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Alors que le Spider-Man de Sam Raimi pointe
doucement le bout de sa toile et excite les comics-addicts de la
planète entière, un challenger de taille se profile
à l'horizon et pourrait bien s'approprier le titre de meilleure
adaptation de comics de l'année. Blade II est son nom, Wesley
Snipes son interprète, et Guillermo Del Toro son réalisateur
Retour
au Blade
En 1998, Blade sortait sur les écrans, et scotchait
tout les amoureux du cinéma qui débourre à
leurs fauteuils. On n'attendait rien de spécial de cette
adaptation d'un comics seulement connu des fans hardcore, mettant
en scène un acteur (Wesley Snipes) certes compétent
mais s'étant souvent compromis dans des films d'action bas
du front (Passager 57, Drop Zone
), et filmé
par un jeune réalisateur (Stephen Norrington) responsable
d'une gentiment sympathique série B/Z, Death Machine.
Et c'est la claque. Rythmé, sec, gore, limite expérimental
et sévèrement burné, Blade emporte tous
les suffrages, rejoint Superman, X-Men et The Crow
au panthéon des transferts papier/pellicule réussis,
et démontre en sus qu'il est possible de traduire à
l'écran l'essence destroy de l'esprit comics. Nanti d'un
joli succès mondial, le métrage est assuré
de la mise en chantier d'une séquelle, avec le même
scénariste, David Goyer, qui se révèle être
en fait l'artisan principal de la réussite de l'entreprise.
C'est en effet lui qui insufflera au scénario de Blade ses
meilleures idées, ainsi que son ton oscillant entre sérieux
et humour. On retrouve bien sur Wesley Snipes dans le rôle
du "daywalker", le plus gros changement se situant en
fait au niveau de la mise en scène, puisque c'est le mexicain
Guillermo Del Toro qui s'y colle. Un nom à retenir, si ce
n'était déjà fait.
Le fantastique dans l'âme
Car c'est aussi, à posteriori, l'une des qualités
de la saga Blade (puisque un 3ème est déjà
en chantier). Savoir phagocyter le talent de réalisateurs
à forte personnalité, loin des clippeurs/faiseurs
qui pullulent à Hollywood. Si, dans le cas de Norrington,
ce fut une surprise, le doute n'est pas permis en ce qui concerne
Del Toro. C'est que le garçon a un CV bien rempli. 3 films,
2 succès et demi. Le premier, Cronos, aborde déjà
le thème du vampirisme sous un angle original et distancié,
mais toujours empli de respect (la plus belle scène du film
est un hommage poignant aux Dracula incarnés par Bela
Lugosi et Christopher Lee). Del Toro quitte ensuite son Mexique
natal pour débarquer à Babylone (euh, non, Hollywood)
et nous gratifie d'un Mimic d'excellente facture. Un grand
film de monstre injustement ignoré, qui se la joue sérieux
et fout les pétoches à tous les fans du genre. Alors
que Del Toro est d'ores et déjà annoncé sur
Blade II, il trouve le temps de tourner en Espagne ce qui
constitue peut-être son film le moins réussi. L'Echine
Du Diable (sortie française le 8 mai, bientôt en
critique sur Version-O !), étrange ghost story sur fond de
guerre civile espagnole, ne convainc pas tout à fait, malgré
d'excellentes idées et une mise en scène classieuse.
Cependant, cela nous permet de dégager une constante dans
l'uvre de Del Toro : le bonhomme mène une carrière
légèrement schizophrénique, alternant les films
"sérieux" (Cronos, L'Echine Du Diable)
et les uvres décomplexées comme Mimic
et Blade II. Ce n'est pas pour nous déplaire, ce constat
étant l'assurance d'une forme bien fichue et d'un fond léché.
Lame de guerrier
Le pitch de Blade II est tout aussi excitant que celui du
précédent volet. Blade, mi-homme, mi-suceur de sang,
chasseur de vampires, auxquels il voue une haine farouche (ils ont
tué sa môman), doit cette fois-ci s'allier à
ses ennemis pour faire face à une terrible menace : les Reapers.
Ces bestioles représentent le prochain stade d'évolution
vampirique, et ne sont guère regardant sur le menu : êtres
humains ou prédateurs aux longues canines, ils mangent de
tout. Pas difficiles, les bougres. Surpuissants, ils obligent donc
notre héros à faire cause commune avec le Bloodpack,
un gang de vampires d'élite ne portant pas vraiment dans
leur cur le "daywalker". Tous les éléments
sont en place, la barbaque peut gicler
Car aux dires de tout ceux qui ont eu la chance de voir Blade
II, ça charcle sec. Ultra violent, généreusement
gore, totalement jouissif, tels sont les qualificatifs élogieux
qui accompagnent la sortie du film de Del Toro. Beaucoup le comparent
à Aliens, et nombreux sont ceux qui le considèrent
comme le meilleur film d'horreur/action à ce jour. Mais restons
pros, ne nous emballons pas. Tant qu'on n'a pas vu, on peut pas
dire
Pourtant, il est clair qu'au vu du trailer, le torrent de superlatifs
risque bien de se justifier ! On y voit Snipes déconner en
prenant la pose, débiter du vampire avec le sourire, le tout
sous une lumière totalement comics et filmé avec une
ébouriffante maestria. Les Reapers ont un look d'enfer, mais
ce n'est qu'un avant goût, les bougres étant sujets
à de fréquentes transformations soigneusement tenues
secrètes. On y aperçoit aussi un
bout du casting, sacrément excitant lui aussi, puisque composé
de notre Tchecky Karyo à nous, du bourru Ron Perlman (déjà
dans Cronos), et du hong-kongais Donnie Yen (yes !) qui s'occupe
aussi de la chorégraphie des combats. Une distribution nourrie
aux hormones, ça monsieur ! L'indispensable touche féminine
est assurée par la troublante Leonor Valera (The Tailor
Of Panama). Enfin, on attend de pied ferme le retour de Whistler
(Kris Kristofferson), mentor de Blade et accessoirement mort dans
le premier épisode. Une résurrection suspecte mais
que David Goyer dit totalement justifiable. Wait and see
Je blaiderai, tu blaideras, il blaidera
Toujours est-il que le public américain s'étant déplacé
en masse, un 3ème volet est d'ores et déjà
en chantier, se déroulant normalement dans le futur. On chuchote
que c'est Goyer himself qui passerait derrière la caméra,
alors que Del Toro est déjà parti réaliser
Hellboy, adapté d'un
comics du légendaire Mike
Mignola. Entre Spider-Man, X-Men 2, Hulk, Daredevil
et autres, ne risquerait-on pas l'overdose ? Ben, si tout est de
la même qualité, franchement, ils peuvent nous en faire
195 adaptations et séquelles, on en redemandera toujours
! Quoi qu'il en soit, entre Spidey le 12 juin et Blade II
le 19, l'été sera comics, ou ne sera pas ! Yeah !
Laurent Duroche
Quelques
liens Internet :
-
Site officiel us du film
-
Bande-annonce Quicktime
-
Site Marvel us
Photos et illustrations © respectivement Newline et Marvel
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