Genre : action Réalisateur : Michael Bay Acteurs : Will Smith, Martin Lawrence,
Joe Pantaliano, Peter Stormare Directeur de la photographie : Amir
Mokri Musique : Trevor Rabin Durée : 147 mn Distributeur : Columbia Tristar Date de sortie : 15 octobre 2003 > Portfolio > Liens Internet /
bande-annonce
Synopsis
:
Mike Lowry et Marcus Burnett, les deux flics les plus coriaces de
Miami, vont cette fois être confrontés à des trafiquants
d'ecstasy. Mais la situation se complique lorsque la sœur de
Marcus, et petite amie de Mike, se révèle être
un agent de police infiltré dans le gang des trafiquants.
Bay attitude
Bad Boys, The Rock, Armageddon… Autant de films qui ont classé leur réalisateur Michael Bay dans la catégorie des cinéastes bourrins à tendance "j'emmerde la grammaire cinématographique, je fume du crack au montage" ! Car il est indéniable que le cinéma de Bay est avant tout une histoire d'apparences : en mettre plein la vue, sans forcément chercher la cohérence dans l'enchaînement des plans. Au crédit de Bay, reconnaissons que son objectif est souvent atteint : ses films sont pour la plupart des monuments de pop corn movies décervelés mais jouissif. Seulement voilà, armé d'une mégalomanie galopante, le cinéaste a un jour décidé de devenir James Cameron, et s'est lancé dans le projet Pearl Harbor. Au programme : drame amoureux au sein d'un évènement historique, exacerbation écoeurante du sentiment patriotique, et surtout, pour Bay, un défi jeté à la figure de ses détracteurs. Car on a beaucoup parlé, à raison, de l'incapacité du réalisateur à enchaîner des plans de plus de 2 secondes. Dans Pearl Harbor, il décide donc de nous sortir quelques plans séquences. Au final, le film ressemble à un infâme kouglof où, une fois de plus et malgré ses ambitions, Bay ne parvient qu'à paraître un peu plus nunuche, puisque sa vision aussi bien romantique qu'historique tient plus de la romance à l'eau de rose et de la rancune revancharde que de la sensibilité du Cameron de Titanic. Qu'à cela ne tienne, Bay revient, et il n'est pas content. Sa revanche a un nom : Bad Boys 2.
Bay's revenge
Déchaîné,
Bay a en effet accouché d'un spectacle hallucinant, un film d'action
éléphantesque et difforme, où l'inexistence du scénario se confronte
à la profusion de scènes d'action monumentales. Sur ces 2 heures
30 de métrage, on compte au minimum 1 h 30 de gunfights et de poursuites
motorisées, régulièrement traversés des pires (donc des plus jouissifs)
excès de "Bay atttitude". Bad Boys 2 ressemble à un geste
de gamin vexé dans son orgueil, d'où une avalanche de séquences
gores, de plans séquences tapageurs et vulgaires, de misogynie et
de racisme latent. Débarrassé de ses scories (la misogynie et le
racisme), le film de Bay devient du coup un actioneer hardcore,
incroyable, épuisant, et bourratif, qui ne cherche qu'à satisfaire
les instincts primaires du spectateur médusé. D'un passage gratiné
dans une morgue (vidage de cadavre, plan fixe sur la paire de seins
siliconée d'une morte, cervelle répandue) aux détails sanguinolents
des scènes d'action (jambes arrachées, méchants coupés en deux),
d'un plan séquence d'une gratuité hallucinante dans une boite de
nuit (la caméra passe sous les jupes des filles pour filmer les
strings en gros plans) à un autre plus virtuose mais tout aussi
tape-à-l'œil (la caméra circulaire pendant un gunfight, visible
dans la bande-annonce), Bay se lâche totalement, jusqu'à un final
scénaristiquement inutile, mais permettant au cinéaste de rendre
un vibrant hommage au Commando de Mark L. Lester, et du même
coup à tout un pan du cinéma d'action décomplexé des années 80 (on
notera également une séquence entièrement pompée
sur Flic Story de Jacklie Chan). Rien d'étonnant,
donc, à ce que dans le même temps, le cinéaste ignore ses personnages
(totalement vides) et son scénario, pas plus épais que la ficelle
des strings susmentionnés. Même les séquences d'humour sont assez
ratées (c'est la vraie déception du film), et
sur la totalité du métrage, seules deux scènes sauront agiter vos
zygomatiques. En voulant nous prouver qu'il était le meilleur dans
sa partie, Michael Bay ne fait au final que renforcer la conviction
qu'il est avant tout un réalisateur mégalo (il fait une apparition
dans le film) et vulgaire, un mioche pourri gâté qui ne sait faire
qu'une chose : épater la galerie. Pour les amateurs de cinéma nourri
à l'E.P.O., c'est plutôt une aubaine. Pour ceux qui ne jurent que
par la rigueur cinématographique et la science des plans et du montage,
Bad Boys 2 risquer fort de leur faire le même effet qu'un
concert de techno industrielle aux amoureux de Mozart.