ensemble et parvient à raccommoder ces éclats disparates. Car c'est bien là que réside le véritable drame de Gothika : nous laisser entrevoir par endroits le film d'exception que nous aurions pu voir, si ses participants respectifs avaient voulu jouer le jeu à fond au lieu de livrer un produit certes plaisant (et même surprenant parfois), mais désespéramment vain dans sa finalité. Pour le coup, on attend impatiemment le DVD afin de se livrer à des séances de sauts de chapitres acharnées. Mais on attend encore plus Babylon Babies, prochain métrage de Kasso adapté d'un livre bien barré de Maurice G. Dantec, qui devrait permettre au cinéaste de renouer avec la passion et de nous offrir plus qu'un exercice de style : un vrai et bon film.

Laurent Duroche

 >>>  <<<






- Site officiel
- Site officiel de Mathieu Kassovitz

Plug-ins utiles
(cliquez sur les logos pour accéder aux téléchargements)


Webmaster | Qui sommes-nous ? | Nous contacter Publicité | Conditions d'utilisation
(site optimisé pour un affichage sous Internet Explorer en 800x600 ou 1024x768) - CINEXTENSO.COM 2002